MÉDIAS | Organes de presse écrite

Ventélie 15-16-20
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Isku
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Le 10 octobre 2042,

Lettre ouverte à Mlle Haruhi Yamada, secrétaire-général de l'OMPC,
à son adjoint, et à tous les membres de l'Organisation



Mlle le secrétaire-général,
Mlle le secrétaire-général adjoint,
Membres de l'OMPC,


Comme vous le savez, le gouvernement du Noble Royaume du Khelkadesh a récemment pris des mesures de défiance à l’égard de l’OMPC, rappelant son représentant et décidant de ne pas le remplacer jusqu’à nouvel ordre. Le gouvernement se joint à moi pour vous assurer que ce sont bien des mesures de défiance à l’égard de la direction que prend l’OMPC, mais que nous souscrivons encore aux objectifs de l’Organisation ainsi qu’à sa Charte. Toutefois, devant un constat qui sera dressé en infra, il nous apparaît faire partie de notre devoir de membre de proposer des solutions allant dans un sens positif pour l’Organisation.

Cela n’est écrit nulle part, mais je considère qu’entre gens de bonne intelligence et capables de respect mutuel, quand bien même nos États d’origine ne partagent pas de relation diplomatique bilatérale particulièrement poussée, je suis légitime, en tant qu’autorité d’un État-membre, à interpeller le Secrétaire général en exercice sur un sujet que j’estime d’importance. Libre à vous ensuite de faire ce que vous voudrez des conclusions et propositions qui seront contenues dans cette note ; au moins aurez-vous, j’espère, l’obligeance de valoriser mon point de vue, qui se trouve être également l’avis collectif du gouvernement du Noble Royaume.

L’Organisation pour la Paix et la Coopération est une organisation à vocation universaliste. En ce sens, elle a pour objectif de réunir l’intégralité des États et Nations de ce monde et d’œuvrer, selon sa Charte, à maintenir la paix et la sécurité internationales, à développer entre les États des relations fondées sur le respect et la compréhension mutuelle, à harmoniser les efforts des États en matière de législation internationale. En effet, tant qu’elle ne comptera pas dans ses rangs l’intégralité ou la quasi-intégralité des États dans ses rangs, l’Organisation manquera toujours de représentativité et de légitimité, aux yeux des États extérieurs mais aussi de certains membres. À l’heure actuelle, l’Organisation réunit tous les États qu’il lui soit aisé d’attirer : ceux qui acceptent de sacrifier un peu de leur souveraineté nationale dans l’objectif d’œuvrer pour la paix et la coopération entre les Nations, que l’objectif soit réellement sincère ou politique. Ce faisant, et compte tenu du fait qu’elle s’est très tôt saisie de crises internationales majeures et tortueuses, comme la crise sur le nucléaire du Commonwealth, l’Organisation s’est rapidement forgé une image de partialité auprès de ceux qui se sont sentis brimés par les décisions prises. Si je ne souhaite pas remettre en cause la justesse des décisions prises, je souhaite mettre en exergue le fait que cela a, nécessairement, créé des rancœurs chez les « perdants ».

Ces rancœurs, inévitables, l’Organisation plutôt que de les prendre en compte et tenter de les apaiser, les rationnaliser, en somme les faire mentir dans le but de refédérer au-delà de notre pré carré, ont été très rapidement considérées comme une sorte de rançon du succès ou de la justesse morale. Là où nos ambitions de paix universelle par la coopération entre les États auraient du nous pousser à ménager la chèvre et le chou, nous faisant réaliser que la paix universelle ne peut être atteinte en brimant un ou plusieurs mauvais élèves sans jamais lui donner l’opportunité de s’améliorer ou de revenir sur ses erreurs, nous avons collectivement, hélas, préféré ne pas chercher à nous remettre en question plutôt que d’admettre que ce n’est pas par la brimade et la menace que nous convaincrons suffisamment d’États de rejoindre l’Organisation. Or, comme je le rappelais en supra, l’OMPC ne sera ni efficace, ni légitime, ni utile à moins de représenter véritablement la communauté internationale, donc qu’elle ne contiendra pas 99% au moins des États reconnus par tous. En attendant, il sera plus légitime de critiquer son action plutôt que de trouver la trouver légitime à agir.

Permettez-moi de prendre un exemple concret : très récemment, l’OMPC a décidé (illégalement, mais j’y reviendrai plus loin) d’organiser une conférence de discussion multipartite au sujet des troubles zufraniens et en particulier de l’intervention du Gandhari, lequel a envoyé des troupes dans un effort de lutte contre la JTA dans la région, une action que je considère que comme la quasi-totalité des votants de l’OMPC comme contraire à nos principes et au texte de notre Charte. Dans un effort de médiation, vous avez mis au vote deux résolutions, dont l’une permet la création d’une conférence multipartite de discussion entre les principaux États intéressés, à savoir le Zufrana, ou à tout le moins deux de ses nombreux gouvernements, et les États algarbiens, le tout sous l’auspice d’un médiateur issu d’un État-membre de l’OMPC qui se tient le plus loin du conflit que possible. Si l’initiative, je le pense, est louable, car c’est exactement par ce genre d’actions que la paix mondiale peut s’atteindre, bien plus que par des sanctions économiques ou des interventions armées coalisées, elle est tristement incomplète. Pour acquérir une légitimité, il eût fallu que la proposition de sa création se fasse de manière publique, et non dans les couloirs, antichambres et l’assemblée de notre Organisation ; qu’un communiqué officiel, dès la découverte de la violation du Gandhari, ait été signé de votre main, proposant la mise en place d’une telle conférence diplomatique, et que tous les gouvernements concernés (à savoir tous les gouvernements zufraniens le souhaitant et tous les gouvernements algarbiens le souhaitant) y aient été conviés si, dans les 72h suivantes, ils s’étaient manifestés auprès de vos services.

Une telle démarche, emplie à mes yeux d’ouverture et de respect des différences politiques de tous mais les responsabilisant dans l’objectif de trouver une sortie la moins sanglante possible pour tous, aurait été infiniment plus subtile, digne du terme de coopération internationale, et aurait placé aux yeux de tous, membres ou non, l’OMPC comme volontaire pour la discussion et la résolution pacifique des conflits. Ainsi, le Commonwealth, ou plus précisément le gouvernement d’Algarbe-du-Sud, aurait pu saisir l’opportunité de participer à cette conférence multipartite : l’Organisation lui aurait laissé sa chance et sa place à la table des grands : quels qu’aient pu être ou soient encore les reproches entre États, l’Organisation a vocation à se placer au-dessus de chaque État et donc d’incarner non pas la somme des lignes politiques de ses membres (voire, et c’est peut-être la situation actuelle, la somme des lignes politiques de seulement certains de ses membres), mais une ligne politique supérieure, motivée par deux choses seulement : le rétablissement ou le maintien de la Paix, et la survie de l’Organisation (en ce sens que sa survie permet la pérennité du maintien de la Paix).

Je le répète car je le crois, l’OMPC a pour vocation d’être universaliste. Ainsi, il nous faut agir dignement : soyons irréprochables, intouchables sur le sujet du respect du droit et de l’ouverture respectueuse d’autrui dans toutes ses différences.

Sur le respect du droit, nous avons comme je l’ai laissé suggérer plus haut des remarques à nous faire. Ainsi, et bien que la Charte, au deuxième alinéa de son neuvième article, exige que « pour qu’une décision soit de plein droit, elle nécessite qu’au moins la moitié des États-membres ait pris part au vote », les deux dernières décisions n’ont recueilli que respectivement 13 et 12 votes. Or, si j’ai bien additionné, la Charte compte trente-et-un signataires, ce qui fait qu’une décision doit réunir au minimum 16 votes positifs ou négatifs pour être valide. Je ne compte évidemment pas, dans ces calculs, les représentants ayant refusé de voter, puisqu’ils ont par définition refusé de prendre part au vote. Votre élection et celle de votre adjoint, de plus, n’ont pas non plus recueilli le quota de votes, puisque seulement 15 représentants se sont exprimés. Je m’inquiète, enfin, du fait que le vote actuellement en cours, qui vise à désigner le représentant-observateur de l’OMPC à la commission multipartite sur l’intervention gandharienne au Zufrana et la coalition contre la JTA-HAM, ne sera pas laissé aux voix pour les 9 jours légaux et, en conséquence, ne recevra pas non plus le nombre requis de votes. Je suis d’avis que par ce genre d’entorses à la règle que nous nous sommes fixés ou que nous avons tous explicitement acceptée en signant la Charte, l’OMPC perd chaque jour un peu plus de sa légitimité et de son irréprochabilité.

Pour cela, l’Organisation en tant que personne morale dirigée par un secrétaire-général, doit faire attention à son image. Non pas que j’espère que l’OMPC devienne plus intéressée par cela que par l’œuvre de paix pour laquelle nous avons tous signé la Charte ; je suis à titre personnel très peu attiré par l’obsession qu’on certains gouvernants de l’image publique de tout ce qu’ils font. Mais il faut reconnaître, amateur ou non, que l’image est une arme au moins aussi puissante que le mot. En ce sens, il nous faut redorer notre blason, regagner une image positive d’Organisation engagée publiquement et ouvertement pour la paix, pour laisser derrière nous celle d’un club de gouvernements qui défendent leurs intérêts et/ou leurs cosignataires. Mettre en place une publication périodique, rédigée par des journalistes indépendants, qui mettrait trimestriellement en avant les actions menées par des individus, des collectifs ou des autorités de quelque pays que ce soit en faveur de la paix et l’ouverture internationale à l’autre participerait, je pense, à revaloriser notre image et nous rappeler également à nous-mêmes ce pour quoi nous avons intégré l’Organisation.

Quant à l’ouverture respectueuse d’autrui dans toutes ses différences, je fais ici référence à une tendance auprès de certains de nos collègues, selon laquelle coopérer avec le Commonwealth dans son ensemble sur quelque sujet que ce soit serait impossible tant que celui-ci n’a pas plié sur la question du nucléaire militaire, chose que j’ai pu entendre çà et là dans les couloirs de notre Organisation. Je fais également référence à la tendance qu’a l’OMPC à travailler uniquement pour ses membres, au lieu d’ouvrir le plus possible de ses actions à des États non membres. Ainsi, elle se devrait d’être une force de proposition, par le biais de son Secrétaire-général en tant qu’incarnateur de la ligne politique supérieure que j’abordais en supra, notamment dans le domaine du droit international.

De la même manière que le droit de la mer était une formidable entreprise qui a poussé le Noble Royaume dont je proviens à signer la Charte de l’Organisation, il nous faut à mon avis organiser des conférences, à différentes échelles, régionales comme continentales ou mondiales, qui soient ouvertes à tous et pas seulement aux États-membres, pour définir des règles de vie commune. Je pense ici à des conférences régionales sur la gestion des cours d’eau, sur la définition des frontières, en fonction des besoins, mais aussi à une conférence mondiale sur le droit de la guerre, de l’aviation civile ou encore la protection des ambassades et autres missions diplomatiques… le champ des possibles est immense, et je vous incite, vous ou un autre si vous entendez mon appel sur l’illégalité malheureuse de votre élection, à vous saisir de ces dossiers au nom non seulement des États-membres, mais de la Communauté Internationale dans son ensemble, que nous ne pouvons (pas encore) décemment nous targuer de représenter puisque nous ne sommes que 31 États parmi la soixante-dizaine de ceux qui sont actuellement ouverts aux relations internationales.

Ces initiatives et bien d’autres que je n’ai pas l’intelligence d’imaginer permettraient, j’en suis persuadé, aux États pas encore membres de se rendre compte, tôt ou tard, de la bonne volonté de l’Organisation, ce qu’elle n’est pas en mesure aujourd’hui de clamer en toute honnêteté, et à terme de nous rejoindre. Je souhaite, Madame le secrétaire-général, que vous entendiez mon appel et participiez activement à faire de l’OMPC non un tribunal d’arbitrage mais une force de proposition en termes de diplomatie, et qui fait de son mieux pour s’assurer avoir une bonne image, sans quoi sa mission de paix et de coopération universelle sera, j’en ai bien peu, vouée à l’échec. Nous devons parler aux États, mais nous devons à travers eux toucher les peuples, qui sont la véritable raison, je le crois, de notre engagement commun en faveur de la paix et de la coopération internationales.

Je vous remercie de votre attention et de votre compréhension.

SAR Adhanalaya Pratha Dhamala,
Prince héritier du Noble Royaume du Khelkadesh,
Ancien représentant auprès de l’OMPC.


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Isku
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Le 30 décembre 2042,

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Manfred Baatman, l'entraîneur des Yaks

Au coeur de l'hiver, les rugbymen khelkadeshis s'entraînent encore


SPORT.
Il ne fait guère chaud dans la banlieue de Wenlijhaven, en cette fin de mois de décembre. Le fond de l'air semble même plus frais que les années passées, surtout sur la colline où a été érigé le stade Tenzen Thaila Dhamala. C'est là que s'entraînent les rugbymen khelkadeshis malgré les conditions climatiques et calendaires. Nous sommes en effet le 30 décembre, et tous sur le terrain sont en congés.

Il faut rappeler que sur la scène ovale du Khelkadesh, les rugbymen sont très majoritairement amateurs, quoique certains ont réussi à passer semi-professionnels. Parmi les 23 joueurs du XV national qui participa au Tournoi des 6 Nations, l'année dernière, seuls 6 gagnent aujourd'hui de l'argent pour leur participation à des matches officiels. La scène nationale du rugby est si petite et le niveau de développement du pays si faible qu'il est difficile d'amener les khelkadeshis à regarder les matches à la télé ou aller les voir en personne. Un semblant de coupe nationale devrait se dessiner en 2043, sur l'éternelle impulsion de l'Association khelkadeshie pour l'épanouissement du rugby (AKER), laquelle se trouve sur tous les fronts depuis 2041. Elle a proposé une série de matches répartis sur l'année et opposant 4 ou 6 équipes dans un championnat, c'est-à-dire sans phase à élimination directe. Une première approche timide pour appâter et convaincre les sponsors et investisseurs d'organiser une saison annuelle plus régulière et faire vivre la scène interne.

En attendant, ces 23 hommes en short et T-shirt dans le vent frais de ce début de soirée ont pour seuls entraînement les matches amicaux qui opposent leur équipe d'origine (Wenlijhaven ou Dhalpur, exclusivement) ainsi que les séances organisées par le sélectionneur national, M. Manfred Baatman, le spécialiste du jeu nocturne. Celui-ci n'a pas fait partie des heureux Yaks qui ont participé aux 6 Nations et sont revenus auréolés de gloire de n'avoir pas été éliminés - et d'avoir obtenu le prix de la combativité. C'est toutefois M. Baatman qui, alors que les footballeurs khelkadeshis s'apprêtaient à partir en Coupe du monde de football, les entraîna consciencieusement et leur permit, tout du moins le croit-il, de marquer deux buts lors de la compétition.

Ici, l'objectif n'est pas de contrôler la chute, mais bien de remporter la compétition, c'est-à-dire d'être sacrés champions du monde en 2043, au Khelkadesh si possible. C'est pourquoi M. Baatman a insisté pour que ses joueurs se retrouvent en cette soirée du mois de décembre, pendant les congés de ses joueurs et alors que ceux-ci préféreraient sûrement être au chaud avec leur famille, se préparant pour les festivités de passage à la nouvelle année.
Entre deux injonctions aux joueurs et sans toutefois lâcher des yeux ses protégés, il nous explique son objectif : « Selon les annonces de l'IRA, la compétition aura lieu au dernier trimestre 2043. Donc en octobre, novembre ou décembre. Si mon flair dit vrai, il est même possible que ce soit décalé à janvier, février ou mars 2044. Que l'Askazie ou le Khelkadesh accueille la compétition, il fera froid, ou au moins frais. Je veux que mes gars soient capables de jouer dans les pires conditions, pour que les matches soient une partie de plaisir pour eux. D'ailleurs si j'avais les fonds, je partirais les entraîner dans le Garudaparvata, histoire qu'ils caillent vraiment. Mais je voudrais pas qu'ils claquent, après tout ils n'ont pas vraiment les gènes ou l'entraînement pour rester longtemps là-haut. »

Malgré un premier abord rude, M. Baatman est en réalité très attentionné et bien plus heureux des performances de ses joueurs que ce qu'il veut bien montrer, en tout cas devant les journalistes. Accompagné de plusieurs autres entraîneurs, dont un devrait bientôt arriver de l'étranger si l'AKER parvient à conclure le contrat, il devrait pouvoir mener le XV khelkadeshi à de bons résultats, l'année prochaine.

Gurudutt Varun Banepali,
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Re: MÉDIAS | Organes de presse écrite et électronique

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Le 04 janvier 2043,

Une tournée internationale amicale annoncée pour le XV au Lotus


SPORT.
La préparation continue pour l'équipe nationale du rugby du Noble Royaume. Manfred Baatman, son nouveau sélectionneur, ne compte pas ménager ses joueurs. En coopération avec le gouvernement, il a ainsi présenté lors d'une conférence de presse l'organisation d'au moins deux matches internationaux. Aucun ne se déroulera sur le sol khelkadeshi, mais tous seront dignes d'intérêt.

Le premier match sera organisé contre l'équipe du Westrait, à Cewell. Les valeureux Yak avaient rencontré les westréens au cours de la dernière édition du Tournoi des 6 Nations, à Wenlijhaven, au cours du dernier match de la compétition. La victoire 20 à 6 des khelkadeshis leur permit de s'élever à la quatrième place, laissant les olgariens un point derrière eux au classement général. Se départageant seulement grâce au bonus défensif que les khelkadeshis avaient glané face au Shnieretz, leur nemesis d'alors, les deux pays avaient montré qu'ils étaient de bonnes équipes malgré une certaine différence de niveau avec d'autres comme la Valdaquie, peu inquiétée au cours de la compétition.

Baatman ayant décidé de surentraîner ses joueurs, il s'est arrangé avec le gouvernement khelkadeshi pour que des matches amicaux internationaux soient organisés. Ainsi, le projet de tour du monde de rugby a été mis sur pied, et les services diplomatiques du Noble Royaume sont entrés en discussions avec les Madelines, le Westrait et d'autres pays dont les noms n'ont pas encore été rendu publics, afin d'accueillir des matches de préparation. Les différents pays qui recevront une visite des Yaks sont d'ores et déjà assurés de disposer d'une place, selon les règles de qualification émises par l'International Rugby Board (IRA). Ainsi, ce sont des équipes que le Khelkadesh sera amené à recroiser lors de la compétition. L'objectif de Baatman est donc double : préparer globalement ses joueurs à jouer dans des conditions inhabituelles (décalage horaire, culture étrangère et équipes professionnelles), mais également adapter ses tactiques aux tactiques qu'auront laissé transparaître les équipes adverses, afin qu'un match Madelines-Khelkadesh en poules ne soit pas l'occasion pour les Yaks de perdre leurs moyens face à un adversaire totalement inconnu et a priori insurmontable. Désacraliser les équipes ayant dominé la Wilmore-Jefferson Cup, en somme.

Car le second match, en effet, sera disputé à Tain, capitale du Commonwealth des Madelines. Les madelins sont naturellement amateurs de rugby, et l'aspect physique des populations indigènes de l'archipel laisse à penser que les dieux, en créant les madelins, pensaient créer un boss final du rugby, comme dirait mon fils. Si, du point de vue du gouvernement du Noble Royaume, ce match s'inscrit dans une coopération tous azimuts avec les Madelines, et donc une occasion de faire de la communication et de la diplomatie, pour Baatman l'objectif est tout autre : « Ça va sûrement vous étonner, mais j'en ai rien à faire de la diplomatie khelkadeshie. Je vis pour le beau jeu. Et pour que les Yaks sortent leur plus beau jeu, il faut qu'ils aient des remplaçants compétents. J'aimerais, sur ce genre de matches amicaux à l'extérieur, faire jouer prioritairement les joueurs dont les postes sont en tension dans notre vivier national. On manque beaucoup de talonneurs compétents, et le poids total de notre équipe est, je trouve, encore un peu faible. Alors je vais les entraîner, puisque c'est ce que je fais de mieux, et j'aurai bientôt des talonneurs sur le banc qui seront aussi bons que ceux sur le terrain. J'ai pour objectif d'avoir cette situation pour absolument chaque poste, histoire qu'on se fasse pas avoir si un des gars attrape un rhume le jour J. »

Enfin, contrairement à la situation que l'on peut retrouver dans d'autres pays où la télévision est plus répandue et où, ainsi, les matches sont soit diffusés soit rediffusés, l'engouement des supporters khelkadeshis s'exprime très peu pour les matches se déroulant à l'extérieur du pays. La pression sera donc assurément moindre pour les joueurs que s'ils jouaient à domicile, devant leurs spectateurs. Ils auront toujours la rage de vaincre, bien entendu, mais ils ne subiront pas immédiatement le stress de décevoir leurs fans, et pourront se concentrer sur ce que Baatman veut garder comme un entraînement de (très) haut niveau.

Gurudutt Varun Banepali,
Journaliste.

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Le 07 janvier 2043,

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Le Ministre des Affaires Extérieures, M. Ajaya Dinakar Rayamajhi

Rayamajhi accusé d'être « bête » et « incapable »

Les quotidiens nationaux publiés avant-hier étaient nombreux à afficher en "une" de leurs éditions la prise de parole de Mangal Mangal Maskay, le Président du Parti Socialiste Unifié (Sanyukta Samājavādī Pārṭī, SSP). Surtout, ce qui retint l'attention des journalistes, des khelkadeshis et, sûrement, du gouvernement, ce furent les mots qu'utilisa Maskay pour décrire l'actuel Ministre des Affaires Extérieures, Ajaya Dinakar Rayamajhi ainsi que les affirmations qu'il fit pour étayer ses dires. « Si je n'avais pas lu ce que j'ai lu, franchement, je n'y croirais pas moi non plus. Une missive diplomatique au Westrait lamentable, vraiment. Partant d'une bonne intention, mais remplie de clichés sur ce qu'est le socialisme et le progressisme. Ce Rayamajhi est un véritable incapable, visiblement plus bête encore que ses pieds » a clamé le parlementaire, élu à Kamtsakat.

Ajaya Dinakar Rayamajhi est en poste au Ministère des Affaires Extérieures depuis la démission de M. Vikram Inderpal Devadas, laquelle est intervenue en octobre dernier. Contrairement à l'hyperactivité de son prédécesseur, Rayamajhi est resté un ministre très calme. Inactif même, du côté des rencontres internationales et de la signature de traités. Selon un bref communiqué publié par son ministère, « la diplomatie se fait au long cours, il n'est pas étonnant qu'aucun traité n'ait encore été signé pendant les trois mois de présence de M. Rayamajhi au Ministère. Cela ne veut pas dire que M. le Ministre soit incompétent ou inactif, mais plutôt qu'il réalise un travail nécessaire de fond dont le Ministère se félicite. ». Une déclaration de bon sens, qui n'a pourtant pas fait mouche dans l'opinion et qui n'a pas convaincu Mangal Mangal Maskay ainsi que de multiples autres opposants au gouvernement de Sa Majesté, lequel est majoritairement composé de membres issus du Parti de la Mesure (Pārṭī Māpana, PM). Selon le leader du SSP, la missive diplomatique qu'il a pu lire ne peut être excusée d'aucune manière, et quel que soit son bord politique elle serait représentative de l'incompétence de M. Rayamajhi. « Je suis en train de voir avec mes avocats pour trouver un moyen de publier les documents qui m'ont été envoyés par un anonyme. Je pense que tous les khelkadeshis ont le droit de savoir qui gère l'image de notre Noble Royaume à l'étranger » a déclaré le leader socialiste.

Une enquête d'opinion réalisée par nos soins sur un échantillon représentatif des khelkadeshis montre qu'une majorité des interrogés trouve Mangal Mangal Maskay « motivé par la vérité » (67,9%), tandis qu'un grand nombre l'estime « motivé par son intérêt politique » (14,5%) et qu'un plus petit nombre l'estime « motivé par sa haine » (3,4%). Les 4,2% restants n'ont pas souhaité se prononcer. Il est à noter qu'aux dernières élections législatives, le parti de M. Maskay a réuni 14,22% des voix, et que le dernier sondage en date portant sur les intentions de vote aux prochaines élections indiquait que le SSP réunirait environ 15,67% des voix. Très loin, donc, des 67,9% de confiance envers ses affirmations. Selon un habitué de la scène politique khelkadeshie, la confiance qu'a la population envers les déclarations de Mangal Mangal Maskay est étroitement liée à la méthode de mise sur la table politique. Selon cet habitué, « une telle situation, un opposant affirmant avoir des preuves détruisant la crédibilité professionnelle d'un ministre ou d'un autre politicien, n'est jamais arrivée de mémoire d'homme. La scène politique khelkadeshie étant très calme et peu spectaculaire ou "à scandale", il n'est pas étonnant que les khelkadeshis fassent confiance à un opposant se dressant selon toute vraisemblance pour le bien de l'État en demandant à ce que soit évincé du gouvernement quelqu'un d'incompétent. »

Mangal Mangal Maskay, en effet, a demandé à Ajaya Dinakar Rayamajhi de quitter le gouvernement « avant de causer plus de dégâts. » Il a également demandé à ce que la direction du Parti de la Mesure, en considération de sa position de parti majoritaire au Parlement et dans la vie politique khelkadeshie, fasse plus attention aux politiciens qu'elle met à la tête des secrétariats et ministères. Il en a profité pour affirmer que le SSP, lorsqu'il sera porté au pouvoir par le vote populaire, ne transigera pas une seule seconde sur les « exigences en termes de capacités intellectuelles » de ses membres qu'elle porterait au gouvernement.

Rishikesh Kris Guruwacharya,
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Le 18 janvier 2043,

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Jagadish Hamal Choulagai, le premier Yak d'origine khelkadeshie sélectionné par Baatman

La liste officielle des 32 joueurs qui participeront à la tournée de préparation annoncée


SPORT.
L'annonce fut faite en aussi grande pompe que possible, devant siège de l'AKER, à Wenlijhaven, devant 300 personnes : des journalistes, des politiciens, des entraîneurs de rugby et des badauds montrant bien moins d'intérêt que les autres personnes présentes. Manfred Baatman, le nouvel entraîneur du XV au Lotus, a présenté les 32 joueurs sélectionnés pour représenter le Khelkadesh lors de sa tournée internationale de préparation à la Coupe du Monde 2043. Celle-ci fera le tour du monde afin de rencontrer des équipes de niveau divers : les Madelines, le Westrait, Ennis, l'Ubwani, la Rumagnola, ainsi que très probablement le Chikkai, bien que ce dernier match soit encore en discussion, selon Baatman. « Nous attendons pour confirmer l'organisation de ce match de voir si la proposition du Wakoku intéresse les ventéliens. Je souhaite que nous puissions participer à une telle compétition amicale de préparation, quand bien même le nombre de matches que je peux faire jouer à mes joueurs sans qu'ils soient épuisés pour la Coupe du Monde est à présent très faible. » «La scène rugbystique du Khelkadesh est encore assez restreinte, et les bons entraîneurs ne courent pas la rue : il est donc assez difficile de trouver suffisamment de joueurs et de remplaçants pour aborder sans crainte une Compétition. Mon objectif n'est donc absolument pas de gagner les matches de préparation à tout prix, mais bien d'entraîner mes joueurs sans qu'ils se blessent », a précisé Baatman.

Voici ci-après la liste officielle des joueurs du XV au Lotus. Les joueurs sont rangés selon le poste qui leur est attribué, puis par ordre alphabétique ; les noms des titulaires actuels sont en gras.
  1. Première ligne (pilier) :
    • Jan-Marcus Benedictus van Horn ;
    • Laurens Freddy de Witte ;
  2. Première ligne (talonneur) :
    • Sjors Tim Adriaansen ;
    • Jagadish Hamal Choulagai ;
    • Maurits Koert de Groot ;
  3. Troisième ligne (pilier) :
    • Marco Gerben Appelo ;
    • Justus Jip de Vrij ;
  4. Deuxième ligne :
    • Constant Siem Akkermans ;
    • Pascal Ties Heeren ;
  5. Deuxième ligne :
    • Marijn Duuk Schorel;
    • Niels Felix Sneijders ;
  6. Troisième ligne (aile) :
    • Heino Jip van Adrichem ;
    • Mannen Broos de Groot ;
  7. Troisième ligne (aile) :
    • Yorick Niels Leeuwenhoek ;
    • Frederick Ewald de Vrij ;
  8. Troisième ligne (centre) :
    • Willy Romuald Aaltink ;
    • Albert Zef de Zeederen ;
  9. Demi de mêlée :
    • Elbert Staas de Geels ;
    • Julius Rob Vroomen ;
  10. Demi d'ouverture :
    • Julius Broos van Aarle ;
    • Gerlach Ties Kikkert ;
  11. Ailier gauche :
    • Maximiliaan Benedictus de Flaav ;
    • Alexander Ivo Rijnders ;
  12. Trois-quarts centre (premier centre) :
    • Lars Stefan van Adrichem ;
    • Willem-Alexander Heino Haanraats ;
  13. Trois-quarts centre (deuxième centre) :
    • Stefan Duuk van Althuis ;
    • Frederick Lenn Fortuyn ;
  14. Ailier droit :
    • Benedictus Lennard van Ranst ;
    • Albrecht Meint Vroomen ;
  15. Arrière :
    • Arnout Ad de Snaijer ;
    • Lodewijk Maurits de Vries ;
    • Alexander Rob de Wadden.
Il suffit de lire pour voir que cette liste est composée quasi-exclusivement de Dhaccas, c'est-à-dire de wenlijhavenois, donc d'origine zeederlandaise. Alors même qu'à l'échelle du Khelkadesh ils ne représentent pas plus d'1,8%, soit environ 1 800 000 personnes, les Dhaccas sont largement préférés aux khelkadeshis quand il s'agit de constituer une équipe de rugby. Cela s'explique surtout par le fait que les wenlijhavenois sont coutumiers du rugby depuis bien plus de temps que leurs compatriotes khelkadeshis, et qu'ainsi les noms de joueurs khelkadeshis suffisamment talentueux pour entrer dans l'équipe nationale sont rares et peinent à parvenir aux oreilles du sélectionneur, mais également par le fait que, rappelons-le, les rugbymen khelkadeshis sont amateurs ou semi-professionnels. Ainsi, alors que les Dhaccas occupent généralement des postes à responsabilité dans des entreprises desquelles ils peuvent financièrement se permettre de s'absenter, les khelkadeshis sont bien moins nombreux, en proportion, à pouvoir abandonner leur emploi plusieurs semaines dans l'année.

Cela n'a pas empêché Jagadish Hamal Choulagai d'être repéré par Baatman lors d'un match amical opposant le Wenlijhaven Zentrum Rugby Club (WZRC) au Dhalpur 2025 Kheelakuda Klaba (Dhalpur 2025). À la recherche de talonneurs, l'entraîneur s'est dit impressionné par l'aisance avec laquelle Choulagai parvenait à alterner entre un rôle de talonneur et de pilier. « J'avais l'impression en regardant ce match qu'il repoussait seul la mêlée adverse. Je ne pouvais pas ne pas l'appeler pour l'inviter à passer les tests de sélection », a précisé l'entraîneur de 58 ans. Nul doute qu'en tant que premier joueur d'origine khelkadeshie dans le XV au Lotus, une grande carrière s'ouvre devant lui, et que d'autres talents en profiteront pour garnir les rangs d'une équipe jusqu'alors exclusivement blanche.

Lakshman Gopi Poddar,
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Le 22 janvier 2043,

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Manfred Baatman ne serait-il pas déjà le meilleur entraîneur de rugby actuellement au Khelkadesh ?

Baatman retourne à l'école : bienvenue au Séminaire d'hiver des entraîneurs de sélections sportives (SHESS)


SPORT.
Manfred Baatman, l'entraîneur du XV au Lotus, pourra bientôt être aperçu sur les bancs de l'école, bûchant comme ont bûché nombre de khelkadeshis ayant eu la chance de recevoir une éducation formelle. À partir du 26 janvier et pendant une semaine, il ne participera pas aux entraînements de ses joueurs, et les autres entraîneurs de la sélection seront également absents. En effet, ils participeront tous au SHESS, le Séminaire d'hiver des entraîneurs de sélections sportives, qui se déroule cette année au siège de l'Association khelkadeshie pour l'épanouissement du rugby (AKER). Ce séminaire, qui a lieu une fois tous les deux ans en hiver, en alternance avec le séminaire d'été des entraîneurs khelkadeshis (SEEK), a pour objectif de réunir le plus grand nombre d'entraîneurs issus d'un maximum de disciplines et de prodiguer des conférences et des moments de travail et de partage permettant l'échange et la transmission de savoirs techniques, le tout dans un effort soutenu par l'État d'amélioration globale des performances sportives khelkadeshies.

Cette année, le séminaire tourne évidemment plus autour du rugby que d'autres disciplines, bien que le football et la place de la femme dans le sport soient des sujets également très mis en avant par les organisateurs du secrétariat aux sports. Selon le programme du séminaire, Manfred Baatman devrait animer deux conférences-débats, l'une sur "La professionnalisation du sport au Khelkadesh" et l'autre sur "Le rôle des conditions climatiques dans l'entraînement et le maintien du moral des sportifs". Ce sera également l'occasion pour le sélectionneur de rencontrer dans une optique de travail ses collègues spécialisés dans d'autres disciplines collectives et individuelles, afin de s'abreuver de leurs expériences. Nul doute que ce séminaire lui permettra d'utiliser toute son ingéniosité lors de la tournée mondiale de préparation à la Coupe du monde qu'entamera bientôt le XV au Lotus, et que les résultats, s'ils n'arrivent pas immédiatement, abonderont bientôt en faveur de l'équipe khelkadeshie.

Alors que le séminaire commence dans moins d'une semaine, le comité organisateur, dont les membres sont choisis par le secrétariat aux sports et dont le budget provient du même secrétariat, a lancé un discret appel à l'international, invitant tous les entraîneurs intéressés, quelle que soit leur discipline de spécialité, à venir intervenir ou participer aux séances de partage et de travail collectif au cours de cette édition 2043 du SHESS. « C'est par la coopération que nous nous améliorons, et nous voulons croire que la coopération peut également se faire au niveau du sport international. C'est pourquoi nous pensons que la venue d'entraîneurs étrangers, ne serait-ce que d'un seul entraîneur de hockey sur glace ou de karaté, sera toujours un apport gagnant-gagnant pour le sport khelkadeshi, le sport du pays d'origine dudit entraîneur, et, en somme, le sport mondial. » Et en effet, quoi de plus fair play que d'inviter les entraîneurs adverses à venir prendre des informations quasiment gratuitement sur les tactiques et techniques d'entraînement des collègues qu'ils rencontreront lors des compétitions futures ? Prakriti Mitra Verma, la secrétaire aux sports, semble entrevoir le monde sous un angle mélangé de naïveté et de béatitude. Espérons que cela ne porte pas malheur aux résultats du sport khelkadeshi dans son ensemble.

Gurudutt Varun Banepali,
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Le 25 janvier 2043,

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Les Yaks pendant leur ultime entraînement sur le sol madelin avant le choc

Préparation à la coupe du monde : les Yaks s'inclinent face aux Wakies

Tout les spectateurs ont retenu leur souffle jusqu'au dernier moment. C'est pourtant à peu près la même histoire qu'à chaque match des khelkadeshis : l'équipe adverse est favorite, et les Yaks parviennent à les déstabiliser tant et si bien qu'ils trébuchent... mais rarement touchent-ils vraiment le sol. Malgré toute leur bonne volonté, il semblerait que cette fois encore, les Yaks n'aient pas réussi à s'imposer réellement.

La première mi-temps fut favorable aux khelkadeshis, qui menèrent au score. À la 50e minute, ils devancent leurs adversaires de 9 points, ayant inscrit 4 coups de pieds à 3 points alors que les Wakies madelins n'en ont mis qu'un. Il suffit toutefois d'une pénalité suivi d'un essai transformé pour que les Madelines reprennent le dessus. Si les khelkadeshis inscrivent une dernière pénalité, revenant au score, ils ne parviennent pas à aplatir le ballon dans l'en-but adverse avant le coup de sifflet final, et sortent du Tasman Staidum de Tain la tête baissée. C'est là le principal problème des Yaks : ils doivent dépenser tellement d'énergie et d'ingéniosité tactique pour mettre en déroute de plus puissantes équipes qu'ils ne sont véritablement bons que sur les 60 premières minutes. De plus, depuis l'édition 2041 du Tournoi des 6 Nations jusqu'à aujourd'hui, ils n'ont en 7 matches marqué que deux essais. Ce qui ne les empêche pas parfois de marquer beaucoup de points, mais ils peinent à pénétrer véritablement la défense adverse. En somme, ils se tirent une balle dans le pied, incapables qu'ils sont de marquer des essais, lesquels consistent, précisons-le aux non-amateurs de rugby, à aplatir le ballon ovale dans la zone située derrière les poteaux adverses. Ils rapportent 5 points, contre 3 pour les pénalités et drops (coups de pied faisant passer la balle enter les poteaux verticaux). Et considérant la maîtrise qu'a Gerlach Ties Kikkert, le principal buteur khelkadeshi, de son ballon avec son pied droit, il est raisonnable de penser que les essais marqués auraient peu de chances de ne pas être transformés, rapportant alors 7 points au lieu de 5.

Baatman, l'entraîneur du XV au Lotus, s'était en amont du match prononcé sur les failles de l'équipe sur lesquelles il travaillait. Il a pour cela recruté de nouveaux talonneurs, reprenant avec enthousiasme leur entraînement, selon des clichés obtenus par notre journal. Il nous faut espérer, pour le bien des résultats khelkadeshis à l'international, que ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, celle qui fut médiatisée afin de pousser à la candidature de jeunes joueurs prometteurs. Surtout, il nous espérer que cela ne détourne pas Baatman de l'objectif qui devrait être le sien : apprendre à ses joueurs à trouver des espaces dans la ligne de défense adverse et courir tout droit, le plus vite possible, jusqu'à la ligne d'en-but adverse, ballon en main, puis abaisser le bras ou se jeter au sol pour déposer le ballon ovale au sol. La règle est simple, et c'est le véritable plafond de verre sous lequel le Khelkadesh patauge encore à l'heure actuelle.

Certes, le XV du Lotus sait faire vivre des émotions inoubliables à ses supporters, et ce à chaque match qu'il joue. Certes, il échoue souvent à un ou deux points près. Certes, ils jouent excellemment bien pour des amateurs et semi-professionnels. Mais je suis sûr que je sauterais bien plus haut pour leur triomphe que pour leur quasi-victoire. Tant qu'il s'agit de matches des 6 Nations ou d'une tournée amicale de préparation, tout va bien. Si lors de la coupe du monde les Yaks perdent la finale 18 à 19 dans un match où ils n'ont pas marqué un seul essai, il est fort possible que leur retour sur le territoire du Noble Royaume ne soit pas aussi paisible que ce à quoi ils s'attendront, et Baatman aurait même intérêt à ne pas rentrer du tout. Espérons en tous cas que les capacités perturbatrices des Yaks du Khelkadesh leur permettent bientôt de faire tourner le vent dans le sens inverse de celui que l'on observe actuellement. L'équipe entière ne peut pas tourner autour de Kikkert, il n'en aura pas les épaules pendant toute une coupe du monde. M. Baatman, en tant qu'entraîneur, j'en appelle à vous pour que vous vous réveilliez, vous et vos hommes !

Rishikesh Kris Guruwacharya,
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le 04 février 2043

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Victoire !

C'est la principale information de cette semaine, qui a éclipsé toutes les autres : le Khelkadesh accueillera la Coupe du monde de rugby 2043 ! L'annonce fut faite par l'IRA au cours d'une conférence se presse télédiffusée, notamment au Khelkadesh où KTB (Khelkadeshe Televisiebedrijf) s'est jeté sur l'occasion d'obtenir l'exclusivité de la diffusion en direct des résultats. Les locaux du siège mondial de l'Ovalie se trouvant encore au Shnieretz, l'annonce fut faite aux alentours de 9 heures du matin, afin que la plupart des Nations disposant d'une équipe nationale de rugby, c'est-à-dire surtout des dytoliens, algarbiens et maquésiens, d'après la carte des pays de rugby selon leur niveau global. Ainsi, l'annonce étant d'une importance mondiale, les chaînes télévisées du monde entier pourraient diffuser en direct les résultats. Il est en effet certain que les êtres humains, quel que soit leur pays d'origine, préfèrent avoir leurs informations au plus tôt possible, voire en direct. Les chaînes télévisées et l'IRA devant, comme toute organisation sportive mondiale, travailler main dans la main afin d'assurer la prospérité et la rentabilité des deux parties. Ce fut donc vers 23 heures que les khelkadeshis se réunirent devant la télévision, souvent à 5O ou 70 derrière un seul vieil écran à l'affichage capricieux. S'il n'est pas inhabituel au Khelkadesh d'être encore éveillé à 23 heures, y compris pour les enfants, le dîner débutant tard, soit entre 20 et 22 heures, il est très rare que la télvision soit allumée à cette heure-ci.

Mais quelle ne fut pas la récompense d'une telle veille ! Le président lantanien de l'IRA siégeant à Yessud, M. Desjardins, annonça devant un peuple khelkadeshi suspendu devant la diffusion en direct offerte par la chaîne privée KTB (Khelkadeshe Televisiebedrijf) la victoire de la candidature du Noble Royaume et de ses sept villes d'accueil, avec 9 des 16 votes exprimés, soit 60% des suffrages exprimés ! C'est une petite mais première victoire pour les khelkadeshis, qui s'attendent à présent à ce que les Yaks fassent à présent leur part et remportent la Coupe du monde à proprement parler, laquelle aura lieu au dernier trimestre de l'année en cours.

Bien évidemment, les municipalités de Wenlijhaven, Kamtsakat, Miwamabad, Rajapur, Dhalpur, Bharapur et Mahpatan, les sept villes dont les stades accueilleront des matches de la Coupe du monde, font partie des heureux. Si les maires de Wenlijhaven et Dhalpur, généralement vus comme des adversaires et faisant tout pour ne pas faire comme l'autre, ne sont pas réjouis officiellement l'un pour l'autre, ils ont annoncé séparément leur participation à une table ronde qui réunira les maires des sept municipalités suscitées, afin d'apporter aux visiteurs nationaux et étrangers « la meilleure expérience possible sur nos terres ». Lancée sur l'initiative de l'AKER (association khelkadeshie pour l'épanouissement du rugby), cette table ronde aura pour objectif d'encourager la coopération entre les municipalités, sur fond d'aide du gouvernement. Cette succession de rencontres devra toutefois attendre l'élection du nouveau Président de l'AKER, élection qui devrait avoir lieu dans les jours qui viennent, puisque le titulaire de ce poste devra présider les discussions.

S'il serait étonnant que le Président actuel de l'AKER, M. Christiaan Mathijs Blaauwkamp, ne soit pas reconduit à son poste pour un nouveau mandat de 4 années, étant donné le bilan qui l'accompagne. Celui-ci est en effet si excellent qu'il frôle la perfection : depuis 2041, le nombre d'adhérents à l'AKER a doublé, les relations avec le gouvernement sont de plus en plus faciles, le nombre d'associations de rugby au Khelkadesh a été décuplé, passant de 3 à 30, les résultats du XV au Lotus sont discutables mais encourageants, etc. L'important au sein de cette élection sera surtout d'observer quelles forces politiques se forment au sein des soutiens à M. Blaauwkamp, car cela devrait participer à définir la marche qui sera suivie pour une autre élection au sein de laquelle l'AKER aura une importance non négligeable : le choix de la ville qui accueillera le siège de l'IRA, puisqu'avec le retour des troubles au Shnieretz Yessud n'est plus considéré par l'IRA comme une ville sûre. Aucune modalité n'a encore été décidé, l'AKER ayant tout remis, pour l'instant, à après l'élection pour la président de l'association. Wenlijhaven et Dhalpur seront sans doute candidates, mais peut-être Mahinagar, Mahpatan, Bharapur ou d'autres souhaiteront également tenter leur chance. Et puisque l'IRA a annoncé que le pays qui organiserait la prochaine coupe du monde aurait également le droit d'accueillir le siège mondial de l'Ovalie, il revient à l'AKER, selon le gouvernement puisque ce-dernier lui a délégué cette tâche, de départager les candidats.

Du côté du XV au Lotus, enfin, la joie est palpable, et son sélectionneur, M. Manfred Baatman, s'est dit « extatique » à l'idée de jouer la coupe du monde à domicile. « Je n'imaginais pas qu'il serait vraiment possible que nous soyons à domicile pour toute la compétition. C'est une véritable chance qu'il nous faut saisir » a-t-il précisé, ajoutant que le fait de jouer devant ses propres compatriotes faisait quelque chose d'inquantifiable aux sportifs, d'autant plus que le public khelkadeshi est « émotionnellement investi sans être violent, ce qui est une autre chance », toujours selon Baatman.

Auprès du gouvernement, enfin, on souhaite profiter de cette victoire sur trois tableaux : touristique, économique et diplomatique. Après la Coupe du monde au Khelkadesh, il ne sera plus possible pour les habitants des pays qui seront représentés par leur équipe de rugby de dire qu'ils ne savent pas où se trouve le Khelkadesh sur une carte, à quel point les khelkadeshis sont accueillants, à quel point les paysages sont à couper le souffle et à quel point ils ont envie d'y retourner ou encouragent leurs compatriotes à y aller pour visiter l'endroit. C'est également une victoire diplomatique, car selon une source proche de l'ancien Ministre des Affaires Extérieures Ajaya Dinakar Rayamajhi, certains votes ont directement été demandés par le gouvernement khelkadeshi à d'autres États, parfois en échange d'avantages présents ou ultérieurs. Et, en effet, le soutien à la candidature khelkadeshie est une des clauses du Traité d'Ingham entre le Commonwealth des Madelines et le Noble Royaume du Khelkadesh. Mais le gouvernement ne semble pas espérer retirer un bénéfice sans investir. Ainsi, la Secrétaire aux Sports, Mme Prakriti Mitra Verma, a fait savoir que le gouvernement soutiendrait financièrement les municipalités d'accueil de la Coupe du monde, mais aussi qu'une augmentation significative du budget alloué à l'AKER et au XV au Lotus avait été décidée « sans qu'une limite supérieure ait encore été définie » a-t-elle ajouté. Ainsi, les joueurs khelkadeshis seront, pendant leur tournée de préparation à la coupe du monde, « mieux logés, et profiteront de meilleurs conditions de voyage, réduisant les facteurs de fatigue qui pourrait les amener à être moins performants pendant la tournée de préparation et lors de la Coupe en elle-même », a précisé la Secrétaire. Une mesure qui portera sûrement ses fruits, même si elle provoquera également une surnaturelle poussée de cheveux blancs chez les comptables du gouvernement de Sa Majesté.

Sarupa Isha Pradhananga,
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Le 22 janvier 2043,

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Le logo de l'Organisation de Coopération de Chenzhou.

"Le Khelkadesh reçoit des pressions pour intégrer pleinement l'OCC"
... et tant mieux ! selon Rajesh Jiwan Thami


POLITIQUE.
Selon Rajesh Jiwan Thami, le président de la Coalition nationale du Khelkadesh, le gouvernement de Sa Majesté recevrait des pressions venant d'autres membres de l'Organisation de Coopération de Chenzhou pour quitter son statut de membre associé et y préférer le statut de membre permanent. Il ajoute que ce n'est pas une mauvaise chose, et qu'il a été si heureux d'apprendre cela qu'il se devait d'en faire part publiquement pour pousser ses concitoyens à l'accompagner dans la demande qu'il adresse au gouvernement d'entendre les pressions étrangères. De qui proviennent ces pressions ? D'où provient la fuite ? Nul ne sait, et M. Thami n'a pas l'air d'avoir envie d'en parler : « ce n'est pas la question que vous devez vous poser. Quelles que soient ces pressions, il faut se contenter de les écouter et y réfléchir sérieusement. »

L'évasivité de l'ancien expert en assurances de 53 ans n'aide toutefois pas à rassurer les khelkadeshis. Selon ceux que nous avons pu interroger dans les rues de Mahinagar, rares sont ceux qui croient aux affirmation de M. Thami : « il essaie d'attirer l'attention, voilà tout », avance un vendeur de pain ; « à la capitale, tout le monde sera d'accord sur le fait que notre gouvernement n'hésiterait pas à dire si c'était effectivement le cas, analyse une vieille dame. Mais je ne suis pas sûr que dans le reste du pays les gens connaissent si bien Thami et les habitudes de notre gouvernement à ce sujet ».

S'il s'avérait véridique que l'affirmation de Rajesh Jiwan Thami est inventée de toutes pièces, le leader de la KRG n'en serait effectivement pas à son coup d'essai. Il a déjà été pris à partie par des manifestants du KKP, le Parti communiste du Khelkadesh, pour s'être rendu lors d'une manifestation et avoir ouvertement menti aux personnes présentes. Il s'est en effet accaparé la parole et, espérant faire trembler de peur l'auditoire et, peut-être, les faire tomber d'apoplexie en leur annonçant fièrement que le complot socialiste mondial leur mentait et qu'Asha Lota, le symbole de la révolution gandharienne assassinée en 2040, était vivante et avait même pris deux kilos dans une maison de rééducation en Asdriche. Elle aurait selon ses dires été répudiée par ses camarades révolutionnaires lorsqu'elle se serait rendue compte que « le communisme ne marchait pas » et que la seule façon d'atteindre l'illumination était le capitalisme le plus libéral possible. Fort heureusement pour la vérité historique, il fut immédiatement saisi par les manifestants du KKP et frappé à plusieurs reprises avant d'être expulsé manu militari de la manifestation. Il tenta de porter plainte pour coups et blessures, mais - et cette information est véridique - lorsqu'il l'annonça devant le juge, le magistrat se contenta de rire à gorge déployée avant de couper court au procès et d'annoncer que la sentence serait de « se faire frapper par des manifestants du KKP jusqu'à ce qu'humiliation s'en suive », et qu'heureusement pour M. Thami elle avait déjà été rendue !

Toujours est-il que, affabulations ou non, la question de l'appartenance à l'OCC reste une question non répondue dans l'opinion publique. Le Pari de la Mesure (PM), au pouvoir, refuse de prendre position et s'aligne sur Sa Majesté. On connaît déjà la position de celle-ci, puisque Jagannath Prawal Dhamala est celui qui a fait entrer le Khelkadesh dans l'OCC en tant que membre associé, sans consulter le peuple ni qui que ce soit. Le consensus politique étant que l'entrée était limitée à certains agences utiles pour le Noble Royaume, évitant bien soigneusement de signer le traité de libre-échange entre les états membres. Ce traité en question, il serait nécessaire de le signer et de l'appliquer en cas de candidature comme membre permanent de l'Organisation ; c'est là le principal obstacle à l'entrée entière dans l'OCC, qui en-dehors de cet accord reste l'organisation internationale naturelle pour le Khelkadesh. En effet, elle compte parmi ses membres la plupart des États de Ventélie, lesquels ont une mentalité et une ligne diplomatique souvent proche de celle du Noble Royaume.

De plus, l'OCC est la preuve concrète de comment une organisation internationale peut fonctionner, et ce point est important depuis l'échec de l'OMPC. Avec à sa tête un Secrétaire Général compétent et investi, le liangois Liang-Wu-Xun, et un traité fondateur clair et bien écrit, l'Organisation de Coopération de Chenzhou est à l'opposé de l'OMPC en termes de fonctionnement interne. Et c'est une réussite, il faut le dire ! L'OCC est une organisation capable de voir les critiques et de se réformer en conséquence, s'adaptant toujours aux nouveautés qui sont utiles et ignorant les futilités passagères. Ainsi, l'Organisation ventélienne a récemment remodelé sa charte afin d'inclure dans son droit interne la possibilité pour les états membres de conclure des contrats commerciaux spéciaux avec des États non membres, ouvrant une porte dans les frontières extérieures du marché commun mais mettant en place des moyens de contrôler ce qui passe par la porte pour éviter que ne soit dénaturé le sacro-saint marché commun de l'OCC. Ces accords, ce sont les ACPM, les Accords de Coopération et de Prospérité Mutuelle.

Mais ces points de détail juridique, détail puisqu'ils ne concernent pas la stabilité même de l'Organisation, n'intéressent guère le khelkadeshi moyen. Celui-ci, bien souvent, n'est que très partiellement conscient de l'existence de l'OCC, alors de là à savoir comment elle fonctionne et s'il faut ou non la rejoindre... C'est pour réveiller ces personnes-ci que Rajesh Jiwan Thami a souhaité révéler l'existence non encore avérée de ces pressions internationales. Mais un indice pour dire que ce n'est qu'un mensonge serait d'essayer de répondre à la question suivante : pourquoi diable les membres de l'OCC chercheraient-ils à faire pression sur le Khelkadesh pour que le Noble Royaume accroisse son intégration dans l'Organisation, sachant toute la mauvaise volonté dont ferait preuve quiconque est forcé à faire quelque chose ?

Gurudutt Om Prasad,
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5 RPK | Le 21 février 2043,

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Sa Majesté a été aperçue avec la reine Lakshmi Dhana Dhamala au balcon d'un hôtel à Cewell,
alors qu'il était venu soutenir le XV au Lotus au cours d'une visite informelle de plusieurs jours.


Les Yaks font tomber les Men in Black à Cewell, sous l'œil de Sa Majesté


SPORT.
Le match du 18 février fut l'occasion d'un certain nombre de records. Tout d'abord, ce fut le premier match des Yaks qui se déroula avec la présence de Sa Majesté Jagannath Prawal Dhamala dans les gradins. En plus de lui, et c'est là le deuxième record, 981 khelkadeshis avaient fait le déplacement pour soutenir le XV au Lotus. Ainsi, en y ajoutant Sa Majesté, sa famille et ses accompagnateurs, 1002 personnes de nationalité khelkadeshie se trouvaient dans les gradins du Stade du 1er mai. Ce nombre, qui n'impressionnera aucune grande nation, fait de ces supporters la plus nombreuse délégation de soutien à une équipe nationale khelkadeshie lors d'un match international se déroulant à l'extérieur du pays. Le troisième record, c'est celui du nombre d'essais marqués au cours d'un match pour le XV au Lotus, mais aussi pour Benedictus Lennard van Ranst, le n°14 de la sélection de Manfred Baatman qui marqua les trois essais de ce match. Et, bien entendu, Julius Rob Vroomen battit le record khelkadeshi du nombre d'essais transformés dans un match international, puisque les trois essais furent correctement transformés. Dernier record que nous ayons recensé, c'est la plus large victoire internationale du XV au Lotus, avec 17 points de plus que leurs adversaires.

Autant dire que c'était un très bon match qui s'est déroulé à Cewell, capitale westréenne. Les Yaks, qui sont actuellement très soutenus au Khelkadesh et qui se sont engagés dans une tournée mondiale visant à préparer les joueurs à la Coupe du Monde de rugby qui aura lieu en fin d'année, ont visiblement profité d'astres alignés, rejouant le match décisif de la dernière édition du Tournoi des 6 Nations, où ils avaient triomphé 20 à 6 contre le même Westrait, mais cette fois à Wenlijhaven. Et l'entraînement prodigué par Manfred Baatman semble porter ses fruits, puisque le niveau des amateurs et semi-professionnels khelkadeshis s'est visiblement amélioré ces derniers mois. Tant et si bien qu'il est bienvenue que Sa Majesté n'ait pas souhaité soutenir la sélection nationale avant ce jour, sans quoi elle se serait sans doute sentie honteuse d'assister en personne à une des défaites du XV khelkadeshi. Depuis son premier match international en 2041, en effet, le XV du Khelkadesh n'a remporté que trois des huit matches qu'il a disputés. Les commentateurs les plus fervents royalistes pourront bien vite annoncer qu'un tiers des victoires du XV au Lotus s'est fait avec la présence de Sa Majesté, et qu'ainsi sa personne elle-même serait capable d'assurer la victoire de n'importe quelle équipe nationale. Une croyance assurément absurde mais qui saura trouver son public et prospérer au moins pendant la prochaine coupe du monde de rugby, durant les matches de laquelle Sa Majesté devrait normalement être présente en permanence. Un choix qui démontre la volonté nouvelle et soudaine de Sa Majesté de s'investir personnellement dans le développement du rugby et de la popularité de ce sport seulement récemment sorti de la sphère Dhacca.

Jagannath Prawal Dhamala ne s'était toutefois pas déplacé au Westrait dans l'unique but de venir voir le match au stade du 1er mai. Il était, selon les informations officielles fournies par son équipe de communication après que notre rédaction l'ait contactée, venu visiter le pays dans le cadre de vacances qu'il a souhaité prendre avec son épouse et certains de ses enfants. Si sa fille Apeksha Shital est du voyage, en effet, son fils et prince héritier Adhanalaya Pratha serait resté au Khelkadesh, afin de s'essayer un peu plus à la gouvernance, remplaçant son père sur certains thèmes non stratégiques. Selon certaines rumeurs, il serait notamment au Westrait pour découvrir les Oshiwax, peuple indigène de l'ouest du pays longtemps persécuté et massacré par les colons dytoliens installés sur la côte déchinésienne de l'Olgarie. Une autre rumeur, plus vague encore, affirme que l'ancien ministre des affaires étrangères, Ajaya Dinakar Rayamajhi, se trouvait sur le vol aller, mais ne se trouvera pas sur le vol retour, rejoignant l'ambassade du Khelkadesh à Cewell après la polémique autour de sa gestion des missives diplomatiques envoyées au Westrait. Il aurait été assigné à un poste d'attaché culturel afin de découvrir le Westrait en tant que vitrine du communisme moderne et l'empêcher de reproduire les erreurs condescendantes dont il aurait été l'auteur, et qui relèveraient d'une ignorance fondamentale de ce qu'est la culture westréenne ainsi que l'idéologie de ses habitants.

Lakshman Gopi Poddar,
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Le 19 avril 2042,

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Depuis décembre dernier, des médecins westréens parcourent les communautés reculées du Khelkadesh.
Ils sont identifiables grâce au logo qu'ils portent sur leur veste.


Nous vous emmenons au cœur du programme Sabaikō laagi Svaasthya (Gezondheid voor iedereen), en expédition dans le Garudaparvata

L'histoire de ce programme commence en 2042, avec la rencontre entre les autorités westréennes et Sa Majesté, qui se rend à Cewell pour l'occasion. Parmi les sujets discutés, celui de l'aide au développement du Khelkadesh est en bonne place. Le Westrait, en effet, se trouve être bien plus riche et moderne que le Noble Royaume, et les idées humanistes que portent les westréens dans leur généralité en font un peuple qui n'hésite pas à tendre la main vers un plus faible que soi pour l'aider à se tenir debout. Bien entendu, ce ne sont pas sous ces termes, un brin condescendants, que le traité de coopération entre le Westrait et le Khelkadesh présente le programme सबैको लागि स्वास्थ्य (Sabaikō laagi Svaasthya), également nommé Gezondheih voor iedereen et Healthcare for all, en fonction de la population visée.

Le traité de coopération stipule que le programme est destiné aux petites communautés reculées du Khelkadesh. Et pour cause : seul un programme de ce genre, c'est-à-dire visant à amener sur place des hôpitaux de campagne et des médecins formés ainsi qu'énormément de matériel médical et, plus généralement, humanitaire, peut pénétrer le rude relief khelkadeshi et apporter des soins à ces communautés du bout du monde. Ces gens ne sont pas assez riches pour se permettre de se soigner. Et quand bien même ils auraient les moyens, ils ne peuvent quitter leur village sans d'immenses efforts. Les trajets dans les régions reculées des trois massifs montagneux du Khelkadesh, le Garudaparvata, l'Adhanalaya et le Miao-Kangri, se font uniquement à pied. Autant dire que les contacts avec le reste du monde sont plus que rares. Parfois, une caravane de yaks accompagnés de sherpas marchands passe, troquant quelques objets et amenant des nouvelles de l'extérieur. Si la communauté a la chance d'accueillir un site sacré et qu'un monastère s'est installé à proximité, les contacts avec l'extérieur sont plus nombreux, mais restent plus que rares.

Le programme Sabaikō laagi Svaasthya est donc pensé pour amener la santé à ces communautés et leur montrer qu'elles ne sont pas oubliées par leur gouvernement. Il a été convenu entre le Westrait et le Khelkadesh que les olgariens fourniraient les médecins et le matériel médical, ce dont le Noble Royaume manque également, même dans ses plus grandes villes, tandis que le gouvernement de Sa Majesté fournirait l'appui logistique. Ainsi, chaque caravane médicale est une expédition de seize personnes. En fonction de la position géographique du village, l'opération est d'une redoutable complexité.

Notre équipe de deux journalistes, composée d'un photographe et de moi-même, en ma qualité de reporter, avons été invités par le Ministère de la Santé à suivre une expédition dans son installation à Lati, un minuscule hameau situé à l'extrémité nord du territoire khelkadeshi. Ni une ni deux, nous avons sauté dans une voiture pour nous rendre à l'aérodrome militaire de Mahinagar, puisque c'est de cette piste en asphalte que l'expédition devait partir. La base aérienne en question est effectivement d'une importance vitale. C'est sur cet aérodrome qu'arrivent les avions westréens chargés de médecins et de matériel médical en tout genre, et c'est là que le matériel est stocké et que le personnel médical est logé entre deux expéditions. En arrivant, nous pûmes assister à un atterrissage et fûmes ébahis de voir un immense avion cargo se poser tout en douceur sur une piste qui, selon les dires de notre accompagnateur militaire chargé de nous expliquer les us et coutumes du programme, n'est pas plus longue que le minimum requis pour atterrir. En somme, une erreur de la part du pilote et l'avion s'écrase. Chaque atterrissage et chaque décollage représente donc une opération complexe, compliquée plus encore par les conditions météorologiques, qui peuvent bloquer toute opération et reporter un départ ou une arrivée de plusieurs jours ou semaines. En ce période hivernale, les arrivées et départs sont plus risqués encore, mais il se trouve que les conditions météorologiques sont actuellement les plus favorables possibles. Selon notre accompagnateur, cinq avions devraient arriver dans la semaine. Cela représente une quantité énorme de matériel médical, mais il faut savoir que la plupart est stockée dans des hangars non loin : il est toujours prévu plus que nécessaire, afin que les médecins ne viennent jamais à manquer quand bien même un vol serait retardé.

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Une fois le fret déchargé de l'avion, il est en partie stocké, et le reste est réparti dans plusieurs hélicoptères, chacun ayant une destination différente et une équipe de médecins attitrée. En nous promenant sur la base, nous pûmes voir plusieurs médecins westréens parler anglais avec des pilotes khelkadeshis, tenant chacun une tasse de boisson chaude à l'extérieur d'un petit bâtiment en bois au toit couvert de neige, que nous analysâmes comme un mess construit en hâte pour accommoder tous ces visiteurs non-militaires. Nous nous approchons pour interroger Erin Porter, chirurgienne de formation ayant décidé de se porter volontaire pour le programme qu'elle appelle "Health for All" : « Je suis devenue médecin pour aider mon prochain. Il n'y a pas meilleur endroit pour le faire. La situation des gens que nous aidons est souvent désespérée, et je ne me suis jamais sentie aussi utile. » Nous l'interrogeons sur la relation avec les pilotes et les autres khelkadeshis membres des expéditions : « La confiance entre les pilotes et leur "cargaison", comme ils nous appellent, est nécessaire. C'est pour cela qu'ils viennent souvent passer du temps avec nous, même lorsque nous rentrons au camp de base. Il y a une véritable barrière de la langue, mais heureusement il y a beaucoup d'interprètes qui sont heureux de pouvoir se rendre utiles. Je ne suis pas la seule à penser que travailler avec les khelkadeshis est à la fois rafraîchissant et productif. Ils sont experts dans ce qu'ils font, et nous respectent. Je souhaite que cela continue ainsi ! »

Après une nuit sur un lit de camp militaire, nous nous levons vers 4 heures et demie du matin pour assister aux préparations de l'hélicoptère et de sa cargaison. L'appareil est un Mosterd I, fabriqué dans des usines khelkadeshies par Tripathy Helikopters. L'armée terrestre et aérienne du Khelkadesh (ATAK) en possède plusieurs centaines pour des missions de transport de troupes et de matériel, et 47 d'entre eux ainsi que leurs pilotes ont été mis à disposition du programme Sabaikō laagi Svaasthya. Certains ont été repeints pour la visibilité médiatique du programme, et c'est l'un de ceux-ci que nous emprunterons ce jour-ci.

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Lorsque vient l'heure du départ, les deux pilotes ont déjà fait chauffer les moteurs et vérifié les niveaux de carburant ainsi que la température de celui-ci. Un des dangers de l'aviation dans les montagnes khelkadeshies, en effet, est le gel du carburant. Mais nous n'avons pas peur : pour ces pilotes, il n'y a rien de particulier à appareiller dans ces conditions, et grâce à cette maîtrise les accidents d'hélicoptère sont bien plus rares que ce que l'on peut imaginer. Ce matin, l'hélicoptère a été préalablement chargé de matériel médical, et alors que nous nous apprêtons à monter à l'arrière, notre accompagnateur militaire nous fait signe que ce n'est pas dans cet appareil-là que nous monterons, mais dans un Karamel II, hélicoptère bien plus petit et léger, pensé pour la reconnaissance aérienne et le tourisme. Malgré l'immense capacité du Mosterd I, en effet, les expéditions ont été pensées pour que le matériel et le personnel rentre tout entier dans un seul hélicoptère. Les journalistes comme nous doivent donc se contenter de suivre la marche.

L'expédition se compose de quatre militaires (deux pilotes et deux soldats, tous armés et capables d'assurer la sécurité de l'expédition face à des dangers humains et animaliers), huit médecins et para-médecins, un interprète, deux guides sherpas, et un secrétaire militaire (dont la mission n'est pas liée au programme mais qui est chargé d'en profiter pour recenser la population de ces villages et obtenir d'eux des informations pour qu'ils soient pris en compte par l'administration civile). Alors que les deux soldats, derniers à monter dans l'hélicoptère, vérifient l'état de leurs armes et de leurs chargeurs, nous montons dans notre Karamel et observons avec excitation le décollage de la petite caravane médicale que nous formons.

Après un vol de plusieurs heures et quelques turbulences, nous atterrissons sur un des rares endroits plats de la zone. Tout autour de nous, les sommets éternellement enneigés nous cernent, du haut de leur altitude comprise entre 7 et 8 000 mètres. Lorsque nous sortons de l'hélicoptère, le froid nous saisit plus fort que nous ayons jamais cru possible - et pourtant nous sommes khelkadeshis ! Le froid ne nous fait pas peur, et ce n'est pas la première fois que nous nous rendons à ces altitudes ! Pour une raison inconnue, le froid est plus saisissant ici qu'ailleurs. Qu'importe, le soutien médical aux populations isolées n'a cure de ces petits problèmes de chaleur ! ... En réalité, comme l'explique Erin Porter, c'est un des plus gros problèmes auxquels ils font face : « On pourrait croire que les produits médicaux que nous transportons, comme les vaccins, seraient faciles à transporter ici, puisqu'ils doivent être maintenus à basse température. En fait, ils ne doivent pas non plus être maintenus trop au froid, c'est pourquoi nous sommes obligés de nous encombrer de glacières qui, en réalité, contiennent de l'air relativement plus chaud que l'air ambiant. »

Une fois les deux hélicoptères posés, toute l'équipe met la main à la pâte pour aider à décharger le matériel. Enfin, toute sauf les deux guides sherpas, qui s'enfuient vers le village de Lati en nous abandonnant à notre dur labeur. Après avoir déchargé l'hélicoptère, les cartons et malles sont disposés en une grande pile, laquelle est rapidement recouverte d'une bâche. Les pilotes entreprennent d'immobiliser leur appareil pour les deux semaines qu'ils resteront sur place. En effet, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les pilotes ne font pas que déposer l'expédition : ils restent pour participer à la présence militaire sur place. Nous interrogeons l'un d'entre eux pour lui demander pourquoi ils ne partent pas et ne se contentent pas d'emmener deux soldats supplémentaires, si la sécurité était véritablement un problème. Bastijn Tijl Roseboom, le copilote de notre expédition, nous explique : « l'idée n'est pas seulement de participer à la sécurité de l'expédition, mais aussi de nous assurer que nous pouvons repartir à tout moment. Nous visitons les villages selon les dernières cartes en date. Parfois, certains villages ont été rayés de la carte par une catastrophe naturelle avant que nous arrivions. Pour simplifier les manœuvres et parce que nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en danger un seul westréen, il est nécessaire de garder nos appareils à proximité du lieu de la mission. » Après nous avoir répondu, il se retourne vers son hélicoptère, vérifie l'extinction de son système électronique, siphonne le carburant pour vider le réservoir et place l'essence dans ce qui ressemble à une petite citerne souple et très épaisse, qu'il entreprend d'enterrer avec l'aide des autres militaires. Il installe ensuite de petits drapeaux fixés sur une longue tige pour marquer l'emplacement du contenant ainsi qu'un petit panneau solaire qu'il branche à la citerne. Ce système lui permettra de retrouver le carburant dans un état utilisable, nous apprend-il. Il tire ensuite une bâche de protection thermique au-dessus de l'appareil aux pales repliées.

Alors que nous attendions toujours le retour des sherpas, l'heure de manger vînt. Nous nous installons autour d'un réchaud que les militaires allument pour nous procurer un peu de chaleur - ou au moins son illusion. Alors que l'adrénaline qui envahissait nos corps jusque là redescend le temps d'engloutir notre bouillie de céréales accompagnée de riz, plat simple et efficace que l'on peut retrouver partout au Khelkadesh, nous discutons avec Erin Porter et je lui explique à quel point je suis impressionné par tout ce que nous avons vu depuis la veille au soir : toutes les actions des membres de la caravane médicale semblent répétées des milliers de fois et permettre à ses membres de survivre malgré des conditions plus qu'extrêmes. Et pourtant, selon le Ministère de la Défense Extérieure, aucun problème majeur n'a encore été rapporté ! La chirurgienne partage notre opinion, et se permet même un léger doute : « Pour l'instant, j'ai participé à trois missions de deux semaines, celle-ci étant ma quatrième. À chaque fois, c'étaient avec les mêmes personnes, sauf pour les deux soldats et le secrétaire, qui peuvent changer sans raison. Tout s'est bien passé, même si parfois nous avons eu très peur. C'est un peu comme partir dans l'espace : il faut faire attention à tout, car le moindre oubli peut condamner un groupe comme le nôtre. J'ai vu les annonces de votre Ministre, mais honnêtement je ne serais pas étonnée qu'ils cachent certaines disparitions. Ce serait si simple à faire... »

Lorsque nous eûmes terminé de manger et après une tasse de café instantané que les khelkadeshis apprécièrent particulièrement, nous vîmes surgir de l'amont les deux sherpas, devancés par une caravane de yaks. C'était là la mission des deux guides sherpas : aller au village pour emprunter leurs yaks et les utiliser pour transporter tout le matériel que nous avions avec nous. Nous nous empressâmes de fixer les différents contenants sur les yaks, et dûmes tout de même en transporter un certain nombre sur nos dos. Les yaks avaient été accompagnés par deux villageois, qui purent aider au transport et à la manœuvre des yaks.

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En effet, et c'est pour cela que des guides sherpas sont employés, il se trouve que guider une colonne de yaks est bien plus compliqué que ce que l'on a tendance à penser. Les yaks ne savent pas où aller. Le sherpa utilise donc de petits cailloux, qu'il jette à droite ou à gauche du yak de tête, pour lui indiquer quand tourner. Sans sherpa ou petit caillou, le yak marchera en ligne droite jusqu'à en avoir assez de se déplacer. Ici, et considérant que l'épaisse couche de neige sous nos pas empêchait généralement que les projectiles fassent assez de bruit pour guider les yaks, les deux villageois qui étaient venus aider se placèrent en tête du convoi et guidèrent manuellement les majestueux bovidés.

Enfin, après plusieurs heures de marche, avoir grimpé puis descendu un flanc de montagne, et alors que le soleil commençait à se coucher, nous arrivâmes au village. Il faisait un peu meilleur que là où nous nous étions posés, chaque flanc de montagne ayant quasiment son propre climat. Comme souvent dans ces régions reculées, le village n'était guère plus que six ou sept maisons réparties à flanc de montagne sur trois niveaux. Les habitations étaient faites d'un mélange de bouse de yak, de boue et de paille maintenus en place par un squelette fait de fins morceaux de bois attachés de sorte à constituer un quadrillage. En guise de charpente, de très anciennes poutres soutenaient des quadrillages de bois similaires, recouverts cette fois de paille agglomérée par de la bouse de yak. Plus en contrebas, on devinait que des terrasses avaient été aménagées pour des activités agricoles. Mais en février, rien de tout cela n'était réellement discernable ou utilisable. Les villageois nous invitèrent à décharger le matériel dans une étable, au sec. Une fois cela fait, nous allâmes tous nous réchauffer dans la maison commune, et après avoir mangé et décidé de la marche que nous suivrions le lendemain pour monter l'hôpital de campagne dans cette même maison commune, nous nous endormîmes les uns contre les autres, à même le sol, emmitouflés dans nos sacs de couchage.

La caravane médicale de Sabaikō laagi Svaasthya restera à Lati deux semaines minimum, en fonction des besoins locaux. Bien qu'il y ait peu d'habitants dans ce minuscule hameau, beaucoup d'opérations seront réalisées et il leur faudra se reposer entre chacune d'entre elles. Ainsi, les médecins westréens feront un bilan médical à chacun des habitants, quel que soit son âge. Ensuite, des vaccins "élémentaires" seront inoculés aux habitants. En fonction des réactions de chacun, il faudra attendre plus ou moins de temps pour inoculer le vaccin suivant. Chez des patients urbains ou péri-urbains, déjà habitués à aller régulièrement chez le médecin moderne, il n'est pas toujours nécessaire de séparer la prise de vaccins. Lors de mon dernier rappel, par exemple, on m'a injecté trois vaccins en même temps, deux dans le même bras et le troisième dans l'autre, et cela ne m'a posé aucun souci. Les habitants de Lati, en revanche, n'ont pas des organismes habitués à ce genre d'opérations, bien au contraire. Nous leur avons demandé, et aucun n'avait jamais pris de médicament, bien qu'ils soient conscients de ce que c'est et de son utilité. Ils n'ont juste jamais eu l'occasion de profiter de la médecine moderne, et se contentent de ce que leur vie leur permet d'avoir. Ici, en fonction de l'état physique des patients, des réserves entières de médicaments peuvent être offertes par les médecins.

Après l'étape du bilan médical et des vaccins, vient l'étape de la formation paramédicale. Les médecins westréens choisissent ceux qu'ils estiment les plus à même de retenir ce qu'ils leur enseigneront, et avec l'aide de l'interprète vont pendant trois après-midis former ce petit groupe de 3 villageois, sans faire de différence entre hommes et femmes, aux premiers gestes de secourisme. L'objectif est de permettre aux villageois de pérenniser l'aide médicale apportée par les westréens, et les aider à sauver des vies et, surtout, selon Erin Porter : « éviter de faire empirer les choses. Souvent, et on ne voit pas ça qu'au Khelkadesh, les gens ont de vieilles traditions qu'ils estiment pouvoir permettre de sauver quelqu'un. En réalité, la médecine moderne et l'expérience que nous avons nous permet d'affirmer que cela ne fait qu'empirer la situation. Nous voulons apprendre à un maximum de personnes sur quoi se base la médecine, c'est-à-dire comment fonctionne notre corps, pour leur permettre de comprendre ce qu'il faut ou ne faut pas faire dans une situation de détresse médicale. »

Si une grande partie du matériel médical est offerte par le Westrait dans sa grande générosité et humanité, les vaccins et d'autres produits ont été en revanche achetés par le gouvernement khelkadeshi. Une dépense que nous n'avons pas pu estimer et que le Ministère de la Santé n'a pas non plus souhaité chiffrer pour nous. Toujours est-il que ce n'est pas une dépense inutile, je peux en témoigner. Je ne me suis jamais senti aussi heureux et humble que lorsque les villageois rassemblés ont tous joint leurs mains pour nous remercier de tous nos efforts et nous souhaiter bon voyage. Il y a chez ces communautés reculées une simplicité de vie qui rendrait envieux tout bouddhiste qui se respecte. Le sentiment d'utilité que j'ai ressenti était si puissant que cette aventure était aussi une découverte sur le plan spirituel. Et en partant après les deux semaines et deux jours que l'expédition aura passé sur place, je dois avouer que j'avais presque oublié que j'étais journaliste et que je devais écrire l'article que vous lisez. J'espère qu'il vous aura plu et vous aura rendu fier de l'action de notre gouvernement et des médecins envoyés par le Westrait.

Hendrik Ambar Baidya,
Reporter et journaliste.

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