Office fédéral des études économiques | 連邦経済研究局

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Gelebor
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Situé à Taishima, l'Institut économique du Voijia est un organisme d'Etat dont l'objectif est de rassembler les observations pertinentes à l'égard de l'économie nationale. Son rôle consiste entre autre à identifier les difficultés économiques structurelles et conjoncturelles auxquelles l'Etat et ses citoyens sont confrontés ainsi que les opportunités concrètes qui s'offrent à eux.

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Gelebor
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L'ouverture commerciale : une opportunité ou le signal d'un déclin pour l'Etat-ermite ?


L’ouverture du Voiji Kodalstvo constitue une étape importante sur la voie difficile et ambitieuse d’une économie obéissant davantage aux règles du marché. Une libéralisation approfondie des échanges et de l’investissement bénéficierait aux consommateurs et aux producteurs nationaux. Pour pouvoir recueillir tous les fruits d’une intégration accrue dans l’économie mondiale, l’économie voijienne devrait cependant subir des ajustements de fond. Une redistribution des ressources consacrées entre les différentes activités économiques et une restructuration majeure du secteur des entreprises s’imposeront pour remédier aux graves lacunes (notamment alimentaires) dont elle souffre actuellement. Les pouvoirs publics seront confrontés à de fortes pressions d'une société voijienne arriérée et impréparée, qui risque d’atténuer les effets de cette transition.

Au regard de la situation actuelle du Voiji Kodalstvo, les résultats des réformes futures dépendront des décisions prises par les principaux acteurs économiques (les pouvoirs publics, les entreprises étatiques, les travailleurs et le réseau financier des investisseurs) qui agissent sur des marchés dont le fonctionnement dépend de cadres généraux tels que ceux régissant la concurrence, les droits de propriété intellectuelle et le gouvernement d’entreprise. Au lieu de se focaliser sur des secteurs particuliers, l'institut suggère que les réformes devraient cibler chaque parties de l’économie, afin de promouvoir une répartition plus efficace des ressources.

A travers ces observations se distinguent clairement trois objectifs cruciaux à atteindre dans les cinq prochaines années pour que les réformes globales du Voiji Kodalstvo réalisent des résultats profitables à l'économie.

• Le premier consiste à jeter les fondements d’une nouvelle approche de la gestion des ressources du pays, en levant les obstacles actuels à la restructuration des entreprises privés et en renforçant l’intégration entre divers segments de l’économie qui se sont développés séparément en suivant les règles dictées par les trusts industriels voijiens.

• Le deuxième vise à légiférer une bonne fois pour toute le droit de la concurrence, les droits de propriété intellectuelle, le mode de management d’entreprise et d’autres principes relatifs au fonctionnement serein du marché, de manière à initier une répartition efficiente des ressources.

• Enfin, le troisième s’attache, paradoxalement, à étendre le domaine d'influence de l’État à soutenir le développement économique par une politique interventionniste provisoire, en procédant ensuite à un changement pro-libéral des politiques macro-économiques tout en recentrant la réglementation sur le respect des règles régissant le comportement du marché.

Sous des dehors optimistes, il apparaît à de multiples égards qu'une libéralisation spontanée et non-maîtrisée du système socio-économique voijien pourrait aboutir à une atomisation du corps social, conséquence d'un délitement des rapports sociaux originels sous les effets du consumérisme, et d'une hausse significative de la corruption... La menace incontrôlable d'une politique réformatrice dégénérant en une thérapie de choc fait grincer des dents dans le Pavillon doré.

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Gelebor
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Des législations sur le secteur agricole voijien


L’agriculture du Voiji Kodalstvo mobilise environ trente-huit pour cent de la population active du pays et se définit par une relative pénurie de terres comparativement à la main-d'œuvre disponible et par une production à petite échelle faiblement mécanisée. A l'instar des nations néchinésiennes et du Wenlei, la production par unité de terre est certes élevée par rapport aux critères internationaux, mais la production par travailleur est faible.

Les cultures intensives, comme le blé, le maïs, le soja et le coton résident essentiellement dans la partie septentrionale du pays, tandis que le riz et le sucre sont principalement produits dans la partie méridionale du pays. La culture de légumes, qui implique une main-d'œuvre importante, se répartit dans les provinces côtières et les zones périurbaines. La production de viande est toutefois plus équitablement répartie dans le pays et révèle une forme peu intensive.

L’agriculture fournit ainsi moins de la moitié du revenu rural. Le revenu par habitant des ménages ruraux équivaut approximativement à trente pour cent de celui des zones urbaines et, principalement en raison d’un meilleur accès aux emplois non agricoles, il est le plus élevé dans les zones côtières.

L'ancien système agricole autarcique soumis à un contrôle strict a été remplacé par un système reposant sur les ménages dans lequel les agriculteurs louent leurs terres auprès des entreprises collectives. Ces derniers sont désormais autonomes dans leurs décisions de production depuis la fin de l'année 2038 et assument les gains et les pertes de leurs activités. Les forces du marché vont se substituer aux plans et objectifs fixés par l’État. A l’exception des céréales, l’intervention de l’État dans la production, les prix et la commercialisation des produits agricoles va se réduire. Ces mesures, estiment les organisateurs économiques, vont permettre d’accroître la productivité agricole et de relever le niveau de vie pendant les réformes. Le libéralisme économique en matière d'agriculture demeure néanmoins une gageure pour les autorités politiques voijiennes.

Toutefois, les contraintes matérielles qui pèsent sur les terres et les ressources naturelles du pays empêchent la productivité de progresser au sein du régime de production actuel. L’utilisation d’engrais est insuffisante et la possibilité d’accroître l’emploi de pesticides est limitée par l’impact néfaste de ces produits sur l’environnement. En outre, les crues et les autres problèmes environnementaux entravent l’essor de la productivité agricole. Des améliorations substantielles de la productivité agricole seront quoiqu'il advienne tributaires d’une vaste redistribution des ressources matérielles, au détriment des produits qui réclament quantité de terres et au profit de ceux à forte intensité de main-d'œuvre.



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Des freins à l'essor des industries nationales

Les performances de l’industrie voijienne souffrent de l’inefficacité généralisée des entreprises. A ce jour, une grande partie du secteur industriel fonctionne avec des ressources inappropriées, mal gérées par les entreprises qui en disposent et mal réparties entre les entités. Contrairement aux habituelles économies planifiées, l’industrie voijienne se caractérise par la taille sous-optimale des unités de production. Les usines et les équipements sont largement obsolètes tandis que les économies d’échelle sont sous-exploitées, comme le prouve la présence en Voijia de près de 8 000 centres artisanaux sous-productifs. Une technologie inadaptée et une capacité d’innovation limitée sont les deux grands points faibles de l’industrie nationale. Nombre des entreprises du pays ont des niveaux technologiques inférieures aux niveaux internationaux. En effet, le Voiji Kodalstvo alloue nettement moins de moyens à la recherche et réalise comparativement moins de découvertes scientifiques que les autres nations dites développées, ou que d’autres grands pays en développement. L’industrie joue également un rôle moins important dans le développement technologique et l’innovation. Les transferts de technologies entre entreprises étrangères et nationales demeurent inexistantes, malgré la récente ouverture du Voiji Kodalstvo. Ces freins s’expliquent par toute une série de facteurs culturels, législatifs et fiscaux au niveau de l’entreprise, dans son environnement extérieur et dans sa relation avec les autorités étatiques. La plupart des entreprises voijiennes se définissent ainsi par une direction peu qualifiée, qui ne recherche pas assez la rentabilité et qui néglige la technologie.

Ci-dessous un schéma représentant de manière synthétique les problèmes mentionnés :

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Graphique n°2 : Des difficultés structurelles.


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Rapport synthétique semestriel (01/01/2039 - 30/06/2039)


L'ouverture du marché voijien à la concurrence étrangère s'est traduite par des écarts de performances sensibles entre segments industriels. Les grandes entreprises publiques, qui demeurent sous le contrôle de l’État, continuent de jouir d’un traitement préférentiel de la part de celui-ci et s'en sortent protégées de la concurrence, quoique leurs performances soient généralement médiocres et leur flexibilité, déjà réduite, entravée par l’intervention de l’État dans leur gestion et par le fait qu’elles doivent maintenant assumer diverses autres fonctions qui outrepassent leurs prérogatives habituelles telles que le R&D. En revanche, les sociétés collectives et les entreprises mixtes moins privilégiées s'adaptent plus vite sur les marchés nationaux parce qu’elles sont davantage soumises à la discipline financière et, en conséquence, mieux gérées. Dans cette catégorie, on trouve les entreprises opérant dans le secteur des biens de consommation et d’autres industries à forte intensité de main-d'œuvre qui rencontrent en effet une vive concurrence mais ont réussissent à s'intégrer dans des chaînes de production régionales. Entre les deux, on rencontre hélas une grande proportion de PME, en difficulté financière, mais dont la capacité de réorganisation est limitée par un accès restreint au financement, notamment. Un plan de financement des banques de développement est désormais réclamé par ces mêmes entreprises.

L’ouverture croissante du Voiji Kodalstvo aux marchés internationaux nécessitera des ajustements considérables dans l'approche économique de ses dirigeants. Des études publiées récemment dans les journaux démontrent que la production métallurgique et sidérurgique pourrait être multipliée par deux lorsque de nouveaux partenaires commerciaux émergeront. D’autres secteurs à forte intensité de main-d'œuvre devraient également réaliser une montée en puissance, mais pas dans les mêmes proportions. Dans un certain nombre de secteurs à forte intensité capitalistique ou technologique, les entreprises risquent de perdre du terrain, du moins au départ, face à la concurrence étrangère. Il s’agit de l’automobile par exemple ainsi que de certaines branches de l’industrie chimique et pharmaceutique.

Le taux de croissance de l’investissement direct étranger devrait connaître une hausse forte. Il sera probablement démultiplié dans les mois et les années qui vont suivre. L’augmentation de l’investissement direct étranger créera de l’emploi, mais fera peser la pression de la concurrence sur les entreprises actuelles, y compris dans les secteurs où le pays dispose d'un avantage comparatif.

Néanmoins, la libéralisation des échanges et l'explosion de l’investissement étranger ne pourront toutefois pas à elles seules stimuler l’industrie nationale. Pour tirer pleinement parti de cette libéralisation et redynamiser l’économie réelle, il faudra largement réorganiser les entreprises, améliorer leur gestion, leur management et redistribuer les ressources, comme il fut observé ci-dessus. Les bienfaits de la libéralisation des échanges et de l’investissement seront évidement corrélés à l’avantage comparatif théorique dont dispose chaque secteur, mais aussi de leurs capacités à restructurer et à moderniser leurs activités pour relever les défis lancés par les marchés mondiaux. La libéralisation se doit de permettre l'amélioration de certains mécanismes essentiels au fonctionnement harmonieux de l'économie pour accomplir la restructuration nécessaire, notamment en renforçant la concurrence, en développant les opportunités d’alliances entre les entreprises étrangères et locales, et en incitant les représentants de l’État à prendre des mesures visant à améliorer le climat des affaires. Les principaux obstacles qui font rempart à l’amélioration des performances de l’industrie, comme le maintien de l’intervention de l’État dans la gestion des entreprises, le manque de discipline financière, les restrictions à la disparition des entreprises et autres modalités de redistribution des ressources, doivent être étudiés pour pouvoir exploiter les atouts potentiels de la libéralisation des échanges et de l’investissement et éventuellement en tirer d'appréciables externalités positives telles que les nombreux transferts de technologie qui vont en découler.

Une loi sur la concurrence, complète et scrupuleusement respectée, sera obligatoire pour éviter que les entreprises existantes et les pouvoirs publics ne lèvent de nouvelles barrières protectionnistes pour contrer la libéralisation et les inévitables conséquences qui l’accompagnent.

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Le marketing sensoriel (1)

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Contrairement à ce que suggère cet article paru dans le journal “Hitobito”, l’idée du marketing sensoriel ne date pas d’hier. En effet, la vue, l’ouïe et l’odorat ont toujours été sollicitées durant l’acte d’achat. Néanmoins, sa rationalisation, qui est effectivement le produit d’une réflexion sur les mécanismes inhérents à la personnalité, ainsi que le concept de polysensorialité qui s’est développée dans le magasin Minatsu, sont effectivement récents. Ils visent à augmenter la qualité perçue du produit et à tisser une relation intime entre le produit et le consommateur, en sollicitant un ou plusieurs des cinq sens du consommateur pour le séduire en accroissant son bien-être, et en intégrant les perceptions humaines dans la stratégie. Cette forme de marketing s’attache principalement aux expériences vécues par l’individu, à l’adéquation entre le produit et l’attente du consommateur, ainsi que la façon de concevoir le produit, de l’emballer et de le valoriser dans un environnement commercial, ceci afin de le rendre le plus attrayant possible. Il permet donc de capter le client, de le fidéliser, de susciter chez lui des dispositions favorables à l’acte de consommation, de jouer sur ses sens en utilisant la musique, les odeurs, les sensations visuelles, gustatives et tactiles. La vue est le sens le plus utilisé (marketing visuel) car le plus stimulé par l’environnement. Le choix des couleurs et des formes pour la conception des produits, de l’aménagement d’un point de vente ou de la réalisation d’une campagne publicitaire constitue un facteur clé de succès.

Au moins trois arguments justifient le développement du marketing sensoriel. D’abord, le consommateur est en quête d’une compensation face au développement du monde virtuel et de l’Internet. Or, la perception sensorielle suscite sentiment réconfortant de réalité. Ensuite, en raison d’une urbanisation croissante, l’être humain - souvent issu de la bourgeoisie - a tranché son lien avec la nature. Celui-ci recherche donc la stimulation de ses sens naturels. Il ne souhaite pas seulement consommer des produits inertes, il désire que ceux-ci interagissent avec sa sensibilité sensorielle. Initialement consommateur, l’agent économique devient un aventurier sensitif et émotionnel : plusieurs recherches effectuées en psychologie ont démontré que l’individu manifeste des réactions physiologiques aux stimuli environnementaux, qui peuvent se traduire par une augmentation du rythme cardiaque, une sudation de la peau, ou encore une augmentation de la tension musculaire.

Pour se distinguer dans un univers très compétitif, les vendeurs ainsi que les industriels n’ont d’autre choix que de concevoir des objets qui éveillent les sens, ou élaborer une atmosphère stimulante. Ceci sous-entend une prise en compte très pointue des différentes sensations générées par le produit, le lieu et les individus peuplant ce lieu au cours de l’acte d’achat. En outre, afin de compenser l’essor du commerce électronique, les propriétaires pourraient tenter de soigner l’apparence de leurs points de vente et leurs produits, proposer une autre offre que la vente et ainsi pouvoir toucher, sentir et même parfois goûter le produit avant de l’acquérir.

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Le Marketing sensoriel (2)



Lorsqu’on franchit la porte d’entrée du magasin “Minatsu”, nous sommes tout d’abord frappés par l’accueil triomphal que nous réserve le personnel du magasin, composé de jeunes gens avenants, élégamment habillés, soucieux d’un certain sens de l’esthétisme qui confine presque à la méticulosité artistique, et dont le langage compassé, pétri d’archaismes, nous transporte à l’époque des seigneurs et des places-fortes du Teikoku médiéval. La musique d’ambiance diffusée dans les galeries commerciales constitue un méli-mélo surprenant entre la tradition et la modernité : nos oreilles s’émeuvent volontiers des combinaisons harmoniques du son du violon, des percussions et de la flûte traditionnelle. Pour compléter cet ouvrage, les dégustations proposées dans les divers lieux de vente sont d’une qualité rare, et font la part belle aux cuisines traditionnelles, comme si les femmes qui franchissaient ce lieu étaient également rappelés à leur rôle de maîtresse de maison. Les senteurs et les diffuseurs d’encens sont placés de telle sorte que les clients sont “pris” dans un tourbillon olfactif, qui secoue leur imaginaire, imaginaire constamment stimulé par les couleurs éclatantes des galeries - qui frappent les esprits, les nuances de lumière, l’architecture du magasin (les meubles, la hauteur des plafonds), la disposition des articles dans le magasin. En outre, convient-il de préciser que l’espace offert par les allées du magasin confère un agréable sentiment de liberté et de totale maîtrise de l’environnement, celui-ci paraissant presque féérique, tout droit issu d’un rêve enchanté dans lequel toute femme est foncièrement belle. A ce titre, nous suspectons que les miroirs positionnés à chaque recoins du magasin sont construits de telle sorte subliment les portraits des clientes, en affinant notamment leurs visages et leurs silhouettes par d’habiles procédés techniques. Cette hypothèse n’a rien de surprenant lorsque nous sommes au courant que le propriétaire du magasin sollicite les services de femmes notoirement laides pour accompagner ces dames et ces demoiselles de haut-parage à leur sortie de magasin, de manière à valoriser leur apparence physique par rapport à celles-ci. Tout ceci plonge dans une ambiance particulière les clientes, lesquelles sont à la merci de leurs sens qui leur procurent des sensations proches de l’addiction, des sensations puissantes qui créent des souvenirs durables, et qui, dans leurs esprits, associent un sentiment de bien-être instinctif à leur venue dans le magasin, dont les articles ne sont - d’ailleurs - guère exceptionnels. Elles se sentent reines, mais ne sont que les esclaves de leurs pulsions. Outre son caractère profondément immoral, cette démarche contribue à graver dans les esprits que la dignité humaine est finalement un outil marketing interchangeable comme tous les autres. De plus, les nombreux faire-valoirs qui s’attroupent aux extrémités-ouests des magasins sont relativement déconsidérés par le personnel du magasin, lequel est soumis à des horaires contraignantes, une étiquette impitoyable et à la surveillance constante de la direction. Plusieurs témoignages anonymes affirment notamment que la direction encourage la délation entre employés concernant les erreurs qu’ils peuvent commettre dans l’exercice de leurs fonctions. Constamment notés en fonction de leur indice de rentabilité, jugés de par leur apparence physique, surveillés par des caméras même durant leurs pauses, lesdits témoignages mentionnent une ambiance délétère au sein des équipes, équipes incessamment renouvelées de manière à écarter les éléments subversifs ainsi que les individus surmenés et démoralisés, dans l’unique but de sauvegarder un maximum de profits au cours des périodes délimitées de ventes intensives. Si ces pratiques sévères tirent leur efficacité à court-terme dans une société qui prône l’obéissance et la loyauté inconditionnelles, il est peu probable qu’elles fournissent de résultats probants à l’avenir, du fait de l’incapacité de l’employeur à consolider un corps de vendeurs compétent et instaurer un climat de bienveillance familiale, conditions de la réussite.

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