CULTURE | La vie en Ubwani

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Jose-Christ
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Message par Jose-Christ »

La vie en Ubwani
Bophelo ka Ubwani | Life in Ubwani



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Jose-Christ
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Re: CULTURE | La vie en Ubwani

Message par Jose-Christ »

Le rituel de l'Incwala



L’Incwala est le principal rituel de la royauté dans le royaume d’Ubwani. Il s'agit d'un événement national qui a lieu au moment des premières récoltes de l’année, entre décembre et janvier. Quand il n'y a pas de roi, il n'y a pas d'Incwala. L’Incwala se déroule sur une période d'environ un mois, commençant par le petit incwala, suivi de lusekwane, et aboutissant au grand incwala.
Le rituel incwala est contrôlé par des prêtres nationaux connus sous le nom de Bemanti (les gens de l'eau) car ils vont chercher de l'eau de mer pour « renforcer » le roi. Certains chefs peuvent ne pas assister à l'incwala car ils sont considérés comme trop puissants et que leur personnalité pourrait occulter celle du roi et le blesser. Par leur exclusion, ils acceptent la suprématie du Kgosi. La population ubwa paysane, la majorité des participants, arrive dirigés par leur chef ou son représentant.
Le devoir d'organiser toute la cérémonie, de veiller à ce qu'elle se déroule à la bonne date, de préparer les ustensiles, de fournir les ingrédients nécessaires et d'informer la nation incombe aux gouverneurs des villages royaux.

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Le Kgosi Mlungisi II, lors des festivités de l'Incwala en 2042.

Le voyage des Bemanti

Au tout début, les Bemanti partent avec des vases sacrés vers la mer au nord au pays, et un autre groupe vers les côtes du sud de l’île. Le départ est une occasion de grandes fêtes. Lorsque les Bemanti rencontrent des villages ubwas pendant le voyage, ils « pillent » les paysans. Les butins récoltés sont très légers : une épingle, un bracelet en herbe, une petite pièce de monnaie, une bière ou toute autre bagatelle peut être offerte. Toute tendance à imposer des butins exorbitants, comme un nouveau chapeau ou une nouvelle veste est déconseillée pour les Bemanti. Si un homme n'a pas de petit objet avec lui, il pourra plus tard apporter un butin pour la première offrande. Partout où ils vont, les Bemanti sont traités avec le plus grand respect. Dans chaque maison où ils dorment, une bête est tuée. Pour les ubwas qui vivent dans des régions périphériques, leur visite est un signe que les récoltes seront bonnes cette année, et les chefs donnent souvent de l'argent pour voir le passage des Bemanti dans leur village car ils sont désireux de montrer leur fidélité au Kgosi.


Le Petit Incwala

Après leur voyage sacré, les Bemanti viennent à Nkwalini, la capitale royale. Le Kgosi et les Bemanti se rencontrent. De la bière spéciale a été brassée dans l'enceinte du palais de la reine mère, et elle est distribuée aux chefs tribaux présents. Les chefs tribaux portent une robe traditionnelle qui ressemble à une tenue de guerre, mais à l'Incwala, les hommes ne peuvent porter que des bâtons simples au lieu de lances et de gourdins (bien que ceux-ci soient parfois cachés derrière leurs boucliers). La restriction sur les armes dangereuses est édictée pour se prémunir contre la possibilité que des combats éclatent, car l'excitation est élevée. Les anciens combattants chantent lentement le premier des chants sacrés connus sous le nom de « chant de la main ».
Les femmes passent par l'entrée du bétail pour se joindre au chant et à la danse. Les épouses du Kgosi se tiennent par ordre d'ancienneté à l'avant en face des chefs tribaux et des Bemanti. Derrière elles se trouvent la reine mère avec ses serviteurs. Les chants sacrés du Petit Incwala sont suivis par un certain nombre de chansons solennelles, qui sont riches en allusions historiques et préceptes moraux. La fin est marquée par l'hymne national des ubwas. Une période intermédiaire suit pendant environ 15 jours dans différentes résidences royales du pays où des chants incwala sont chantés.

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Les femmes du Kgosi chantants des chants sacrés de l'Incwala.

Le Lusekwane

Le Lusekwane marque le début du grand incwala. C'est là que les jeunes hommes vont chercher le lusekwane, l'arbre sacré, une espèce d'acacia qui pousse quelque peu clairsemée dans quelques zones d’Ubwani, principalement près des côtes. Seuls les jeunes purs peuvent aller chercher le lusekwane. En effet, les ubwas disent que l'arbre a été fait expressément pour distinguer les « impurs » des « purs », une distinction qui est établie entre les hommes « qui ont dépensé leurs forces dans les enfants » et les jeunes qui, bien qu'ils aient eu des relations amoureuses, n'ont fait tomber aucune femme enceinte. Les arbres sacrés sont utilisés pour construire une enceinte sacrée pour l'événement principal. Le lusekwane est coupé, la nuit en présence de la lune et ramené le matin à la capitale royale. Après le retour des jeunes guerriers, ils ramassent l'imbondvo, les feuilles d'un arbuste qui pousse près de la capitale. Une enceinte sacrée (inhlambelo) est construite avec le lusekwane et l'imbondvo.
Cette journée est marquée notamment par les combats du taureau appelé « umdvutjulwa ». La bête doit être prise entre les mains des jeunes qui sont allés chercher l'arbre sacré. Attraper le taureau à mains nues est une épreuve de force et un test de pureté.

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Jeunes ubwas ayant rapporté de lusekwane à Nkwalini.

Le Grand Incwala

Après lusekwane, c'est le grand jour où la fin des festivités de l’Incwala est marquée. Ce jour-là, le Kgosi apparaît dans toute sa splendeur. Seuls des chants sacrés incwala sont chantés ce jour-là. Deux chants sont entendus, le « chant de la berceuse des garçons » alors qu'ils conduisent les taureaux dans l'inhlambelo et un « chant de haine des hommes et des femmes ».
Le lendemain, il y a une restriction sur ce que les gens peuvent faire, et le Kgosi reste isolé dans l'enceinte sacrée. Les chefs tribaux ne peuvent pas serrer la main ou se livrer à des activités sexuelles. Le Kgosi ne peut voir que ses épouses rituelles.
Le dernier jour d'incwala est un jour de purification où tout le matériel dont on n'a plus besoin est brûlé. Parmi ceux-ci figurent les restes des undvutjulwa, les ustensiles et les butins collectés par les Bemanti. Les guerrières et les femmes entrent dans linhlambelo et chantent et dansent. Le dernier jour de l'Incwala se termine par des festins et des réjouissances.
Un dernier service reste à effectuer pour les chefs tribaux : le désherbage des champs. Tôt le lendemain matin, les guerriers se rassemblent, chantent et partent pour le plus grand champs de maïs de la reine mère. Il faut généralement quelques jours pour les désherber, puis ils reviennent lentement dans leurs villages.
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Jose-Christ
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Re: CULTURE | La vie en Ubwani

Message par Jose-Christ »

Le « Motjeko oa baroetsana »



Le « Motjeko oa baroetsana », ou « danse des Vierges », est sans doute la cérémonie traditionnelle la plus connue et la plus importante d’Ubwani. La fête à lieue la dernière semaine d’août, à Nkwalini (capitale royale) et dure huit jours. Durant ces huit jours de festivités traditionnelles et rituelles, les jeunes filles du royaume (entre 40 000 et 60 000 participantes âgées de 8 à 22 ans) se rassemblent pour célébrer le Kgosi (roi) d’Ubwani, pour lui montrer leur loyauté et avoir l’occasion d’être choisie comme nouvelle épouse royale. Ces jeunes filles dansent vêtues de tenues traditionnelles aux couleurs vives, et la virginité est une condition préalable à la participation. De plus en plus contesté, notamment par les populations d’origine dytolienne, la cérémonie continuent d’^tre très suivie et reste le moment fédérateur du peuple ubwa, et la famille royale justifie désormais la cérémonie comme effort pour lutter contre le VIH qui touche près d’un tiers de la population (en encourageant à l’abstinence sexuelle des jeunes filles).

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Jeunes filles dansant au Motjeko oa baroestana.

L'Umchwaso

La première étape du Motjeko oa baroetsana est l’Umchwasho, à l’origine un rituel d’abstinence décrété par le Kgosi pouvant durer de plusieurs mois à plusieurs années. Aujourd’hui, l’Umchwasho ne dure plus que 5 à 6 jours. Les femmes non mariées n’ont pas le droit pendant cette période d’avoir de relations sexuelles et doivent revêtir des colliers et costumes traditionnelles, en laine colorées. Les jeunes filles sont séparées en plusieurs groupes d’âges, celles de moins de 18 ans portent des colliers bleus et jaunes et n’ont pas le droit d’entrer en contact avec des hommes, tandis que celles de plus de 18 ans portent un collier rouge et noir et peuvent entrer en contact avec des hommes, sans pour autant avoir de relations sexuelles. Celles qui enfreignent l’Umchwasho sont condamnées par leur chef de village à payer une amende (souvent une chèvre ou une vache). A la fin de l’Umchwasho, les jeunes filles brûlent leurs colliers en signe de la fin de la période d’abstinence sexuelle.
Encore aujourd’hui, dans certaines régions reculées, des femmes portent des colliers d’Umchwasho et pratiquent elles-mêmes l’abstinence, souvent à la suite de la mort de leur mari ou d’un enfant.


L'arrivée des jeunes filles à Nkwalini

Le premier jour, les filles se rassemblent au village royal de la Reine mère à Nkwalini, et se regroupent par chefferies afin d’être enregistrées par la sécurité royale. Bien que non obligatoire, la non-participation des jeunes filles à la Motjeko oa baroestana est souvent mal vue et parfois même taxée d’une amende par les chefs de village. Pour un chef tribal, envoyer plusieurs jeunes filles au Motjeko oa baroestana est un signe de fidélité au roi et de puissance. Les jeunes filles sont supervisées par des agents royaux, et dorment dans des huttes installées spécialement, bien que lors des années de grandes affluences, des salles de classe des écoles voisines peuvent être réquisitionnées.

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Jeunes filles en tenues traditionnelles.

La collecte des roseaux

Le deuxième jour, les jeunes filles sont séparées en groupes d’âges (8-13 ans et 14-22 ans). L’après-midi, elles marchent vers les roselières encadrées par les agents royaux, un voyage de plusieurs dizaines de kilomètres. Une fois les roselières atteint, souvent à la tombée de la nuit, elles dorment dans des tentes fournies par la famille royale (bien que beaucoup dorment à la belle étoile).
La troisième journée est consacrée à la collecte des roseaux : chaque jeune fille doit couper entre 10 et 20 roseaux, les plus grands possibles, à l’aide de longs couteaux. Puis elles rentrent au village royal le lendemain avant d’avoir une ultime journée de repos pour préparer leurs parures rituelles.

Le sixième jour, les jeunes filles défilent par groupe pour déposer les roseaux à l’extérieur des quartiers de la Reine mère puis se dirigent vers l’arène principale où danses et chants traditionnels s’enchaînent, sous les yeux de la Reine mère. Les jeunes filles sont vêtues de costumes traditionnels, jupes courtes aux couleurs vives, parfois perlées, et écharpes en laine, seins nus. Ces danses et chants célèbrent l’unification des femmes du royaume.

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Jeunes filles revenant de la collecte des roseaux.

Les festivités du Motjeko oa baroestana


Le septième jour est le grand moment du Motjeko oa baroetsana, en présence du kgosi. Chaque groupe de jeunes filles danse tour à tour devant lui. La veille, la Reine mère reste en retrait des danses, mais le Kgosi lui n’hésite pas à participer lui-même aux danses rituelles. Le Kgosi ayant de très nombreux descendants, au vu de ses nombreuses épouses et liaisons non-officielles, les jeunes filles faisant parti de sa descendance présentes dans les participantes ou dans la foule portent une couronne de plumes, le nombre de plumes indiquant la proximité de la parenté avec le roi. Chaque jeune fille apporte également un roseau, souvent le plus long qu’elles ont récolté, et le dépose à l’approche du roi.
Pendant la cérémonie, le roi (avec l’aide de la Reine mère et sa famille) choisit 365 filles qui habiteront dans une aile du palais royal pendant l’année à suivre. Parmi ces 365 jeunes filles, le roi peut choisir une nouvelle épouse, ce qu’il ne fait pas systématiquement. Cependant, il dispose sexuellement des 365 jeunes filles choisies pour l’année à suivre.

Le huitième jour est le jour rituel de la fin du Motjeko oa baroetsana : les jeunes filles choisies par le roi sont préparées à la prochaine année à venir, et les autres brûlent leur colliers et bracelets, ainsi que les roseaux récoltés, dans d’ultimes danses traditionnelles. La cérémonie se continue souvent quelques jours après, au retour au village.

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Rassemblement lors du 7e jour de Motjeko oa baroetsana.
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