Chroniques Historiques de Flavie

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Alexandre
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N°1 - Septembre 2041


Louis XVI : l'homme qui donna à la Flavie ses frontières définitives ?

Le Grand-Duché d'Aurora : les origines de la Flavie insulaire


On se demande souvent pourquoi la Flavie possède un bout de son territoire sur l'île d'Aurora. L'explication, historique, permet à Louis XVI, Roi de Flavie, de bénéficier de l'image de celui qui donna à la Flavie ses frontières définitives à la fin du XVe siècle. Mais est-ce vraiment le cas ? Retour sur l'incroyable histoire de cet appendice flave.


Au XVIe siècle, la Flavie connait une période de prospérité. La Renaissance apporte un développement artistique et culturel au pays avec des nombreux artistes qui s'y installent mais également un important développement économique grâce au commerce. L'État, très puissant sur le plan intérieur, peut compter sur la richesse que lui rapportent les terres et les ports. Car le pays est engagé depuis quelques décennies dans une lente et profonde réforme (qui ne se terminera qu'à la fin du XVIe siècle) visant à mettre fin à la féodalité. Le Roi a désormais son autorité pleine et entière sur tout le Royaume ce qui fait que les fiefs sont désormais non plus des pôles de puissance dépendant d'un seigneur plus ou moins indépendant du Roi, mais des terres accordées par le Roi à un seigneur qui n'en est plus le propriétaire en propre (le Roi peut retirer le fief par exemple et perçoit un impôt dessus et il est possible d'avoir accès à la propriété pour les paysans). Les seigneurs deviennent de simples exploitants fonciers et non plus de riches propriétaires terriens (ils conservent une rente de ces terres, et sont aussi dépossédés de leur pouvoir de faire la guerre, pouvoir regroupé au sein de l'armée qui se professionnalise, ce qui n'empêche pas les plus hauts corps de l'armée d'être occupés par cette même noblesse). L'absolutisme est alors en pleine expansion. La noblesse se spécialise alors en politique. Parallèlement, se développe la propriété. Car si le seigneur reste le représentant du Roi sur son fief, il n'en est plus propriétaire, ce qui permet donc aux paysans et surtout, à une nouvelle couche sociale, les négociants et marchands, d'acheter et de devenir propriétaires sur les terres d'un seigneur (aujourd'hui par exemple, lorsqu'un individu achète un terrain pour construire sa maison, il en est propriétaire, mais il y a toujours un seigneur qui est à la tête du fief sur lequel se trouve ce terrain). Ces marchands-propriétaire exploitent donc les terres et vendent ensuite leurs marchandises (grâce aux ports par exemple). Adelis, la capitale, est alors une claque tournante du commerce. En effet, grâce au fleuve Louxerre qui se jette dans la mer à cet endroit, les marchandises cultivées le long du fleuve plus à l'intérieur des terres (principalement entre Iremis et Adelis, sont acheminées jusqu'au port de la ville et partent ensuite dans le monde entier. Une classe de négociants et d'armateurs fait fortune, d'autant que la Flavie part explorer le monde. Le rayonnement du pays est alors relativement conséquent (on est bien avant la révolution).

A cette époque, la Flavie occupe déjà les frontières actuelles de sa partie continentale, récemment conquises, pacifiées et en cours d'unification avec la fin de l'ère féodale. Face à elle, l'île d'Aurora toute entière est occupée par un seul Etat : la République d'Aurora, république marchande dont les origines remontent aux comptoirs antiques et qui s'est formée au moyen-âge, avant de prospérer. Ce pays de marchands et de négociants qui font fortune est tout aussi prospère et entretient des liens commerciaux avec le Royaume de Flavie voisin. Les institutions de la république sont allègrement accaparées par des riches familles qui dirigent aux affaires de l'Etat.

Parmi ces riches familles, la famille Mancini, puissante famille d'armateurs originaire du nord de l'île, connait une véritable expansion à la fin du XVe siècle. Antoine Mancini, patriarche de la famille, dirige les affaires familiales et rêve de régner en maitre sur les institutions et sur la République. Mais il n'est pas le seul à avoir de telles velléités. De nombreuses familles de cette noblesse bourgeoise tentent d'accroitre leur pouvoir. L'influence et l'ambition d'Antoine Mancini effraient les autres marchands et négociants et pour éviter une prise de pouvoir ou un coup d'Etat, Antoine Mancini est arrêté en 1483 et banni de la capitale. Il se réfugie alors sur les terres d'où est originaire la famille, au nord de l'ile, qu'il continuera d'administrer pendant plusieurs années. Mais cet écart forcé des affaires de l'Etat ne plait pas à Mancini qui rêve de prendre sa revanche sur ceux qui l'ont trahi. S'entourant du soutien de plusieurs familles locales de seconde zone, qui ont alors le sentiment d'avoir été abandonnées par la République qui se trouve être une oligarchie depuis bien longtemps déjà (l'ile connait une fracture nord/sud depuis plus d'un demi-siècle), Mancini prépare un coup d'Etat et renverse ses ennemis du pouvoir, les fait exécuter et revient en force en 1487. Pendant près de 10 ans, Antoine Mancini règne enfin en maitre sur la république, qui n'a plus de république que le nom.

Pourtant, dans l'ombre, de nombreux complots se trament pour renverser le traitre qui s'est accaparé tous les pouvoirs. Les grandes familles veulent se venger et il réchappe à plusieurs reprises à des tentatives d'assassinat. La haine contre lui finit par atteindre son paroxysme lorsqu'en 1496, il confie à son fils Laurent la direction des terres du nord de l'île, le berceau de la famille. Cette pratique presque monarchique est particulièrement mal perçue par les grandes familles qui voient là-dedans la création d'un fief et le démentiellement, sinon la dilapidation de la République. Un important soulèvement populaire le chasse du pouvoir début 1497. Arrêté et emprisonné par les grandes familles de retour au pouvoir, le tyran comme il est appelé est jugé pour trahison et condamné à mort.

Apprenant cela, Laurent, le fils d'Antoine, décide de ne pas se soumettre à la république restaurée et maintient le nord de l'île sous son pouvoir. La république fait alors marcher une armée pour soumettre le nord. Craignant de perdre son territoire, Laurent décide de soulever la population contre la République. En effet, une fracture a longtemps existé entre le nord, plutôt délaissé par le sud et commerçant avec la Flavie, et le sud, beaucoup plus riche et commerçant aux quatre coins du monde. Laurent s'entoure et parfois soudoie les familles locales pour obtenir leur soutien face à la République et va même jusqu'à demander de l'aide à la voisine flave. Le Roi de Flavie Charles III (1455-1516, r.1485-1516), accepte de soutenir Laurent Mancini contre la République. La Flavie y a un intérêt politique, de voir un état proche d'elle aussi bien politiquement que diplomatiquement s'établir à la place de la république mais aussi un intérêt commercial, comme partenaire privilégié.

Une guerre civile éclate donc entre la république d'un côté et la famille Mancini soutenue par les familles et la population du nord de l'île ainsi que par le Roi de Flavie. L'armée de Flavie écrase celle de la République en quelques semaines et Laurent Mancini proclame alors l'indépendance du nord de l'île et s'autoproclame Grand-Duc d'Aurora en 1497. En reconnaissance, le Grand-Duché devient un protectorat flave et d'importants liens sont mis en place.

Cette nouvelle stabilité va cependant être précaire. En effet, alors que Laurent Ier dirige le Grand-Duché, Charles III considère de plus en plus le pays comme une annexe plus ou moins autonome de la Flavie mais sur laquelle il entend quand même pousser son avantage, considérant que l'effort qu'il a fourni pour l'accès à l'indépendance ainsi que la protection qu'il assure au pays lui en donnent le droit. Des tensions et désaccords apparaissent entre lui et Laurent Ier, qui n'accepte pas de recevoir des consignes et souhaite conserver toute sa souveraineté et son indépendance. En 1516, à la mort de Charles III, Timothé Ier, le nouveau Roi, accepte de laisser plus de liberté au Grand-Duc et un accord est trouvé, notamment en permettant à la Flavie quelques avantages commerciaux et des liens renforcés. Pendant tout son règne, Timothé Ier se désintéresse relativement des affaires du Grand-Duché et les Grands Ducs successifs sont relativement tranquilles pendant cette période. L'équilibre fonctionne jusqu'à ce que Timothé Ier ne meure en 1559.

En effet, à ce moment-là, Laurent II, 3e Grand-Duc d'Aurora après son père Pierre Ier, entend pousser son avantage sur l'ile, alors que la République, que son grand-père avait amputée du nord de l'île en 1497, s'effrite peu à peu. A mesure que l'effondrement de la république se poursuit et qu'elle se replie de plus en plus au sud, Laurent II entend étendre son territoire vers le sud et pourquoi pas, reconquérir toute l'ile à son profit. Cette ambition n'est pas du gout du tout nouveau Roi de Flavie Louis XV, qui entend faire reculer le Grand-Duc. En effet, considérant qu'un conflit engendrerait une déstabilisation de la région, le Roi, qui assure la protection militaire du Grand-Duché, ne souhaite pas engager ses troupes dans ce conflit alors qu'il dépense suffisamment d'argent pour la protection et estime que l'accord conclu avec son père n'est pas assez équitable pour la Flavie, qui n'obtient pas grand-chose à ses yeux de ces sacrifices. La trop grande indépendance à ses yeux des Grands-Ducs d'Aurora et le fait que la Flavie n'ait pas assez d'influence sur ce qu'il considère au moins comme un protectorat autonome, au pire comme un territoire conquis et inféodé à la Flavie, pousse le Roi à vouloir intégrer le Grand-Duché dans le processus de réforme féodale lancée au sein du Royaume, ce qui déplait fortement au Grand-Duc. Les deux souverains vont se livrer une violente dispute politique et commerciale dans les années 1560, qui s'achèvera qu'avec la mort du Grand-Duc en 1570, laissant Louis XV vainqueur. D'autant que Laurent II n'a qu'une fille, Marie-Caroline. Louis XV va alors profiter de son nouvel ascendant sur le Grand-Duché, pour intervenir dans une guerre de succession. En effet, Jean, le frère de Laurent II, réclame le trône du Grand-Duché. Louis XV va alors se servir de son influence pour faire reconnaitre Marie-Caroline comme Grande-Duchesse. Pas particulièrement favorable à une succession cognatique, qui n'existe par ailleurs pas en Flavie, Louis XV soutient la candidature féminine par intérêt, considérant que la jeunesse, l'inexpérience et le sexe de Marie-Caroline feront d'elle une dirigeante influençable et à la botte de la Flavie, permettant de fait de rapprocher encore plus le Grand-Duché du giron flave.

Et Louis XV ne va pas s'arrêter là. Alors que Jean, le frère de Laurent II, réclame toujours le trône, bien que Louis XV ait imposé sa nièce comme Grande-Duchesse, le Roi va alors faire arrêter ce prétendant gênant et le faire enfermer par lettre de cachet à la forteresse d'Iremis. Débarrassé, le Roi songe ensuite à l'avenir et projette de marier la jeune femme avec son propre fils. De cette façon, la succession au Grand-Duché reviendrait aux souverains flaves et le Grand-Duché sera ainsi définitivement rattaché à la Couronne.

Malheureusement, la victoire de Louis XV par la mort de Laurent II en 1570 sera de courte durée et il n'aura pas le temps de mener à bien son projet. Il meurt deux ans plus tard et son fils lui succède sous le nom de Louis XVI. C'est lui qui va achever le processus entrepris par son père. En 1574, il épouse Marie-Caroline et devient de facto Grand-Duc d'Aurora en plus de son titre. Pendant les premières années de son règne cependant, il laisse son épouse administrer son Grand-Duché. Marie-Caroline devient ainsi une figure appréciée de son peuple mais contribue aussi à le rapprocher de celui qui était perçu comme l'envahisseur flave, afin de le faire accepter peu à peu et éviter un soulèvement qui pourrait avoir lieu entre ses enfants et son oncle toujours emprisonné. Elle obtient toutefois de son époux sa libération en 1578 en échange de quoi son époux obtient d'elle qu'elle le bannisse du Grand-Duché ainsi que sa descendance.

Marie-Caroline et Louis XVI vont avoir 5 enfants. En 1581, elle meurt en couches en donnant naissance à son dernier né, à seulement 27 ans. Louis XVI, profondément affecté par la perte de son épouse, restera pour la postérité le Roi veuf (même s'il eut de nombreuses maitresses). Après la mort de son épouse, une petite question de succession se pose quant à savoir si Louis XVI, devenu Grand-Duc de facto par mariage pouvait conserver ce titre comme régnant (du fait qu'en tant qu'homme, son titre supplantait celui de sa femme) ou si son fils, en tant qu'hériter de la Grande-Duchesse légitime, devait lui succéder. L'enfant étant encore mineur, Louis XVI conserve ce titre dans un premier temps comme s'il en était le régent. Mais à la majorité de son fils, il ne le lui donne pas et réinstaure la succession agnatique dans le Duché (afin de le calquer sur la succession au trône de flavie et ainsi s'assurer que le Grand-Duché restera aux Rois de Flavie et qu'une héritière cognatique ne le réclame un jour) des tensions vont naitre entre eux. Louis XVI conservera toutefois le titre jusqu'à sa mort en 1632 et son fils ne l'obtient qu'en même temps que le titre de Roi de Flavie.

Par la suite tous les Rois de Flavie ont été Grand-Duc d'Aurora mais se sont toujours comportés comme s'il s'agissait du même état alors qu'il y avait des lois différentes et que le pays était indépendant. Par conséquent, des conflits sont nés autour de la question l'intégration du territoire et de son indépendance. D'importants mouvements indépendantistes ont été créé dans le Grand-Duché. Ce n'est qu'en 1819, au prétexte de pacifier définitivement la région, que le Roi de Flavie Alexandre Ier, décide d'intégrer le Grand-Duché au Royaume. Mais cette décision fera naitre d'importantes tensions. En effet, les indépendantistes font mener des opérations et des attentats et d'importantes révoltes ont lieu. Elles sont soutenues par Armando Mancini, descendant de Jean, l'oncle emprisonné de la dernière Grande-Duchesse, dont la famille a depuis lors considéré qu'elle a été spoliée de ses biens et possessions par les Rois de Flavie. La famille Mancini, peut retourner sur ses terres pour la première fois depuis 350 ans après avoir été bannie du Grand-Duché. En effet, celui-ci n'existant plus, le bannissement tombe en désuétude et elle peut retourner sur l'île désormais partie intégrante du Royaume de Flavie, où elle avait vécu depuis le bannissement. Ces révoltes sont à l'origine de la révolution de 1820 sur la partie continentale du pays car le peuple de la capitale qui se soulève s'inspirera des émeutes de l'ile contre la tyrannie des rois de Flavie. La révolution écrasée, le successeur d'Alexandre Ier, le Roi Louis XIX commencera un des grands arcs politique qui est encore une question aujourd'hui : l'intégration de l'ile au sein du pays. Pacificateur et modernisateur, Louis XIX sera le véritable artisan de la réconciliation et reste aujourd'hui encore, une des figures de l'histoire de Flavie.

En conclusion, il faut relativiser l'image de celui qui aurait donné à la Flavie ses frontières définitives dont bénéficie Louis XVI pour deux raisons. La première, parce que ce processus a été initié bien avant lui et qu'il n'a fait que poursuivre le dessein de son père, la seconde, parce que le Grand-Duché ne sera vraiment intégré à la Flavie qu'en 1819, lui donnant alors ses frontières définitives, puisqu'il restait indépendant avant, bien qu'il fût gouverné par la même personne pendant près de 350 ans. Précisons pour être tout à fait complet, que Stefano Mancini, l'actuel leader du parti conservateur flave est le descendant de Jean et de Armando Mancini. Enfin, l'histoire de ce Grand-Duché, spolié aux Mancini et des Rois de Flavie se comportant comme si le Grand-Duché était le même pays que la Flavie lorsqu'ils occupaient les deux trônes, un abus qui a conduit à unifier les deux pays en un seul, est l'un des arguments utilisés par les opposants du Roi Alexandre III au Royaume de Northland, qui craignent qu'une fois de plus, les Rois de Flavie ne se comporte dans ce pays comme s'il s'agissait de la Flavie et ne fasse pas la distinction entre leurs deux couronnes.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

Les Grands-Ducs d'Aurora sur la période :
  • 1497-1533 (né 1461 – 72 ans) Laurent Ier, dit le Grand
  • 1533-1537 (né en 1496, 41 ans), fils du précédent, Pierre Ier
  • 1537-1570 (né en 1534, 36 ans), fils du précédent, Laurent II, dit le Long
  • 1570-1581 (née en 1554, 27 ans), fille du précédent, Marie-Caroline
Les Rois de Flavie sur la période :
  • 1485-1516 : Charles III (1455-1516)
  • 1516-1559 : Timothé Ier (1490-1559)
  • 1559-1572 : Louis XV (1517-1572)
  • 1572-1632 : Louis XVI (1549-1632), épouse la Grande Duchesse d'Aurora en 1574

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Alexandre
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N°2 - Mars 2042


L’histoire coloniale de la Flavie au Makengo

Partie 1/7 : Introduction


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Arrivée de Jean de Peybernès auprès de l'Empereur Motiba en 1510.


A partir du XVe siècle, les grandes puissances dytoliennes ont connu un âge d’or des explorations et des découvertes du monde. L’idée de voyager plus loin, à la découverte de nouvelles contrées et d’en rapporter les richesses, est l’une des motivations principales des puissances de l’époque. La Flavie ne fait pas exception à la règle. Dès la fin du XVe siècle, le Roi Charles III (r. 1485-1516) finance une série d’explorations.

A l’époque, le Royaume de Flavie entre dans la modernité. Le Royaume connait un fort développement artistique, culturel et commercial, qui permet à la capitale de devenir un des centres névralgiques de la Cérulée. La période est à la redécouverte de l'antiquité, une période où des explorations du monde connu d’alors, la Cérulée, a conduit des peuples à étendre leurs comptoirs et possessions sur tout son pourtour. C’est donc tout naturellement qu’à l’échelle mondiale, les puissances d’alors entament une période d’extension et d’exploration de leurs empires. Les armateurs et les négociants et autres marchands, sont des figures de plus en plus importantes. Le Royaume est puissant et prospère par son commerce qui lui fait connaître un âge d’or et une période de paix. La déconstruction progressive de la féodalité a fait se stabiliser les frontières du pays. Le contexte est donc favorable aux grandes explorations.

Les premières grandes explorations flaviennes avaient commencé dans les années 1490. Les grandes familles d’armateurs et de négociants de l’époque s’illustrent dans ce développement d’un commerce encore plus lointain. Jean de Peybernès, issue d’une famille d’armateurs de la capitale, amasse une immense fortune. C’est alors qu’en 1498, il est présenté au Roi Charles III par un des principaux Pairs du Royaume, qui avait l’habitude de faire transiter de la marchandise par ses navires. Rêvant d’explorations plus prestigieuses et d’un véritable empire flavien, Charles III voit en Peybernès une excellente occasion de réaliser son objectif et lui confia une exploration financée par l’Etat dès l’année suivante. Plusieurs explorations de ce type suivront entre 1499 et 1506. Pleybernès concentre ses voyages et explorations le long des côtes est-algarbiennes et ouvre ainsi de nouvelles routes vers la ventélie en contournant le cap-Janubie. Il permet également à la Flavie d’ouvrir des routes à l’ouest, en passant par la Dorimanie. C’est ainsi que de nouveaux produits plus exotiques transitent vers la Flavie grâce à l’ouverture de comptoirs et à ses escales dans de nombreux ports du monde. Pleybernès sera notamment l’auteur d’un ouvrage cartographique de référence mais également d’un ouvrage dans lequel il présente les richesses et merveilles qu’il a trouvées dans les ports dans lesquels il fait escale, permettant par la même de référencer les produits exotiques et d’ouvrir la voie à un commerce régulier vers ces destinations.

En 1507, alors qu’il effectue une 5e exploration pour le compte du Roi Charles III, Jean de Peybernès s'aventure pour la première fois dans le golfe d’Ebène et arrive sur la côte algarbienne. C’est ainsi qu’il découvre le Makengo. Mais à son grand étonnement, il trouve un empire structuré dont l’organisation lui rappelle les Royaumes dytoliens. L’Empereur Motiba reçoit sa délégation. En effet, étonnés de voir arriver ces étrangers, blancs, venant des océans et parlant une langue inconnue, les locaux prennent alors les flaviens pour des esprits de l’eau, des êtres envoyés par des Dieux. C’est avec de nombreux cadeaux et quelques makengais, comme autant de témoins des richesses de ce monde nouveau, qu’il revient en Flavie, après son voyage le plus compliqué, en raison de caprices de la mer et de la météo, qui lui fait perdre la moitié de son équipage.

Fasciné par cette découverte et voyant l’avantage énorme qu’il peut en tirer, le Roi Charles III permet à l’explorateur d’effectuer trois autres voyages en 1509 et 1513, non sans l’avoir fait chevalier avant et l’avoir anobli. Au cours de ses voyages, Peybernès emporte avec lui des vêtements, parures, outils, maçons charpentiers et de nombreux objets culturels de la Flavie. Dans son embarcation également, des prêtres, missionnés par le Roi catholique pour emporter la foi et la diffuser dans ce nouveau monde. Il obtient de l’Empereur Motiba à Mza-Mombo de nombreux présents en retour.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°2 - Mars 2042


L’histoire coloniale de la Flavie au Makengo

Partie 2/7 : Le Makengo pré-flavien : des premiers contacts au commerce et à la christianisation (XVIe-XVIIe siècle)


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La christianisation progressive du Makengo commence dès le XVIe siècle.


Durant tout le XVIe siècle, de nombreux échanges politiques, économiques, culturels et religieux se mettent en place avec l’Empire du Makengo. Assez rapidement, les élites makengaises se convertissent au christianisme grâce à l’action des prêtres du Roi. Persuadé de sa mission divine, Charles III veut rapidement convertir les hérétiques. Mais le Roi meurt en 1516 et son fils, Timothé Ier, lui succède sur le trône. Malgré un début de règne marqué par une affaire d’un autre âge (l’affaire des poisons), ces échanges ne s’arrêtèrent pas. En 1523, l’Empereur Motiba disparaît. Le nouvel Empereur, Motiba Tse Pedi (r. 1523-1567), influencé par les échanges avec la Flavie, change même de nom pour prendre un nom et une titulature flavienne. C’est ainsi qu’il reprend le nom du Roi de Flavie et devient Timothé du Makengo, connu sous le titre de Roi Timothé Ier. Le Makengo échange avec la Dytolie, notamment par l’intermédiaire de la Flavie, de nombreuses ressources dont le cuivre, l’or, l’ivoire, les tissus et les peaux d’animaux ou encore les premiers esclaves. Le commerce et les négociants et armateurs flaviens s’enrichissent encore grâce à ces nouveaux horizons. Mais tous les makengais qui viennent sur le continent ne sont pas esclaves. Justin, l’un des fils du Roi Timothé Ier du Makengo, vient notamment étudier la théologie en Flavie sur invitation personnelle du Roi Timothé Ier de Flavie. Il deviendra ainsi le premier évêque noir de l'ère moderne et contribuera à la diffusion du christianisme dans son pays.

Mais à la fin du XVIe siècle et la mort de Timothé II du Makengo (r. 1567-1586), une querelle de succession éclate entre ses descendants. L’empire subit par ailleurs des attaques de peuples venant des monts Tanaiko au nord. Louis XVI, Roi de Flavie à ce moment là (r. 1572-1632), n’entend pas perdre le formidable avantage que représente le Makengo pour la Flavie et le rayonnement de son commerce. Il soutient Augustin, l’un des fils du Roi défunt, et le porte jusqu’au pouvoir grâce notamment à une intervention militaire (qui coûtera la vie à beaucoup d’hommes de l’armée flavienne, mal équipée pour le terrain qu’elle connaît et maîtrise peu d’ailleurs, et qui coûtera très cher à la couronne). Augustin Ier (r. 1586-1603) monte sur le trône. Cependant, les envahisseurs vaincus fondent un royaume au nord du Makengo, qui deviendra rapidement l’un de ses rivaux les plus dangereux et entrera en conflit avec lui.

Le XVIIe siècle est donc marqué par les tensions et les conflits, notamment avec ce voisin rival. La capitale est même gravement saccagée et abandonnée au plus haut pic des affrontements. Justin IV (r. 1646-1662), craignant pour la stabilité de son empire et souhaitant mettre un terme au chaos, décide d’instaurer en 1648 une règle d'alternance entre les deux dynasties et reconstruit la capitale, acte symbolique. Il parvient ainsi à pacifier la situation mais surtout, il s’entoure de ses ennemis à sa cour, un moyen de mieux les contrôler et de garantir une paix en leur donnant une importance de façade. La règle de l’alternance entre les deux dynasties prévoit notamment qu’un souverain de la dynastie pro-flavienne alterne avec un souverain de la dynastie rivale. Mais cette règle marque l’incompréhension du monarque flavien Charles IV (r. 1632-1663). Il faut dire que ce genre de règle n’existe pas en droit princier classique, d’autant que lui est Roi par la Grâce de Dieu et ne comprend pas qu’à ce titre, quelqu'un d’autre que Dieu puisse décider de la succession. A la mort du Roi Junstin IV en 1662, n’acceptant pas d’avoir à composer avec un souverain d’une dynastie rivale (ce qui distendrait les liens avec la Flavie), Charles IV décide de soutenir les descendants du défunt Roi. La règle d’alternance ne fonctionna jamais vraiment dans la pratique. Plus forte, plus puissante, soutenue par la Flavie et profitant du commerce avec la Dytolie, la dynastie de Justin IV gardera le pouvoir après lui.

Durant toute la période (XVIe-XVIIe), le clergé flavien envoie des missions dans tout l’empire et ouvre notamment un collège dans sa capitale pour instruire les élites locales. C’est ainsi que le plus ancien dictionnaire de langue bantoue, de nombreuses cartes et certaines représentations du Makengo de l’époque ont pu voir le jour. Ce développement religieux est d’ailleurs inspecté par l’Archevêque d’Adelis de l’époque, qui lors d’un voyage en 1682, constate dans son carnet de voyage que “la foi fait ici des miracles de progression”.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°2 - Mars 2042


L’histoire coloniale de la Flavie au Makengo

Partie 3/7 : La colonisation flavienne : de l’exploration à la colonisation (XVIIIe siècle)


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L'exploitation du Makengo et de ses richesses par les colons au profit du commerce et de l'enrichissement de la Flavie commence bien avant la colonisation définitive de 1768


Au fil du temps, les souverains flaviens ont à plusieurs reprises échappé de peu de perdre “leur Makengo”. A la fin du XVIIe siècle, et après l’affaire de la règle d’alternance, il devient évident pour Louis XVII (r. 1663-1733), devenu adulte, que la Flavie doit renforcer ses liens avec le Makengo pour ne pas en perdre les richesses. De plus, la Flavie rêve à ce moment là d’un véritable empire colonial et non plus seulement de liens avec des Etats exotiques.

A partir de la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe, si les souverains flaviens soutiennent la dynastie de Justin IV pour lui permettre de rester en place et d’éviter d’avoir à laisser le trone à une dynastie rivale, ils participent en même temps à l’effacement et à l’affaiblissement de cette même dynastie et ses Rois deviennent de plus en plus des pantins du pouvoir flave. C’est ainsi qu’avec le temps, les souverains flaviens vont accroître leur mainmise sur le Makengo et installer progressivement un véritable pouvoir flavien.

Louis XVII commence dès la fin du XVIIe siècle à faire installer des colons, des flaviens volontaires qui partent s’installer au Makengo et qui apporteront la culture et la civilisation à la flavienne avec eux. Ainsi, rapidement, certains textes de lois flaviennes sont progressivement déclarés applicables au Makengo pour permettre d’assurer aux colons une position privilégiée sur les makengais. L’Eglise par ailleurs, instaure une série de principes et de lois qu’elle importe du continent. En 1717, Louis XVII décide, sans prendre la peine de consulter le Roi du Makengo, d’une exploration des terres intérieures par les colons installés sur place. Jusque là, le Makengo était surtout composé d’un ensemble de relations marchandes entre tribus dominées par un ensemble central situé globalement sur le littoral sud. Ces explorations poursuivent un triple objectif : tout d’abord, il s’agit d’étendre les terres du Makengo. La Flavie rêvant d’un véritable empire, elle veut doter ce pays d’un territoire à la mesure des ambitions qu’elle a pour lui. Ensuite, il s’agit de trouver et d’exploiter de nouvelles ressources, le commerce faisant la richesse des colons. Enfin, il s’agit d’unifier le Makengo autour d’un Etat central plus fort. Ce troisième objectif, difficile à réaliser, ne parviendra jamais complètement à être obtenu. Malgré tout, ces explorations dureront tout au long du XVIIIe siècle.

Les souverains successifs vont poursuivre ces oeuvres pendant plus de cinquante ans. Le Makengo acquiert ainsi un territoire bien plus grand et de nombreuses ressources peuvent ainsi être exploitées. Progressivement, les colons flaviens deviennent des chefs d’exploitations tant des ressources minières que de plantations exotiques. C’est ainsi qu’une première forme d’exploitation, qui deviendra progressivement de l'esclavage, se met en place sur le propre sol du Makengo. Les colons commencent par ailleurs à intégrer progressivement les fonctions et les administrations préexistantes, ou prennent le contrôle des administrations nouvellement installées par le pouvoir flavien. Les Rois makengais, effacés, se font alors peu connaître et peu à peu, l’objectif de renforcement des liens se réalise au profit de la Flavie, qui tire de grands bénéfices de l’exploitation qu’elle fait des ressources minières et des plantations. Au milieu du XVIIIe siècle, les colons prennent même le contrôle de l’administration commerciale du pays. Désormais, l’export des marchandises vers la Dytolie et en particulier vers la Flavie (permettant ainsi aux marchandises de transiter notamment par le port d’Adelis de façon encore plus systématique et d’enrichir le port, les négociants, les armateurs, les commerçants, la ville d’Adélis -qui dispose d’une taxe portuaire- et la Flavie. Pas une marchandise n’entre dans le Royaume depuis la mer sans passer par cette porte céruléenne -d’autant que le fleuve Louxerre, qui permet de traverser tout le Royaume depuis le sud vers le nord est un axe fluvial de premier ordre et il se jette à Adelis) n’enrichit plus le Makengo (ou des makengais qui, s’ils ont pu posséder des biens, sont parfois expropriés au profit de colons, surtout les propriétaires terriens) mais les colons eux mêmes et la Flavie indirectement.

Mais il faudra attendre 1768 pour la colonisation définitive du pays arrive. Le dernier descendant légitime de Justin IV meurt sans héritier. Pour éviter qu’une dynastie rivale ne prenne le trône, le Roi de Flavie d’alors décide de coloniser le pays et de fonder ainsi l’empire colonial flavien, permettant au Roi de porter désormais le titre d’Empereur du Makengo.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

[HRP : un grand merci à José pour sa participation]
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