Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

Ventélie 104
Répondre
Avatar de l’utilisateur
Frederick St-Luys
Messages : 732
Inscription : 05 févr. 2020 18:35
NJ : Liang - Kishu
NJ V4 : Liang - Kishu
NJ V3 : Kaldia
Première date d'inscription : 15 mars 2011

Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

Message par Frederick St-Luys »

Image

Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels et historiques du Kishū


Le Kishū est un archipel à l'histoire ancienne, et à la culture riche et subtile, née de la combinaison des influences du continent et des héritages des différentes populations ancestrales néchinésiennes. Si on y trouve certains des éléments hautement formalisés et rationalistes des philosophies traditionnelles liangoises, ceux-ci cohabitent assez harmonieusement avec la religion traditionnelle Kishienne, qui met à l'honneur les aventures des hommes et des nombreux "dieux" (kami) de la terre et de la mer.

Le Pavillon du Lotus Resplendissant est un petit pavillon de bois, un peu à l'écart du gros du palais royal d'Okinoyama, où les enfants de la famille royale kishienne venaient jadis écouter les lettrés, mais aussi les conteurs traditionnels, afin de parfaire leur éducation. Encore aujourd'hui, durant les portes ouvertes annuelles du palais, il accueille les visiteurs, et des compteurs issus du clergé Kishinto honorent cette tradition.

Avatar de l’utilisateur
Frederick St-Luys
Messages : 732
Inscription : 05 févr. 2020 18:35
NJ : Liang - Kishu
NJ V4 : Liang - Kishu
NJ V3 : Kaldia
Première date d'inscription : 15 mars 2011

Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

Message par Frederick St-Luys »

Image

Thèmes: Le jardin traditionnel Kishien ; la cérémonie du thé

Le jardin traditionnel kishien est une création unique, une œuvre d'art vivante, à la fois fierté du propriétaire d'une demeure et invitation à la contemplation. Ses racines remontent à l'antiquité - son inspiration tirée des paysages caractéristiques du Kishū en est la preuve - quoiqu'un apport ventélien continental indéniable a pu contribuer à orienter son évolution durant ses premiers siècles.

En effet, du jardin traditionnel liangois, il reprend le souci systématique de l'harmonie, mais, à la différence de ce dernier, il renonce au strict ordonnancement symétrique, sensé représenter l'autorité de la loi sur l'univers, au profit d'un chaos qui n'est qu'apparence. Car, derrière les paysages d'aspect presque sauvage du jardin kishien - chute d'eau, ruisseaux louvoyants, arbres asymétriques, lanternes dispersées - il y a une idée, celle de l'équilibre émergeant spontanément dans la nature. Et l'homme, le jardinier, participe à cet équilibre, en le reproduisant à petite échelle.

Un élément incontournable de tout jardin traditionnel de quelque importance depuis le moyen-âge kishien est l'installation d'un petit pavillon au milieu du jardin, le chashitsu (茶室), où il est possible de participer à la cérémonie du thé dans des conditions mentales optimales. Cette cérémonie permet alors d'établir, par un acte d'apparence simple et collectif, le lien entre l'harmonie de la nature, et l'harmonie entre les hommes.
    Extrait des mémoires d'Ishija Chōsei, intellectuel et auteur Kishien du début du XXème siècle, propriétaire du Jardin des Trois Gemmes, à Nogusuku

    Avatar de l’utilisateur
    Frederick St-Luys
    Messages : 732
    Inscription : 05 févr. 2020 18:35
    NJ : Liang - Kishu
    NJ V4 : Liang - Kishu
    NJ V3 : Kaldia
    Première date d'inscription : 15 mars 2011

    Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

    Message par Frederick St-Luys »

    Image

    Thèmes: Les divinités Kishinto: Anma Ōchō

    Anma Ōchō ("Le Grand souverain Anma" en Kishien), connu sous le nom d'Enma-O (en Teiko), ou Yama (Yan-Ma, en Liangois), est la divinité Kishinto d'origine bouddhiste, responsable de la mort et de la réincarnation. Représenté généralement sous la forme d'un vieux souverain portant des robes traditionnelles des empereurs liangois, Anma règne initialement sur l'au-delà bouddhiste depuis la ville des ombres, Kagema, et s'est graduellement greffé sur les huit mille trois cent quatre Enfers du folklore Kishinto, dans le cadre de la synthèse bouddhiste-Kishinto. Aidé d'une cour de divinités mineures, de ministres et d'innombrables juges, il préside aux punitions, récompenses et réincarnations des morts. Il aurait notamment absorbé les attributs de certaines divinités Kishinto archaïques, et peut apparaître, en particulier dans les sources plus anciennes, sous forme d'un être à la peau sombre et aux multiples bras, ou encore d'un homme à la tête aux quatre visages, tenant un arc et un crochet.

    Juste mais intraitable, terrifiant mais bienveillant, il est traditionnellement l'un des "protecteurs de la loi bouddhiste" (Dharmapala), chargé d'évaluer l'avancement sur la route de l'illumination. Populaire au-delà des murs des monastères, où il s'intègre pleinement au paysage religieux et folklorique Kishinto, avec de nombreuses histoires le mettant en scène.

    Ainsi, il est dit qu'à la mort du héros et fondateur du grand temple de l'Uchaajinja, Jinzan, durant l'antiquité du Kishū, la déesse Kayo descendit elle-même dans les enfers. Elle tenta de duper Anma afin d'obtenir le retour dans le monde des vivants de l'homme, en intervertissant deux pétitions officielles devant la Cour de la Vie et du Trépas. Grâce à cela, elle obtint du roi des morts le retour de Jinzan, mais, en remarquant au dernier moment la tromperie, Anma fit modifier in extremis l'un des logogrammes de la pétition au nom de Jinzan. Au retour dans le monde des vivants, Kayo fut alors forcée de découvrir que Jinzan était revenu d'entre les morts pour continuer à diriger le temple d'Uchaa... mais dans un corps du sexe opposé. Il est dit que, depuis lors, ce sont des prêtresses qui exercent la primauté du culte dans l'archipel Kishien - et que la déesse Kayo a cessé de tenter de se mêler des affaires d'Anma.

    Plus concrètement, Anma fait l'objet d'un culte secondaire discret mais bien réel - généralement sous forme de chapelles latérales dans des temples dédiés à d'autres divinités. Il est également une figure relativement présente dans la culture populaire contemporaine Kishienne.
      Extrait du Dictionnaire Religieux et Folklorique Kishien, de Moriyama Sadako

      Avatar de l’utilisateur
      Frederick St-Luys
      Messages : 732
      Inscription : 05 févr. 2020 18:35
      NJ : Liang - Kishu
      NJ V4 : Liang - Kishu
      NJ V3 : Kaldia
      Première date d'inscription : 15 mars 2011

      Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

      Message par Frederick St-Luys »

      Thèmes: La noblesse Kishienne

      Le voyageur liangois sera surpris et intéressé de découvrir l'existence au Kishū de plusieurs aristocraties, aux caractéristiques et histoires très différentes. La Noblesse du Kishū se répartit en quatre classes, d'ancienneté, d'origine et d'importance variables. Toutes les quatre sont représentées au sein de la Chambre de la Noblesse du Parlement Kishien.

      Image
      Kuge en habitat traditionnel


      Les Kuge (公家)

      Les Kuge forment la noblesse de cour, qui tire traditionnellement ses origines des premiers chefs et généraux de l'entourage des rois de Kino, qui avaient assisté les souverains de Kino dans l'unification de Kiyano, l'île principale du Kishū. Graduellement, ils se sont mutés en une classe de riches propriétaires terriens du centre de Kiyano, au sein de laquelle se mariait la famille royale, et qui pourvoyait également de nombreuses filles pour le service religieux. Traditionnellement, les plus hautes fonctions cérémonielles et officielles leur revenaient, et ils ont largement intégré le paysage des affaires au moment de la modernisation du Kishū.
      Encore de nos jours, ils font partie des groupes sociaux dominants du pays, ayant su survivre et évoluer au fil des siècles. Contrairement à ce que certains pourraient croire, leur endogamie n'est pas absolue: il est très coutumier d'adopter des enfants pour poursuivre ou étendre une lignée, et l'extinction d'une famille rarissime.

      Les principales famille Kuge se répartissent en neuf rangs, eux-mêmes divisés en trois catégories:
      Les familles des Trois Rangs Exaltés, qui comprennent notamment les clans suivants: clan royal Hirai (lui-même divisé entre les Trois Maisons des Hirai), Clan Asano, Clan Mitsujo, Clan Yaetsuki, Clan Tochaira, Clan Naegusuku, Clan Tochai, Clan Kuwanogu
      Les familles des Trois Rangs Illustres, qui comprennent notamment les clans suivants: Clan Uchiyama, Clan Kano, Clan Matsunoe, Clan Nobe
      Les familles des Trois Nobles Rangs, qui comprennent notamment les clans suivants: Clan Rokoku, Clan Uchanoru, Clan Yakanai, Clan Wakayo, Clan Kunare, Clan Nakatsuji.

      Image
      Bureaucrates-lettrés portant des robes traditionnelles directement inspirées des modèles de la dynastie liangoise des Wei


      Les bureaucrates-lettrés (官)

      Les bureaucrate-lettrés ("Kan") constituent l'élite administrative du royaume du Kishū durant tout le moyen-âge, et ont leur origine parmi les familles liangoises implantées à Shikki, le principal port du pays, depuis le Xème siècle. Riches et influentes, elles ont longtemps contrôlé la justice et la fiscalité du pays, mais aussi constitué la locotomive de l'intégration culturelle du Kishū dans le paysage culturel ventélien. Les principaux monastères bouddhistes furent édifiés par des rejetons des lignées Kan ou par leurs protégés, de même que l'Académie Royale d'Azaikyo fut leur création.
      A partir de la modernisation du pays, les bureaucrate-lettrés entrèrent également massivement dans le paysage des sciences et des arts, et continuent de représenter à bien des égards l'élite intellectuelle du pays. Leurs liens avec le Liang demeurent, certains rares et prestigieux clans continuant même de parler une variante du liangois médiéval en famille, tandis que beaucoup d'autres possèdent des attaches familiales dans les provinces de Yan et Zhongzhou au Liang.

      Les principales familles Kan sont les clans Cao/Sō, Yue/Etsu et Ma/Uma. De nombreuses autres familles existent, mais elles sont bien plus atomisées que les vastes clans structurés de la noblesse d'origine indigène.

      Image
      Un chef traditionnel de Tsugari, en habit de cour


      Les chefs traditionnels (首領)

      Les chefs traditionnels ("Shuryō") forment numériquement la plus grande portion de la noblesse, même si à l'époque contemporaine leur mode de vie ne diffère souvent guère de celui du kishien moyen. Ils étaient originellement les chefs coutumiers des villages des régions montagneuses et reculées du nord de Kiyano, tout particulièrement de la minorité ethnique des Yumishi, qui existe encore dans les districts ruraux de Kuromo et Tarama. Dans les îles des archipels reculés, comme Yakagi, Tashiro, et évidemment Tsugari, ils formaient également les élites des chefferies locales au moment de leur satellisation par la cour Kino de Kiyano, et de la formation du royaume du Kishū. Utiles comme relais du pouvoir d'Azaikyo dans ces zones généralement assez pauvres et peu accessibles, ils se sont progressivement mués en une classe de petits propriétaires terriens et d'hommes forts locaux sur lesquels le pouvoir royal s'est appuyé afin de contrôler les éléments les plus turbulents de la noblesse Kuge, et en particulier les rivaux au sein même du clan royal Hirai.
      A l'époque contemporaine, les chefs traditionnels se sont largement fondus dans la population générale, même s'ils effectuent encore souvent des tâches cérémonielles. Leur représentation spécifique dans la Chambre de la Noblesse permet aussi de renforcer la représentation des territoires démographiquement et économiquement les plus faibles, et d'assurer que ceux-ci aient une voix au chapitre. A Tsugari en particulier, ils sont souvent à la tête de parentèles très étendues, et continuent de faire office d'arbitres informels des petites disputes locales.

      Les principales parentèles dotées de Shuryō à Tsugari sont les familles Yuki, Ameyo, Narae et Hankai.

      Image
      Le daimyo Kitanobu Kagetsugu (1874-1957), en habit traditionnel.


      Les daimyos du sud (大名)

      Les daimyos ("grands propriétaires terriens" en teiko) étaient des nobles immigrants Teiko, qui, accompagnés de leurs bushi (samuraïs), domestiques et paysans s'installèrent à partir des années 1500 dans la plaine à l'invitation des rois du Kishū, qui cherchaient à la fois à renforcer leurs moyens militaires, et à repeupler la plaine de Yoroka après son dépeuplement durant la destruction de la rébellion du clan Kuge des Myoji. Les immigrants faisaient partie de clans secondaires du Teikoku, ou comprenaient des cadets sans espoir d'héritage, prêts à refaire leur vie.
      Après cinq siècles de présence, ils se sont largement fondus dans la population générale, et ont participé au mouvement d'assimilation partielle du Kishū dans la sphère culturelle Teiko. Ils sont cependant largement restés fidèles à leurs traditions, notamment à un code de l'honneur rigide, à une tradition martiale se traduit par une surreprésentation dans les forces armées, et à l'application de la primogéniture masculine, là où par contraste les femmes disposent de droits égaux à ceux des hommes dans les familles nobles d'origine purement locale.

      Les principaux clans de la classe des daimyos sont les Matsutora, Yamazoji, Asae, Kitanobu et Matsubana.
        Extrait du Guide Historique et Culturel du Voyageur - Kishū, de Shu Yuanjin, 2018, éditions Gaoqing, Jizhou

        Avatar de l’utilisateur
        Frederick St-Luys
        Messages : 732
        Inscription : 05 févr. 2020 18:35
        NJ : Liang - Kishu
        NJ V4 : Liang - Kishu
        NJ V3 : Kaldia
        Première date d'inscription : 15 mars 2011

        Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

        Message par Frederick St-Luys »

        Image

        Thèmes: Les divinités Kishinto: Tamanten

        Tamanten ("Celui qui écoute les enseignements" en Kishien), connu sous le nom de Bishamonten (en Teiko), ou Bishamen Tian (en Liangois), est la divinité Kishinto d'origine bouddhiste. C'est un dieu complexe: divinité de guerre et de combat, il est également le protecteur des lieux saints bouddhistes et des gens de foi, et l'un des Sept Dieux du Bonheur (七福神), une amalgamation typiquement néchinésienne de plusieurs divinités associées à la chance et au bonheur. Dans la tradition de ses racines Janubiennes, il est considéré comme le roi d'un quart de la Terre. Au Kishū au particulier, il est le protecteur des grands monastères bouddhistes, en particulier des trois plus anciens, l'Arakan Dai-ji, le Sonno-ji et le Sanyama-ji.

        Divinité féroce et martiale, représenté en armure et tenant une lance et une pagode, Tamanten est également un dieu noble, et l'idéal des soldats et guerriers kishiens depuis le début du moyen-âge, où il remplace et agglomère les fonctions de plusieurs kami antérieurs, notamment le Dieu-Loup Okami de Yuruga, et le mystérieux kami à tête de crâne Akuzuke, autrefois vénéré dans le royaume dans le royaume de Yono, dans l'est de l'île de Kiyano. Les philologues voient dans la légende de Tamanten domptant un loup menaçant le Bouddha pour en faire pour la première fois un chien un héritage symbolique de ce conflit.

        Le nouveau dieu assure une fonction d'exemplarité, et illustre la compatibilité entre les idéaux bouddhistes et le mode de vie martial. Tamanten est également une divinité très importante pour les moines-guerriers ("Sakutta") bouddhistes, qui jouèrent un rôle important durant la guerre des Myoji au XIIIème siècle. Ces moines se tatouaient la pagode et la lance chaque le dos de main, se plaçant ainsi sous le patronage symbolique du dieu. Ces symboles figurent encore aujourd'hui sur le pavillon naval militaire du pays.

        De nos jours, après des siècles de paix au Kishū, c’est sa fonction de divinité du bonheur qui est la plus proéminente. Chaque année, des milliers de kishiens se pressent pour présenter des offrandes et frotter le pied de la grande statue de Tamanten du monastère d'Arakan Dai-ji, et il est largement employé dans la culture populaire contemporaine et les mangas comme une divinité bienveillante et porteuse de chance.
          Extrait du Dictionnaire Religieux et Folklorique Kishien, de Moriyama Sadako

          Avatar de l’utilisateur
          Frederick St-Luys
          Messages : 732
          Inscription : 05 févr. 2020 18:35
          NJ : Liang - Kishu
          NJ V4 : Liang - Kishu
          NJ V3 : Kaldia
          Première date d'inscription : 15 mars 2011

          Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

          Message par Frederick St-Luys »

          Image

          Thèmes: L'Unushitira ou Gouvernement Cloîtré

          Le Gouvernement Cloîtré ("Unushitira" en Kishien, "Insei" (院政) en teiko) est une tradition monarchique Kishienne, qui tire ses origines des pratiques de la cour royale de la fin de la période Engen (Xème-XIIème siècle). Il a alors émergé du fait de la conjonction de l'alourdissement constant du cérémoniel de cour, de l'essor du bouddhisme, et de l'influence croissante des grands féodaux mais aussi des principaux ministres. Cette dernière est elle-même consécutive au déclin de l'emprise de la cour sur les provinces et de l'abandon des Trois Rectitudes dans le gouvernement central.

          Dans le cadre de l'Unushitira, le souverain en titre abdique officiellement, laissant le trône à son fils ou sa fille, pour se faire religieux au sein d'un grand monastère bouddhiste (généralement l'Arakan Dai-ji, le Sonno-ji et le Sanyama-ji, les fameux Trois Grands Monastères d'Azaikyo) ou plus rarement prêtresse au sein du sanctuaire Kishinto d'Uchaajinja. Libéré du cérémonial de cour et de la proximité des grands ministres issus des familles nobles, le roi cloîtré peut alors constituer son propre Gouvernement de fidèles, et, en accord avec les principes traditionnels et qinluaistes (confucéens), conserve l'autorité suprême sur son successeur, le souverain en titre. C'est notamment grâce à l'Unushitira - et à l'assistance des réseaux des religieux de l'Uchaajinja - que la reine cloîtrée Fumiagari parvient à rassembler en secret les ressources permettant de briser l'emprise des féodaux du clan Myoji sur la capitale au XIIIème siècle.

          Durant l'essentiel de la période médiévale, l'Unushitira est aussi connu par métonymie comme le "Palais Rouge", du nom du bâtiment du monastère d'Arakan Dai-ji qui abritait le plus souvent les souverains cloîtrés. Ce nom est graduellement été abandonné lorsque le système tombe en désuétude entre le XVème et le XIXème siècles. Il a cependant connu une forme de renaissance durant des temps plus récents, et est utilisé de manière régulière depuis le milieu du XXème siècle, à la faveur de l'allongement de l'espérance de vie des monarques, permettant de décharger les plus âgés de ces derniers de nombreux devoirs protocolaires: ce fut le cas du père de l'actuel roi, S.M. Yuchi-hachino-aji-sui (Hirai Uenaga), jusqu'à sa mort en 2040. Enfin, certaines théories de complot marginales suggèrent également que le Gouvernement Cloîtré, lorsqu'il existe, sert toujours à contourner le pouvoir du parlement et du Gouvernement démocratique.
            Extrait de l'Encyclopédie Politique et Historique du Kishū, de Yagusuku Sadako, 2041

            Avatar de l’utilisateur
            Frederick St-Luys
            Messages : 732
            Inscription : 05 févr. 2020 18:35
            NJ : Liang - Kishu
            NJ V4 : Liang - Kishu
            NJ V3 : Kaldia
            Première date d'inscription : 15 mars 2011

            Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

            Message par Frederick St-Luys »

            Image

            Thèmes: Messagers et service postal traditionnel: l'hodocha kishien

            L'archipel Kishien, malgré sa taille relativement réduite (39.297,25 km²), est caractérisé par des temps de déplacement parfois assez conséquents, notamment quand on sort des plaines urbanisées de la côte, pour pénétrer dans les régions sauvages des montagnes et forêts de Kiyano et Tsugari, les îles principales, ou se déplacer entre celles-ci et les groupes d'îles plus excentrés. Par conséquent, faire circuler des messages pouvait être long et dangereux dans le passé.

            L'institution du service de messagers ("hodocha" en kishien, "hikyaku" en teiko) à l'époque des réformes du roi Kōtoku (944-957) marque dès lors une étape importante dans le développement du pays, en rassemblant les provinces jusqu'alors très "insulaires" en un seul ensemble où les communications sont aisées. Inspiré du système postal impérial liangois, l'hodocha est un service public sous contrôle royal direct, qui s'appuie sur une série de routes officielles, où des "bureaux-relais" sont établis à intervalles réguliers d'une demi-journée de voyage à cheval. Les messagers peuvent y obtenir un cheval de remonte, de la nourriture, et un gîte. En plus de cela, des "refuges" sont établis le long des plus petites routes, dans les montagnes et à Tsugari, où les messagers sont des coureurs à pied, plus adaptés au relief accidenté et aux chemins rudimentaires. Des navires spécialement construits pour la vitesse assuraient pendant ce temps la liaison avec les îles voisines. A l'apogée de l'hodocha, au XVIème siècle, il était dit que le roi du Kishū pouvait faire parvenir un message expédié à l'aube de la capitale jusqu'à Yugusuku avant la fin de l'après-midi.

            Mais l'hodocha officiel était avant-tout consacré aux tâches de gouvernance et aux messages militaires, et coûtait très cher à entretenir. Les provinces contribuaient considérablement à l'entretien des bureaux-relais, qui se trouvaient vite passablement délabrés dans certaines des plus pauvres, comme Hanko, Keitsu et Togaki. Cependant, l'existence d'une tradition de coureurs postaux au sein de l'administration royale a permis l'émergence de groupes de coureurs offrants leurs services aux marchands et aux grands monastères, les "tooshi-hikyaku". Ainsi, au XVIIIème siècle, ce sont pas moins de 10.000 coureurs indépendants qui parcourent le pays, offrant leurs service comme messagers et porteurs à des prix accessibles à une bonne partie de la population.

            La fondation du Service Postal Royal en 1837 marque le début de la fin de l'hodocha et des tooshi-hikyaku, qui sont graduellement remplacés par des méthodes importées d'occident, souvent via le Liang. Cependant, la tradition marathonienne Kishienne se perpétue: l'athlétisme demeure très populaire dans le pays, qui compte de nombreuses courses et des itinéraires dédiés, et a fourni un contingent non-négligeable de champions. Enfin, à chaque couronnement d'un nouveau roi du Kishū, il est coutumier de réinstaurer l'hodocha, le temps que des messagers apportent symboliquement la bonne nouvelles aux temples des différents kami provinciaux.
              Extrait du Guide Historique et Culturel du Voyageur - Kishū, de Shu Yuanjin, 2018, éditions Gaoqing, Jizhou

              Avatar de l’utilisateur
              Frederick St-Luys
              Messages : 732
              Inscription : 05 févr. 2020 18:35
              NJ : Liang - Kishu
              NJ V4 : Liang - Kishu
              NJ V3 : Kaldia
              Première date d'inscription : 15 mars 2011

              Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

              Message par Frederick St-Luys »

              Image

              Thèmes: Les Yumito, héritiers des peuples du passé

              Le Kishū n'a pas toujours été le Kishū. Avant la conquête de Kiyano par le royaume de Kino au VIème siècle, il était morcelé en de nombreuses chefferies. Les fondateurs de ces petits domaines étaient eux-mêmes des migrants, de culture En-Kei, venus de Ventélie continentale. Mais l'archipel n'était pas inhabité à leur arrivée: une population plus ancienne encore, descendante de la culture Sonoi de la préhistoire, y vivait depuis les jours lointain où elle fut la première à le peupler, sans doute depuis l'actuel Natolique, à la faveur des niveaux de la mer plus bas de l'époque. Et elle vit toujours, retranchée dans ses derniers bastions des massifs de Haishi et Yankei.

              La communauté des Yumito a survécu grâce à la nature escarpée du terrain de ces régions, idéale pour l'élevage et la polyculture traditionnelle de cette population, mais aussi grâce aux Traités de Réduction, une série de conventions signées par le futur roi Kōtoku au moment de la guerre des Trois Princes (940-944), qui a garanti à perpétuité les terres de cette peuplade en échange de son soutien militaire. Ce statut quo n'a guère été remis en cause depuis, à l'exception de quelques attaques durant la guerre des Myoji, et jusqu'à aujourd'hui les chefs traditionnels Yumito disposent d'une représentation dans la chambre de la Noblesse, et d'un pouvoir de gestion autonome de certaines de leurs affaires tribales.

              Les Yumito sont les survivants de siècles de conquêtes Kishiennes, de tentatives d'assimilation, mais aussi le résultat de collaborations et d'échanges culturels. Même s'ils demeurent peu nombreux - moins de 30.000 dans tout le pays - leur diversité culturelle est considérable, chaque tribu possédant ses propres mythes et traditions, s'appuyant sur une langue totalement différente du kishien, et une culture orale constituant une porte ouverte sur le passé du Kishū. Pour ces raisons, les communautés Yumito accueillent régulièrement des généticiens, historiens, archéologues, ethnologues et linguistes, venus étudier cette fenêtre exceptionnelle sur un monde disparu dans le reste de l'archipel néchinésien.

              La communauté se distingue notamment sur le plan religieux des kishiens. Malgré des siècles d'exposition au Kishinto et aux écoles bouddhistes kishiennes, elle continue de pratiquer une forme de chamanisme très ancien, faisant intervenir des dieux-animaux, parfois des êtres theriocéphales, derrière lesquels certains chercheurs croient deviner des traces des lointaines origines natolicaines du groupe.

              Malheureusement, depuis le début du XXIème siècle, la culture Yumito fait face à des défis de plus en plus grands. Contrairement au Kishien, qui dispose d'une masse critique culturelle et démographique, la langue Yumito peine à résister à la progression du Teiko dans la société, et de nombreux jeunes quittent les communautés montagnardes pour vivre à Azaikyo, Shikki ou Yamamachi.
                Extrait du Guide Historique et Culturel du Voyageur - Kishū, de Shu Yuanjin, 2018, éditions Gaoqing, Jizhou

                Avatar de l’utilisateur
                Frederick St-Luys
                Messages : 732
                Inscription : 05 févr. 2020 18:35
                NJ : Liang - Kishu
                NJ V4 : Liang - Kishu
                NJ V3 : Kaldia
                Première date d'inscription : 15 mars 2011

                Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

                Message par Frederick St-Luys »

                Image

                Thèmes: Shigawa, ancienne forteresse de la secte Shin Joho Amitaya

                Située dans le massif de Teigo dans le sud-est de Kiyano, dans le district rural de Kaitori de l'île principale du Kishū, le château de Shigawa est l'ancienne forteresse de la secte Shin Joho Amitaya. Édifiée au plus fort de la guerre des Myoji au XIIIème siècle et étendue durant la période des Montagnes du Nord et du Sud aux XVème et XVIème, elle constitue le plus grand château médiéval du Kishū.

                Shigawa est composé d'un cœur de construit au XIIIème sur le modèle du Gusuku traditionnel kishien, avec une enceinte basse et large, très résistante face aux armes de siège, auquel ont été ajoutés durant les siècles plusieurs barbacanes et tours de garde imposantes sur le modèle Liangois, puis un tenshu central et des remblais inspirés des forts Teiko. Le site final pouvait accueillir jusqu'à 8.000 moines-soldats (sohei), et a résisté à plus de dix-sept sièges par les armées du roi du Kishū, mais aussi de diverses forces seigneuriales, les soheis rivaux du grand monastère d'Arakan Dai-ji et même, selon la légende, d'une parade macabre de yokais.

                La secte Shin Joho Amitaya elle-même est née de la fusion des traditions martiales monastiques kishiennes avec le bouddhisme de la "Terre Pure" (Johocha, en kishien, Jodo Bukkya en Teiko), une théologie bouddhiste libératrice qui fut la première à se répandre massivement parmi les classes populaires, contribuant à faire entrer une religion jusqu'alors très élitiste dans l'imaginaire et la piété des masses populaire. Probablement influencée par la Société pour la Piété Filiale et la Vertu, cette doctrine bouddhiste est, comme beaucoup d'autres, arrivée dans l'archipel depuis le Liang vers le début du deuxième millénaire. En promettant à ses fidèles la possibilité d'atteindre la Libération après leur entrée dans la Terre Pure du Bouddha Amitaya, cette école canalisait les revendications sociales et aspirations d'une partie substantielle de la population agricole, appauvrie par la longue paix et stagnation de l'ère Ensho, puis par le chaos de la guerre des Myoji. Certains d'entrer après leur mort dans la Terre Pure, les fidèles se transformaient en moines-guerriers fanatiques, et étaient prêts à défendre jusqu'à la mort leur ordre et la Voie de la Libération par Amitaya.

                Cet héritage martial et religieux si particulier se lit encore dans les ruines bien conservées du château, d'où les derniers de ces moines combattants ont été délogés en 1638 par les canons du général Tei Kuniyō. La présence du culte Johocha se limite désormais à une cinquantaine de moines d'une autre secte adepte de la Terre Pure, dans un bâtiment périphérique.
                  Extrait du Guide Historique et Culturel du Voyageur - Kishū, de Shu Yuanjin, 2018, éditions Gaoqing, Jizhou

                  Avatar de l’utilisateur
                  Frederick St-Luys
                  Messages : 732
                  Inscription : 05 févr. 2020 18:35
                  NJ : Liang - Kishu
                  NJ V4 : Liang - Kishu
                  NJ V3 : Kaldia
                  Première date d'inscription : 15 mars 2011

                  Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

                  Message par Frederick St-Luys »

                  Image
                  Peinture d'un Arhat sur rouleau de soie, école de Kurasoe, XIIème siècle

                  Thèmes: Les Arakans, Parangons du Dharma

                  Les Arakans (Arhat en Sanskrit, Arahant en Pali, ce qui signifie "le très honoré") sont les individus qui, selon la croyance bouddhiste, ont atteint le quatrième des Quatre États Nobles, et obtenu par là la Libération ("Nirvana"), c'est-à-dire leur sortie définitive du cycle des réincarnations. Pour en arriver à là, ils ont acquis la pleine connaissance du Dharma (la loi universelle) ainsi que des Dix Entraves, et les ont rejetées, écartant d'eux l'attachement au monde matériel, aux rites, et la croyance erronée en l'existence de l'âme immortelle.

                  Les Arakans jouent un rôle proéminent dans le bouddhisme Kishien, ce qui s'explique par la coexistence d'écoles Mahayana, Vajrayana et Nikaya. En effet, si dans le bouddhisme Mahayana, majoritaire dans l'essentiel de la Ventélie orientale, l'état d'Arahat est considéré comme un stade intermédiaire sur la route amenant au statut de Bouddha, c'est-à-dire d'être illuminé cherchant à illuminer les autres, le bouddhisme Nikaya, lui, y voit l'objectif suprême auquel toute personne peut aspirer. Cette branche Nikaya possède plusieurs écoles très anciennes a Kishu, dont les sectes Kusha-shū et Ritsu, fait exceptionnel quand ce courant s'est largement éteint dans le reste de la région.

                  Le plus ancien monastère du Kishu, l'Arakan Dai-Ji ("Grand monastère de l'Arahat") est lui-même le bastion de la secte Kusha-shū, du courant Nikaya, qui y conserve des livres ancestraux, et a planté dans le parc du temple un arbre qui serait né d'un fruit du ficus sacré de Bodh Gaya, l'endroit de Janubie où jadis le Bouddha atteignit l'illumination.

                  Les légendes populaires du Kishū autour des Arakans sont nombreuses. Il est par exemple dit qu'étant moine au monastère de Utsogawa dans le nord de Kiyano, Chozei de la secte Ritsu parvint à mettre fin aux attaques des yokais féroces détruisant les cultures autour d'une ville, en enseignant le dharma bouddhiste dans la langue démoniaque, jusqu'à ce que les créatures cessent leurs attaques, et deviennent des protectrices de la foi. Il est aussi dit que durant la guerre des Myoji, l'abbé de l'Arakan Dai-ji et futur Arahat Sugo parvint à traverser la mer déchaînée entre Kiyano et Akasu en volant sur un nuage, afin d'apporter une nouvelle d'une grande importance à la reine Fumiagari à Azaikyo.

                  Même si de tels exploits de magie demeurent rares depuis l'arrivée de la photographie, l'ère des Arakans n'est pas terminée: actuellement, deux moines et une nonne au Kishu sont considérés comme ayant atteint ce niveau exalté d'illumination.
                    Extrait du Dictionnaire Religieux et Folklorique Kishien, de Moriyama Sadako

                    Avatar de l’utilisateur
                    Frederick St-Luys
                    Messages : 732
                    Inscription : 05 févr. 2020 18:35
                    NJ : Liang - Kishu
                    NJ V4 : Liang - Kishu
                    NJ V3 : Kaldia
                    Première date d'inscription : 15 mars 2011

                    Re: Pavillon du Lotus Resplendissant - Textes culturels, folkloriques et historiques du Kishū

                    Message par Frederick St-Luys »

                    Image
                    Moins crus et pessimistes que leurs cousins du Chikkai, les animes et mangas kishiens adoptent volontiers une ambiance plus apaisée, avec un ton porté sur la comédie. Ici l'académie du manga éponyme.

                    Thèmes: Koku Academy:
                    La scène internationale, vue par le prisme de la culture populaire Kishienne

                    Vignette 1
                    Midi. La cantine du lycée. Wa-san est dans son coin avec un bento traditionnel très élaboré. Ki-chan, Chi-chan et Fu-chan s'installent avec leurs plateaux à une table proche.
                    Ki-chan commence tout de suite à engloutir son repas. Chi-chan commence par filmer et photographier son plat, avant de débuter son repas. Fu-chan regarde le plateau d'un air perplexe.

                    Vignette 2
                    "-C'est quoi le menu ce midi? Demande Fu-chan.
                    -Escalope de dinde d'Izumi!" Répond Ki-chan avec un grand sourire.

                    Vignette 3
                    Fu-chan affiche un air larmoyant, sur fond d'images de divers volatiles majestueux du Furumatsu.
                    Au premier plan, Ki-chan enfourne un grand morceau d'escalope.

                    Vignette 4
                    Pendant ce temps, dans la queue du self, Ryo-sempai demande à son amie Kai-sempai, qui se tient devant elle:
                    "-Passe-moi le panda sauce aigre-douce, s'il-te-plait."
                      Extrait du manga yonkoma "Koku Academy", Naotsugu Yoko, éd. Azachi Publica


                      Le manga Koku Academy ("KA") représente les aventures de la vie quotidienne des personnifications anthropomorphiques de plusieurs pays de la région. Plus d'informations dans l'article de la presse liangoise consacré au manga.
                      La classe de seconde néchinésienne
                      - Ki-chan (l'héroïne un peu naïve et gourmande, qui préfère passer son temps à la plage): Kishū
                      - Chi-chan (la technophile surexcitée): Chikkai
                      - Fu-chan (l'amoureuse de la nature et des oiseaux): Furumatsu
                      - Wa-san (l'ojou-sama traditionnelle): Wakoku / Satake Bakufu

                      La classe de première ventélienne
                      - Ryo-sempai (la studieuse membre du club d’archerie): Liang (Ryo est la prononciation Teiko du signe "Liang")
                      - Kai-sempai (l'ainée responsable d'une famille nombreuse): Kaiyuan
                      - Kan-san (un adolescent toujours à l'affût des bons plans financiers, quoiqu'incapable de décider de rejoindre le club de l'OCC): Ostlandgar (Kan est la prononciation Teiko du symbole désignant l'ethnie Han majoritaire)

                      Les autres classes:
                      A venir...

                      Répondre

                      Revenir à « Kishu »