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Ventélie 15-16-20
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Isku
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Votre manuel de découverte du Khelkadesh

PAR NESKE TIMSINA | MIS À JOUR LE 28/01/41
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Alors vous avez décidé de découvrir le Khelkadesh… Mais vous ne savez pas par où commencer ? Ce guide est fait pour vous ! Nous avons tous déjà eu l’envie, parfois soudaine, de découvrir une culture de l’autre bout de la Terre ! Aujourd’hui je vous donne des conseils pour découvrir le pays des topi et des stroopwafels au sirop de mangue, sans bouger de chez vous et en seulement 2 étapes.

1ère étape : Consulter le site internet du Ministère du Tourisme du Khelkadesh
Coup de bol : vous êtes déjà dessus si vous lisez cet article. Mais ce n’est pas tout ce que le site a à vous offrir. Vous pouvez y découvrir la géographie du pays à travers plusieurs cartes, des extraits d’ouvrages uniques, conservés à la Bibliothèque Royale, mais aussi des témoignages d’autres touristes, des recettes de cuisine… n’hésitez pas à vous y promener, les surprises ne peuvent être que positives !

2ème étape : Lire la presse locale
C’est clairement la meilleure solution si vous souhaitez tout découvrir du pays, des habitudes de ses habitants, des débats qui agitent ces derniers… Petit bémol : puisque vous ne voulez pas bouger de chez vous, il vous faudra vous faire livrer les exemplaires. Toutes les éditions ne le proposent pas, mais voici une liste de ceux qui le permettent, ainsi qu’une courte introduction à chacun d’eux.

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Le Wenlij Tijden

Commençons avec le journal dont vous avez le plus chances d’avoir déjà entendu parler. Le Wenlij Tijden, comme son nom l’indique, s’est à l’origine focalisé sur l’actualité ventélienne, et par extension l’actualité du reste du monde. Cela excluait initialement la Dytolie, dont les nouvelles parvenaient via divers autres canaux d’informations, disparus depuis, jusqu’aux colons néerlandophones. Voilà donc le plus ancien hebdomadaire encore en activité au Khelkadesh. Il est imprimé à Wenlijhaven, le cœur de la culture néerlandophone au Noble Royaume et la cité de l’ouverture vers le reste du monde.
Au-delà de l’actualité ventélienne et internationale, le Wenlij Tijden est fameux pour s’être ouvert à l’écriture de fiction, et proposer périodiquement des extraits de romans – voire des œuvres entières, plus ou moins longues, réparties sur plusieurs numéros !
Contrairement à d’autres journaux qui se content d’être traduits et envoyés à l’étranger, le Wenlij Tijden dispose d’une édition internationale contenant des articles spécifiquement écrits pour ses lecteurs internationaux. Les deux éditions restent néanmoins également disponibles, en fonction de votre préférence personnelle et de votre maîtrise du khelkadeshi : il faudra en effet le pratiquer pour lire l’édition nationale, alors que l’édition internationale est disponible en néerlandais, hindi, thaï, tiànais et plusieurs autres !
Vous pourrez retrouver les diverses options d’abonnement sur le site internet de l’hebdomadaire : www.wenlijtijden.khk

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Le Dhalpur Wekelijks

Voici l’hebdomadaire le plus lu au Khelkadesh. Basé à Dhalpur, la plus grande ville du pays, il est surtout apprécié dans les régions les plus montagneuses. Ces dernières ont sûrement fait la renommée de ce papier quasiment centenaire en préférant le format hebdomadaire, plus adapté aux difficultés d’acheminement des exemplaires.
Contrairement à ce qu’indique son nom, le Dhalpur Wekelijks et ses articles sont donc très attentifs à l’actualité et aux desiderata des habitants du nord du pays. Cela n’en fait pas pour autant un journal inintéressant à lire, que l’on soit à Dhalpur ou à l’étranger, car l’actualité nationale y est amplement abordée, et approximativement étudiée sous l’angle des contrées du Nord.
Pour vous faire livrer le Dhalpur Wekelijk à l’étranger, il vous suffira de vous rendre sur son site internet : www.dhalpurwekelijk.khk ; l’hebdomadaire est disponible à l’étranger en khelkadeshi, néerlandais et hindi.

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Le Mahinagar Samacaraa

Le Mahinagar Samacaraa, qui tire son nom de la capitale du Noble Royaume, est le quotidien le plus lu du pays. C’est généralement dans ses colonnes que les homme politiques s’expriment lorsqu’ils souhaitent faire passer un message à leurs concitoyens. De plus, le Mahinagar Samacaraa dispose de huit éditions locales, chacune centrée sur une Province différente, permettant à ses lecteurs de ne pas être seulement informés des actualités nationales et internationales. Pas de panique cependant, l’édition internationale n’est pas en reste, et regorge d’informations intéressantes que vous ne trouverez nulle part ailleurs ! Cette-dernière, pour remplir approximativement le même nombre de pages, met en effet en avant de jeunes auteurs et journalistes qui sont incités à écrire sur la culture khelkadeshie, et autres sujets de découverte du pays. Même sans être khelkadeshi, vous vous sentirez sûrement concerné et intéréssé par ces articles !
Le Mahinagar Samacaraa n’ayant commencé à produire une édition internationale qu’en mars 2040, il vous faudra téléphoner afin de vous abonner. Pour ce faire, contactez (en khelkadeshi, néerlandais, tiànais ou anglais) le numéro suivant : +61.1.78.44.44.78

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Le Bhārapura Bihāna

Le Bhārapura Bihāna est un quotidien très récent. Les fondateurs de ce papier ont souhaité briser les codes installés et entretenus par les grands journaux, qu'ils jugeaient trop ennuyeux et passéistes. Ils mettent en avant des articles courts, afin de plaire aux jeunes et aux actifs, lesquels ne s'informent pas de la même manière que leurs aînés, préférant lire pendant 30 minutes tous les jours que 2 heures une fois par semaine. De plus, les pages contiennent des rubriques quasiment introuvables ailleurs dans le pays, comme "business" (inimaginable il y a dix ans), "sport" (les khelkadeshis étant très peu portés sur le sport compétitif, la rubrique se lance difficilement), "dessin de presse" ou encore "humour". Le quotidien est surtout lu par les cadres urbains se sentant jeunes et dynamiques, portant un regard sur l'international lorsqu'ils en ont le temps.
Il n'existe pas d'édition internationale du Bhārapura Bihāna, mais il vous est possible de vous faire livrer en fin de semaine un paquet contenant les 6 derniers numéros, en langue originale. Pour cela, n'hésitez pas à contacter l'imprimerie du Bhārapura Bihāna à www.bhaabihaa.khk

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Isku
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Le 21 février 2041

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Sa Majesté Pragannath Prawal Dhamala

De possibles festivités pour les 10 ans de la mort du père de Sa Majesté

Le Palais royal de Mahinagar est visiblement très occupé depuis plusieurs semaines. Entre les annonces d’une ouverture, dans un futur proche, des frontières du Noble Royaume, alors même que celui-ci est resté strictement hermétique aux étrangers pendant un siècle entier, les annonces d’établissement de relations diplomatiques avec le Karmalistan voisin, ou encore les rumeurs de mariage prochain du Prince héritier Adhanalaya Pratha avec une femme aux nom et visage encore inconnus, les fonctionnaires du Palais royal n’ont guère le loisir de s’ennuyer. Le Roi Jagannath Prawal a décidé de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière et de réveiller le Khelkadesh endormi sur lui-même, que cela soit pour le meilleur ou pour le pire – nous n’en saurons pas plus avant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Toutefois, malgré toute cette agitation et dans le ballet incessant des allées et venues des différentes personnalités invitées au Palais afin de donner leur expertise, leur conseil ou simplement pour exécuter la volonté de Sa Majesté, d’aucuns purent remarquer la discrète venue au Palais du frère et de la sœur de Sa Majesté. Ils étaient accompagnés de plusieurs porteurs et moines, vêtus de manteaux épais et d’un topi trouvable sur n’importe quel marché du pays, loin de l’attirail cérémoniel auquel ils ont droit en tant qu’éminents membres de la dynastie régnante. Bien que rien n’ait encore été annoncé officiellement, la raison de leur venue ne fait aucun doute, et leur discrétion ne fait que confirmer nos suppositions. Sans aucun doute se réunissent-ils en prévision de célébrations le 24 mars prochain, l’anniversaire de la mort de feue Sa Majesté Sudhakar Tribhuvan Dhamala. Dix ans auparavant jour pour jour, en effet, le père de Sa Majesté s’éteignait dans des circonstances controversées mettant fin trop tôt à un règne qui aura duré 26 ans. En amont de célébrations qui se préparent sûrement, revenons sur les événements d’il y a dix ans.

Cette histoire commence à la fin du mois de novembre 2029, alors que le Khelkadesh est alors fermé depuis 88 ans, et feue Sa Majesté est assise sur le Trône d’Or et de Platine depuis 24 années. Il n’est pas jeune, toutefois, car il a fêté ses 81 ans peu avant. Auprès de ses conseillers les plus proches, il fait état de son sentiment d’atteindre les dernières années de sa vie, et de sa volonté d’utiliser la sagesse qu’il estime avoir accumulée, soit en lui soit sous la forme de conseillers et d’experts, pour rester dans le souvenir de ses sujets comme un bon Roi et de transmettre une certaine modernité au Noble Royaume, en préparation pour la montée sur le trône de son fils Jagannath Prawal. Il se lance alors dans une tournée nationale afin d’aller à la rencontre du plus grand nombre possible de ses sujets, du plus humble habitant aux plus grandes autorités. La tournée, dont la durée envisagée était de quelques semaines, s’étalera finalement sur un peu plus de 15 mois. Volontaire pour rencontrer et discuter avec l’ensemble de ses concitoyens, feue Sa Majesté ne pouvait se contraindre à refuser de rencontrer ceux qui demandaient à le voir ; et dans un pays comptant alors un brin plus de 50 millions de personnes, c’est un vœu pieu que d’imaginer pouvoir s’asseoir à toutes les tables et aborder tous les sujets en si peu de temps – si tant est que cela soit tout simplement humainement possible.

Le fait est que, malgré sa force mentale et sa volonté sincère de poursuivre la tournée, cette-dernière prit subitement fin le 24 mars 2031. Alors que feue Sa Majesté sortait de chez un commerçant s’étant constitué une petite fortune en vendant du thé parfumé et d’autres épices transformées dans la ville de Sidu, dans la périphérie directe de Mahpatan, où il résidait également, et qu’elle se dirigeait vers le temple bouddhiste du centre-ville afin d’y faire ses prières quotidiennes en amont d’un déjeuner qui avait été organisé avec de nombreuses familles qui pourraient toutes discuter soit avec le Chef d’État, soit avec ses conseillers les plus proches, ceux-ci l’accompagnant pour des raisons évidentes de continuité de la gestion des affaires du Noble Royaume, pouvant ainsi raisonnablement espérer que leurs attentes et peurs soient entendues par le pouvoir – ou, à tout le moins et de manière plus réaliste, notées quelque part dans un immense ensemble désorganisé de carnets de doléances qui demandera des décennies de tri –, et avant qu’elle atteigne ledit temple, feue Sa Majesté s’écroula, entourée de sa suite et de nombreux passants. Dans la panique générale relativement gérée par la garde personnelle et militaire du bien-aimé Maharajadhiraja et pendant que les passants, qui paraissaient plus nombreux encore que quelques minutes auparavant, s’étalaient sur le sol en supplication et pleuraient déjà la mort de leur souverain, feue Sa Majesté fut transportée jusqu’au temple par des moines faisant partie de sa suite, et on l’enferma dans une salle gardée à l’intérieur et à l’extérieur par des hommes armés, dans l’attente de la venue des médecins locaux. Bien que le pays soit fermé aux étrangers, certains experts triés sur le volet étaient régulièrement envoyés dans divers pays du monde afin d’en apprendre la technologie, et les avancées de la médecine moderne faisaient partie des connaissances les plus précieuses aux yeux bienveillants de l’héritier de la dynastie Dhamala.

Ainsi, alors qu’à l’extérieur du temple la vague nouvelle de la tragédie subie par feue Sa Majesté se répand aussi vite auprès des fidèles que ceux-ci se répandirent en prières de bonne santé pour leur souverain en occupant les rues du centre-ville dans ce que les visiteurs dytoliens verraient comme un mauvais flashmob, à la limite entre le kitsch et le burlesque réunissant des centaines de khelkadeshis de toutes provenances prosternés dans la poussière tandis que plusieurs, dont des moines, récitent de manière coordonnée des mantras, de toute leur voix et les yeux fermés. Le bâtiment se révèle dès lors inaccessible aux secours, et c’est donc dans un hélicoptère militaire, escorté de deux appareils identiques, que feue Sa Majesté sera exfiltrée du Grand-Temple de Sidu et emmenée à l’hôpital de Mahpatan, à quelques kilomètres de là, afin d’être soignée pour ce qui est annoncé à la foule massée à l’extérieur du Grand-temple comme étant une « faiblesse soudaine du cœur », c’est-à-dire une crise cardiaque. Hélas, plus aucun citoyen moyen ne verra le visage animé de vie de feue Sa Majesté Sudhakar Tribhuvan Dhamala. En effet, c’est lors du voyage entre Situ et Mahpatan qu’elle s’éteindra ; et les médecins de l’hôpital ne purent que confirmer la mort du souverain devant, en tous cas l’imagine-t-on, les membres de sa famille ayant fait le rapide déplacement de Mahinagar à Mahpatan par avion. Parmi ceux-ci, celui qui vient de succéder à son père, Sa Majesté Jagannath Prawal Dhamala, qui fera sa première annonce officielle en tant que souverain à l’extérieur de l’hôpital, annonçant, les yeux humides, le décès de son père.

Très vite, toutefois, des rumeurs émergèrent quant aux circonstances de la mort de feue Sa Majesté. Si certains, amers, affirmèrent que c’était son fils qui en était responsable, qu’il avait sûrement demandé aux médecins d’oublier leur serment et de ne pas tenter de réanimer son père, cela semble hautement improbable, et nul khelkadeshi ne pourrait affirmer cela sérieusement tant cela serait un outrage envers la dynastie Dhamala et le Noble Royaume tout entier. D’autres, et l’hypothèse est plus plausible, estiment que la crise cardiaque ne serait pas due à l’âge de feue Sa Majesté, mais à un poison qui lui aurait été administré à son insu. Cette thèse rapidement été adoptée par beaucoup, et leurs craintes furent étayées par des déclarations à demi-mot de certains médecins ayant côtoyé le souverain dans ses derniers instants. Dans ces déclarations, deux médecins, l’un de l’hôpital de Mahpatan, l’autre de Situ et ayant fait partie des premiers à examiner le souverain, au Grand-temple bouddhique, évoquèrent que s’ils étaient convaincus que feue Sa Majesté était atteinte d’une crise cardiaque, en ce sens que son cœur avait cessé de battre au moins quelques instants, ils étaient plus que dubitatifs quant à ce qui avait causé cette crise. Bien que l’autopsie ait été de manière tout à fait compréhensible refusée en bloc par la famille Dhamala, ces-derniers souhaitant que le défunt soit traité comme le veut la tradition du rite funéraire aérien et donc déposé en haut d’un sommet pour être laissé aux animaux sauvages, peut-être aurait-elle pu permettre de découvrir les circonstances de la faiblesse cardiaque du souverain. De plus, considérant le nombre de personnes chez qui il avait mangé ces derniers temps, la prévisibilité de ses visites et le fait qu’il laissait à ses hôtes le soin de préparer la nourriture, afin d’analyser par la nourriture aussi le quotidien de ses sujets, il faut reconnaître que la situation était on ne peut plus dangereuse, et que l’administration d’un poison n’aurait pas été une grande épreuve pour un opposant mal intentionné. Ainsi, la prédiction de feue sa Majesté, en amont de sa tournée nationale, quant à la fin proche de ses jours s’est-elle réalisée, trop tôt et bien tristement.

Avant d’achever cet article, j’aimerais adresser un message aux potentiels complotistes : si rien de tout cela n’est ne serait-ce qu’étudié par les nouvelles autorités, cela ne veut pas dire qu’ils cachent quelque chose, mais bien qu’ils sont aujourd’hui encore endeuillés et dans l’incompréhension face au décès soudain d’un père aimant et aimé, la mémoire duquel sera sûrement, en tous cas l’espérons-nous, bientôt célébrée. Que des festivités soient annoncées par Sa Majesté ou pas, elle vient, en compagnie de l’Assemblée Parlementaire, de rendre un immense hommage à son père, en commençant la prise de mesures dans l’objectif de rouvrir aux étrangers les frontières du Khelkadesh ; cela est tout à son honneur, et ne fait que renforcer l’excellente image qu’a Sa Majesté en son Noble Royaume. Espérons que sa popularité reste au beau fixe et que sa sécurité ne soit jamais un problème, pour le bien du pays et de ses habitants, car l’instabilité n’est jamais une bonne nouvelle. De plus, même si aucune fête nationale n’est annoncée, de nombreuses municipalités et groupements de citoyens ont déjà annoncé divers événements, de l’inauguration d’une place à un festival durant plusieurs jours, en mémoire de feue Sa Majesté et son action pour le pays.

Tushar Khadka,
Journaliste.


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Isku
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Le 23 février 2041,

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Sa Majesté lisant l’allocution.

Sa Majesté se veut confiante et optimiste quant à l'avenir du Khelkadesh

Hier dans la journée, les grands médias d’information étaient réunis, sur demande de Sa Majesté Jagannath Prawal Dhamalam, dans le Salon d’Accueil du Grand Palais de Mahinagar, afin de comprendre, retransmettre et commenter la prise de parole du souverain de notre Nation. En plus des journalistes envoyés par une quarantaine de journaux de plus ou moins grande importance, généralement habitués à être conviés à ce genre d’événements, s’ajoutaient une grosse dizaine d’envoyés d’émissions radiodiffusées d’information. Une première, signe sans doute de la volonté de Sa Majesté de montrer l’exemple de la modernisation des habitudes du pays, qu’il estime nécessaire autant que son ouverture au reste du monde.

En effet, dans sa courte annonce, lue avec une conviction empreinte de calme et de patience, Sa Majesté évoqua longuement les problèmes du pays, montrant la connaissance qu’il a de ses terres et de ses sujets. Ainsi, après avoir conventionnellement remercié les journalistes et autres auditeurs pour leur présence, il a immédiatement dit sa tristesse personnelle de voir tant de ses sujets vivre dans une pauvreté extrême, que nul humain ne devrait vivre. « Si la recherche du profit est une habitude humaine devenue si naturelle qu’elle s’approche à présent de l’instinct et qu’elle ne peut plus, en bonne intelligence, être reniée, au Khelkadesh tout du moins, l’observation de ses conséquences est nécessaire. En tant que souverain, je ne puis accepter de voir tant de mes sujets en souffrir. » Sa Majesté a ainsi reconnu qu’il lui semblait intenable de savoir un quart de la population, soit environ 15 millions de personnes selon une estimation récente menée par la Commission Parlementaire à la Démographie, vivre dans une pauvreté extrême. Sans le dire, il a ainsi fustigé le manque de possibilités offertes à nos concitoyens pour se sortir de la pauvreté par leurs propres moyens.

Bouddha nous a entre autres appris la compassion ; il ne fait aucun doute qu’en tant que société nous nous sommes laissés aller et avons fermé les yeux sur les difficultés vécues par notre propre sang collectif. De la même manière que nous considérons que tout organisme vivant mérite à la fois de vivre et d’être traité comme un membre de notre propre famille, il est insupportable de voir un quart des khelkadeshis vivre dans la pauvreté extrême. Si les possessions matérielles ne doivent jamais être regardées comme nécessaires au bonheur et à l’éveil, il me semble que nous pouvons nous accorder collectivement sur le principe de croissance commune, selon lequel si les plus fortunés d’entre nous connaissent une amélioration de leur niveau de vie, la même évolution doit être connue par nos concitoyens les plus pauvres, et tous ceux entre les deux également. C’est le niveau de vie de la société toute entière, c’est-à-dire de toutes ses strates, que nous devons améliorer. L’argent n’est qu’une preuve matérielle de la puissance de quelqu’un, elle ne doit pas déterminer sa capacité à vivre.

Il semblerait que l’Assemblée Parlementaire ait passablement oublié ce principe, pourtant introduit par le grand-père de Sa Majesté, feue Sa Majesté Tenzen Thaila Dhamala, lorsqu’il annonça sa décision de demander aux Parlementaires que lui soit accordé le droit de fermer nos frontières aux étrangers, il y a tout juste un siècle. Il ne semble pas que Sa Majesté, en revanche, l’ait oublié, tant son allocution était vibrante de l’amour qu’il porte à ses sujets et de la prospérité qu’il leur souhaite et pour laquelle il souhaite tout mettre en œuvre. Là où l’allocution de Sa Majesté devint réellement intéressante intervint peu après. En effet, de la même manière que cet argument fut utilisé pour annoncer la fermeture des frontières, Sa Majesté l’utilisation cette fois, dans une phrase formulée de la même précise manière que son grand-père, mais cette fois pour demander à l’Assemblée Parlementaire le droit de rouvrir les frontières aux étrangers – et aux khelkadeshis souhaitant en sortir. Ainsi, sans jamais mettre en cause la décision de feue Sa Majesté Tenzen Thaila, en réutilisant même ses tournures de phrases pour montrer la reconnaissance et la continuité jusque dans les pauses qu’il respectait afin de reprendre son souffle, Sa Majesté annonça la décision positive des parlementaires quant à la ratification de son décret royal demandant la mise en œuvre de mesures qui amèneront à la réouverture des frontières du Noble Royaume le 1er juin 2041 à midi (OMT+6). Comment ne pas être émerveillé de voir la beauté des mots et celle de leur utilisation si précise, si minutieuse, si poétique ? Presque tel un poète nippon et sans jamais remettre en cause la décision de son ancêtre, en la validant même, voilà Sa Majesté décidant de changer de direction, estimant le moment venu. Et me voilà moi, humble journaliste, bien embêté à l’idée de devoir rapporter ces propos le plus justement possible. Je ne puis retranscrire une telle beauté.

Ce que je puis faire en revanche, c’est – en plus de décrire la magnificence de l’instant que, j’espère, vous aurez senti autant que moi en lisant ces lignes – commenter la suite de l’allocution de Sa Majesté, ce que je m’apprête à m’empresser de faire. En effet, après avoir, ainsi donc, montré sa compassion et annoncé la nouvelle justifiant sa prise de parole, provoquant de timides applaudissements chez les journalistes radios, hélas pour eux les derniers informés et les moins au fait du protocole à respecter, Sa Majesté adressa à la Nation un message d’espoir quant à l’avenir du Noble Royaume : « Bien que la peur de l’autre soit naturelle dans notre situation, il n’y a ici aucune raison de la laisser nous contrôler et nous perdre. Le Noble Royaume se porte bien, et il est amené à se porter mieux encore dans le futur grâce à la force de tous ses habitants, ses plus éminents à la même mesure que tous les autres ; et par les autres, j’inclus aussi certains ressortissants étrangers qui seront amenés à vivre et travailler dans notre société, sur notre territoire et selon nos lois, non dans le chaos. Si cela se révèle nécessaire, nous déplacerons l’Adhanalaya pour que cela soit respecté. » Au-delà de la confusion possible (mais peut-être involontaire, sait-on jamais) avec son propre fils, Son Altesse Royale le Prince Héritier Adhanalaya Pratha Dhamala, Sa Majesté montre bien à quel point il est prêt à se donner lui-même, corps et âme, quitte – pouvons-nous en douter ? – à abandonner sa réincarnation, pour le bien de son peuple ; quel bon Roi, quelle chance nous avons. De plus, Sa Majesté a tout à fait raison : notre terre est riche, des sous-sols au plus hauts sommets. Des sols aux importantes concentrations en terres rares ont récemment été découverts entre Vaddsulla et Sarni et seront sûrement amenés à être exploités dans peu de temps. Nos champs sont toujours plus fertiles, disposant d’engrais plus adaptés et d’agriculteurs mieux informés aujourd’hui qu’hier sur la façon de gérer leur exploitation. Quant à nos sommets, s’ils ne peuvent évoluer au rythme que souhaitent leurs riverains, s’ils disposent de peu de choses à exploiter sinon leur présence, leur magnificence et leur ampleur, au moins pourrons-nous bientôt inviter tous ceux qui n’en sont pas conscients à les contempler : ainsi, comme le sous-entendait sans doute Sa Majesté, le tourisme est une grande richesse de notre territoire que nous pourrons aisément développer, dans un futur proche, afin d’améliorer encore le niveau de vie de tous les khelkadeshis. En guise de conclusion, je me permets de vous retranscrire mot pour mot la dernière déclaration de Sa Majesté, laquelle peut être dispensée, je le pense, de commentaires ne faisant qu’obstacle à un message tout à fait compréhensible au moins lettré d’entre nous.

« Enfin, je ne pourrais conclure cette allocution sans aborder un sujet qui m’est personnellement cher, et qui je l’espère vous l’est également. Le 24 mars prochain, nous organiserons des festivités en hommage à feue Sa Majesté mon père, Sudhakar Tribhuvan Dhamala. Je me rendrai dans la matinée au Grand-temple de Sidu, où je m’entretiendrai avec certains religieux, puis aurai l’honneur d’inaugurer une installation précieuse dans un des parcs de Mahpatan. Si j’ai la chance de pouvoir me rendre entièrement disponible en cette journée chère à mon cœur, je souhaite que nous tous, en tant que récipiendaires de ses justes et avisées décisions, nous consacrions au moins une seconde à sa mémoire au cours de cette journée. Je vous remercie de votre attention. »

Balram Yadav Zeeman,
Journaliste bénévole,
Professeur de littérature au lycée n°4 de Mahinagar.


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Isku
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Le 25 février 2041,

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Le Registon, à Tchardjou, une des merveilles historiques karmales.

Signature et publication d’un traité de coopération entre le Noble Royaume et le Karmalistan

Le 21 février, Sa Majesté s’est rendue à Karagol, la capitale du Shakhanat karmal, afin de rencontrer son homologue Mamta Ismaïla Shakhan, souveraine du Karmalistan. Selon les informations offertes par le Ministère des Affaires Extérieures du Khelkadesh après la fin de la rencontre, ce sont les services karmals qui ont pris l’initiative de contacter le chef de la diplomatie khelkadeshie, M. Vikram Inderpal Devadas, lequel a fait suivre la requête à Sa Majesté. Difficile de dire que c’est une mauvaise décision : il paraît logique et respectueux que de transmettre toute missive à la personne aux fonctions les plus équivalentes – protocolairement tout du moins – à celles de l’envoyeur. Ainsi, comme l’a annoncé par la suite M. Devadas, des contacts ont eu lieu entre les deux Ministères des Affaires Étrangères pour préparer la venue en la capitale karmale de Sa Majesté. Si l’humilité fait partie de ses qualités évidentes, il est un minimum de préparation et de faste qui doit lui être réservé en tant qu’invité à une réunion diplomatique ; il en est évidemment de même pour sa contrepartie karmale.

Une fois les préparatifs achevés, c’est le 20 février que Sa Majesté a fait le déplacement jusqu’à Karagol. Considérant l’absence de routes goudronnées traversant les montagnes représentant la frontière entre les deux pays, Sa Majesté se déplaça en avion, un avion de transport militaire repeint et redécoré pour accueillir notre Souverain. Selon une source au Palais royal, le transport de Sa Majesté n’avait pas été prévu en amont de cette première rencontre internationale depuis la fermeture des frontières, et l’achat d’un avion civil fait à présent partie d’une longue liste de produits dont faire l’acquisition avant de prochaines rencontres. Si nous n’avons aucune information fiable sur la manière dont se sont déroulées les discussions à Karagol ou l’état d’esprit de Sa Majesté à son retour, nous disposons de la copie du traité au bas duquel les représentants khelkadeshis et karmals apposèrent leur signature, la ratification par l’Assemblée Parlementaire, nécessaire pour l’entrée en vigueur du traité, rendant de facto public le document. Il est ainsi possible de dire que les sujets abordés furent divers, allant de la reconnaissance mutuelle à l’échange de pièces entre nos musées respectifs.

S’ouvrant par ce qui, paraît-il, est un document de base entre les Nations, c’est-à-dire l’accord de reconnaissance mutuelle, sans lequel les relations entre les États n’auraient ni sens ni légitimité, le traité karmalo-khelkadeshi se poursuit par ce qui s’appelle dans le jargon diplomatique un « échange d’ambassades ». De par les article 5 et 6 du traité s’installera bientôt à Karagol une délégation khelkadeshie permanente, ayant pour objectif de représenter à la fois Sa Majesté, son gouvernement, l’Assemblée Parlementaire et le peuple khelkadeshi tout entier auprès des institutions karmales ; que ces institutions soient formelles ou informelles, ainsi certaines entreprises et associations, si elles souhaitent prendre contact avec le gouvernement khelkadeshi pour une raison ou une autre, pourront se rendre à Karagol et demander à discuter avec l’ambassadeur. Autant dire que c’est une mission importante, et qu’il est nécessaire de choisir correctement notre représentant. Comme annoncé par le Ministère des Affaires Extérieures, c’est à la Commission des Nominations Internes que sera attribué la tâche de nommer le chef de la mission diplomatique. Toutefois, considérant l’importance de la fonction, c’est Sa Majesté qui proposera un nom à la Commission, et si elle n’est pas obligée d’écouter la proposition royale et peut proposer son propre candidat, au moins y est-elle grandement invitée. Les discussions sont encore en cours au sein de la Commission, et le verdict ne devrait pas être donné avant encore quelques jours, afin de respecter la capacité d’information de tous les députés membres. Il est dit, toutefois, que le favori est le candidat de Sa Majesté, M. Yazdan Gakhar, qui se trouve être l’actuel maire de Padwal, la grande ville la plus proche de la frontière karmale, et une des rares personnalités officielles à être – ouvertement, en tous cas – de confession musulmane. L’idée de ce choix, selon le Ministre des Affaires Extérieures, est de faciliter la compréhension des coutumes mutuelles, de représenter un pont entre les deux cultures proches géographiquement et pourtant si distantes. Le choix de la Commission parlementaire n’est donc, une fois encore, pas une tâche aisée sans conséquence, mais une de ses plus historiques décisions : avec la mission qui l’accompagnera, l’ambassadeur au Karmalistan fera partie des premiers khelkadeshis à quitter le pays depuis un siècle, devançant ses compatriotes de trois à quatre mois.

Au mois de juin, en effet, une fois les frontières rouvertes au plus grand nombre, d’autres clauses de l’accord avec les autorités karmales pourront être mises en œuvre. Pour respecter les dispositions des accords commerciaux, quant à l’import et l’export de ressources et marchandises entre les deux pays, une route sera construite entre Padwal, et le Karmalistan, probablement la ville de Gunduz, celle-ci étant la plus proche du réseau routier khelkadeshi. L’autre possibilité, selon une source au Ministère, serait la construction d’un grand axe entre Balnagar et Khaïbar, lequel profiterait d’un relief moins contrasté que plus au nord. Il est toutefois fort possible qu’un tel projet ne soit que le résultat d’une étude sur les futures coopérations transfrontalières envisageables. En attendant, les routiers qui traverseront la frontière à l’avenir le feront sur des routes dangereuses et escarpées dans les cols du Garudaparvata, et risqueront leur vie pour transporter tout ce dont les deux pays ont trop ou trop peu : de l’argent, de l’or, du platine, du dihydrogène khelkadeshis et du charbon, des textiles, de l’acier, des tapis karmals. Il est à noter que l’accord commercial précise également que des engins de chantier modernes, à savoir des excavatrices géantes (minimum 240 mètres de long pour 96 mètres de haut), des tunneliers ou des machines pose-rail (d’autres grosses machines) devront également pénétrer le territoire khelkadeshi ; et l’on imagine difficilement lesdites machines être posées sur des camions pour traverser les montagnes karmalo-khelkadeshies, au vu de l’escarpement des voies qu’ils emprunteront. Si ces détails n’ont pas encore été abordés, selon notre source au Ministère, plusieurs solutions existent : le transport par hélicoptère, considérant le caractère exceptionnel de ces déplacements, mais aussi l’achat des pièces détachées et le montage de celles-ci sur le territoire khelkadeshi. Si la dernière est la plus probable, la précédente est peut-être la moins chère : le Noble Royaume n’a pas vocation, pour l’instant du moins, à utiliser fréquemment ce genre d’engins.

Il est toutefois un projet international auquel le gouvernement participera selon le Traité de Karagol, et c’est le projet des Nouvelles Routes de la Soie (NRS), dont le tracé est déjà assez fixe en Marquésie, de la Valdaquie au Karmalistan et au Liang en passant notamment par l’Atransahr, ou du Liang aux Valvatides en passant par un passage du Nord-ouest qu’appellent sûrement de leurs vœux les investisseurs liangais et valvates. Mais le Karmalistan n’a pas vocation à être la fin de la ligne terrestre entre l’extrémité orientale de la Dytolie et l’entrée de la Ventélie et de la Janubie ; c’est là qu’intervient le Khelkadesh, dont l’accès aux mers de Ventélie en fait un bon candidat au transport des biens en provenance du Karmalistan et en direction du Kaiyuan, concurrençant ainsi le « passage du Dar », cette voie d’eau partiellement artificielle séparant la Janubie de la Marquésie et de la Ventélie en passant par le canal d’Ashurdabad en Eashatri. Pour mettre en place cette route, Sa Majesté a convenu avec son homologue karmale de la construction de voies ferrées entre les deux pays, probablement allant de Wenlijhaven jusqu’au réseau ferré karmal. Si l’inexistence actuelle d’un réseau de chemin de fer au Khelkadesh rend la tâche et les investissements nécessaires immenses, cela ne peut qu’être positif pour l’économie du Noble Royaume, dont les voies fluviales, très utilisées jusque-là pour le transport de marchandises, commencent à être congestionnées. C’est pour ce projet de voies ferrées que les autorités karmales ont souhaité convenir de l’import de machines telles que des tunneliers et d’autres pouvant poser des rails ; mais creuser des tunnels dans les montagnes les plus hautes du monde ne sera pas aisé, et devrait même réveiller quelques mécontentements locaux, devant les changements radicaux que cela engendrera pour les riverains de la future ligne de chemin de fer – bien que cela puisse être contrebalancé par les prévisions de retombées économiques pour ces mêmes riverains. L’oléoduc, en revanche, ne devrait pas gêner grand monde, si ce n’est une partie du paysage, et représenter une opportunité pour le port de Wenlijhaven et les entreprises installées à proximité. Le Secrétaire au Commerce a d’ores et déjà précisé réfléchir à l’installation d’une zone économique spécifique à proximité directe du port, afin d’inciter les entreprises khelkadeshies et étrangères à s’y installer ; le projet en est à ses premières heures toutefois, et il n’a pas vocation à être utile avant plusieurs mois.

C'est sans doute à la fin de la rencontre que Sa Majesté et son homologue karmale ont abordé les sujets militaire et culturel, convenant de classiques exercices militaires communs et d’échanges pouvant choquer les plus prudes d’entre nos concitoyens. Ainsi, il sera possible, dans les mois et années à venir, de croiser des étudiants et professeurs étrangers dans les grandes universités de notre pays. En effet, en plus de s’accorder sur l’apprentissage du khelkadeshi au Karmalistan et des langues tadjik et ouzbek dans les écoles khelkadeshies, les deux souverains se sont accordés sur des échanges organisés entre étudiants et professeurs de nos universités, afin sûrement de créer un esprit de corps entre les générations à venir et ceux les éduquant. Si cela peut choquer un certain nombre de khelkadeshis, très frileux à l’idée de rencontrer des étrangers, plus par ignorance que par méchanceté, et malgré les enseignements de Bouddha au sujet de la rencontre de l’autre et de l’opportunité que cela représente pour sa propre compréhension et l’amélioration de sa compassion pour autrui, d’autres – spécialement les plus éduqués d’entre nous, soient les universitaires – peuvent avoir besoin de ce genre d’échanges internationaux afin d’ouvrir leur champ de connaissance et de ne pas rester enfermés dans un vase clos, un ensemble de schémas de pensée dommageable pour la réflexion et la recherche de l’inconnu tel qu’on les pratique dans nos universités, lesquelles sont de toute façon déjà très inspirées des modèles dytoliens depuis le début de la colonisation. Enfin, et c’est peut-être la clause la plus réjouissante à court terme, Sa Majesté s’est engagée à ce que le Musée Royal de Mahinagar envoie certaines des pièces composant sa collection au Karmalistan, en échange de pièces karmalies. Quelle chance pour nos universitaires, moines, penseurs en général, mais surtout pour les plus moyens d’entre nous, qui pourrons admirer l’art karmal de différentes époques dans des expositions y étant consacrées ! Peut-être ces pièces pourront-elles ensuite être déplacées dans d’autres musées de par le pays, car à coup sûr réjouiront-elles les habitants de n’importe quelle grande ville.

Enfin, il est certain que la coopération entre le Noble Royaume et son voisin septentrional n’est qu’à ses débuts, et qu’avec cet ensemble de traités les deux gouvernements ont dégagé le terrain, sans véritablement entrer autant dans le détail que certains l’auraient voulu. Il est tout aussi certain, ainsi, que la coopération perdurera, s’amplifiera, et qu’elle ne pourra aller que dans le sens d’une imbrication plus poussée des économies et des cultures des deux Nations. Ce futur, jusqu’ici, est plébiscité par les parlementaires, la ratification du Traité de Karagol n’ayant trouvé que 17 opposants sur les 633 membres de l’Assemblée – une grande victoire en amont de l’ouverture de nos frontières au 1er juin Au Ministère des Affaires Extérieures, la situation est également vue comme une très bonne nouvelle, notamment pour les candidats à des postes dans ce même Ministère, ses effectifs et son utilité devant être revus à la hausse dans les mois qui viennent alors qu’ils étaient au plus bas depuis 1931. D’autant plus que, de sources internes, d’autres rencontres sont à prévoir dans l’avenir. Et bien qu’aucun nom ne circule, il ne fait pas de doute que le Sengaï, la deuxième puissance locale, voisine directe du Khelkadesh au tant que le Karmalistan, doit faire partie de la liste, considérant, qui plus est, la proximité culturelle entre le Royaume du Sengaï, bouddhiste et abritant des peuples montagnards népalais et tibétains, avec le Noble Royaume de Sa Majesté.

Parvesh Kuldeep Bhasmat,
Journaliste.


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Isku
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Le 8 mars 2041,

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Justus Kuiper (à gauche) était heureux de rencontrer un parterre d’acteurs économiques et politiques pagiriens.

La Mijncompagnie s’étend jusqu’au district de Pagiri, motivée par les terres rares


BUSINESS.
La rencontre avec le Karmalistan, symbole de l’ouverture du pays aux événements extérieurs, ne cesse d’apporter de bonnes nouvelles ! À Pagiri, personne n’aurait pu le prévoir, et pourtant : le gouvernement a annoncé à travers un communiqué du Ministère de l’Économie l’ouverture prochaine d’une mine de terres rares au sud du district. Sur des terres qui seront rachetées aux locaux, dans des conditions qui n’ont pas été rendues publiques et ne le seront sûrement jamais, et avec l’aide financière de l’entreprise d’extraction minière Bergwenlijische Mijncompagnie, une des dernières Sociétés Associées de la Compagnie coloniale néerlandophone, s’étant maintenue à flot grâce aux mines qu’elle exploite depuis le XVIIIe siècle. Intéressant clin d’œil historique, lorsque l’on pense que la Mijncompagnie fut la première société à creuser une mine d’or au Khelkadesh. La profondeur des gisements sur le territoire du Noble Royaume couplée à la faible technologie des locaux, et à leur plus grand intérêt pour la guerre et la spiritualité, ne poussèrent jamais les khelkadeshis à tenter de creuser leurs précieuses montagnes à la recherche d’un minerai jaune dont ils avaient très peu entendu parler et n’ayant pas d’autre utilité que de rayonner au soleil. La seule valeur qu’avait l’or à leurs yeux était qu’il devait bien plus leur appartenait qu’à leurs colonisateurs.

Si l’exploitation des mines khelkadeshis fut ininterrompue depuis l’arrivée de la Bergwenlijische Compagnie et de ses Sociétés Associées, elle ne s’est pas toujours fait au même rythme et pour le compte des mêmes acheteurs. Pendant le siècle de fermeture des frontières au étrangers, bien que le port de Wenlijhaven est resté accessible aux commerçants Dhaccas et étrangers, l’or, l’argent et le platine faisaient partie des produits interdits à l’exportation, feue Sa Majesté estimant que le commerce international était un danger pour la quiétude du Noble Royaume et que cela faisait partie des raisons l’ayant poussée à ordonner la fermeture des frontières. Certaines rumeurs affirment toutefois que des quantités d'or ont réussi à quitter le pays même pendant le siècle de fermeture. Cela tient sans doute davantage de la méfiance culturelle à l'égard des Dhaccas et de leur supposée inclinaison naturelle au profit ; mais cela ne serait pas tout à fait étonnant, avouons-le. Quoi qu’il en soit, ils seront bientôt à même d’exporter légalement leurs produits miniers, transformés ou non, et donc de relancer leur production. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que les autorités de la Mijncompagnie annoncent également, dans un futur proche, différents projets de modernisation de leurs équipements et de leurs investissements, considérant la vétusté de la plupart de leurs infrastructures d’extraction ! À présent que l’entreprise dispose de débouchés assurés et d’un plan qui s’éclaircit de jour en jour quant à la façon dont le Noble Royaume rouvrira ses frontières et amorcera son retour sur la scène du commerce international, les actionnaires de la Mijncompagnie devraient être rassurés et voir enfin un sérieux retour sur investissement pointer le bout de son nez. En effet, Sa Majesté et son homologue karmale se sont accordés sur la vente d’or, d’argent, de platine et de terres rares sur le marché karmal. Le débouché étant assuré et fiable, considérant la puissance de l’économie de notre voisin occidental (plus de 142 milliards de dollars internationaux de PIB) et la force de son gouvernement au sein de ses frontières, il n’est nul doute que la Mijncompagnie va être amenée à grandir dans les mois et années à venir.

Et puisque l’or, l’argent et le platine sont déjà exploités sur le territoire khelkadeshi, il ne restait qu’à ouvrir une mine de terres rares pour satisfaire la demande karmale. Sa Majesté, dans son attention au bien-être des entreprises du Noble Royaume, a communiqué lors de son déplacement à Karagol ce que la Commission Parlementaire à la Gestion du Territoire avait fait savoir au gouvernement et aux entreprises intéressées quelques années auparavant, à savoir que des sols riches en terres rares ont été découverts à l’extrême sud du district de Pagiri. Dans cette bourgade d’à peine plus de 100 000 habitants où les activités commerciales principales sont la production de jute, la confection de tissus et la fabrication de fromages, l’ouverture de la mine est accueillie comme une bonne nouvelle. En effet, cela placera la ville sur la route d’accès à la mine, offrant sûrement du travail à ses habitants et faisant connaître leur nom qui, en dehors de cela, n’est qu’un nom de plus sur une carte des districts qui en contient déjà beaucoup et qui, puisqu’elle est affichée dans toutes les classes du pays, n’a que guère d’intérêt pour la grande majorité des élèves – et ce n’est pas moi qui les blâmerai.

M. Justus Kuiper, le Président de la Bergwenlijische Mijncompagnie, a d’ores et déjà annoncé avoir remercié le gouvernement pour le partenariat naissant entre eux en annonçant en souhaiter la longévité. Il s’est également rendu sur place, pas aussi discrètement que les locaux l’auraient souhaité, pour prendre des photos avec le maire de Pagiri ainsi que d’autres officiels et collectifs locaux, promettant des emplois et une gestion responsable de la zone et de toutes les formes de vie qui peuvent s’y trouver, ajoutant ainsi que, comme il convient de le faire, l’excavation sera doublée de la recherche d’êtres vivants, lesquels seront déplacés à l’extérieur du site tandis que des moines bouddhistes et hindouistes seront, évidemment, appelés pour accompagner ledit déplacement. M. Jayendra Amarjeet Prasant, le Ministre de l’Économie et du Travail, s’est dit confiant quant aux capacités de la Mijncompagnie de gestion responsable du site, précisant que des accords précis avaient été passés entre l’entreprise et le gouvernement afin d’entretenir le secteur minier khelkadeshi et aider à la relance de l’entreprise, laquelle est vue comme devant devenir dans les années à venir un élément important de l’économie du Noble Royaume, que ce soit en nombre d’emplois ou en rayonnement international.

Raina Subedee


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Le 7 mai 2041,

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Le stade de rugby de Wenlijhaven

Et si Wenlijhaven s’apprêtait à abriter le siège du rugby mondial ?


SPORT.
Par un communiqué officiel publié de manière à être reçu par toutes les fédérations de football et de rugby respectivement inscrites à la FIFA et à l'IRA (International Rugby Association), le Comité International Olympique a annoncé la relocalisation des sièges de ces institutions, organisatrices du sport mondialisé, souhaitant ainsi mettre fin à leur nomadisme perpétuel et régulariser leurs réunions. Ainsi, les organisations continentales de football, qui ne seront pas toutes nommées ici, sans doute à cause de l’imprononçabilité des acronymes de la plupart d’entre elles, mais aussi l’IRA et le Comité International Olympique demandent à pouvoir installer leur siège dans un de leurs pays membres. La maire de Wenlijhaven, Mme Leonie Weijling, n’a pas manqué de sauter sur l’occasion et de proposer la candidature de la cité Dhacca à l’IRA.

Quelles sont les raisons ayant poussé Mme Weijling à penser que Wenlijhaven était la ville la plus à même d’accueillir l’IRA, et pourquoi l’IRA plutôt que la CIVJNNA (Confédération Internationale de Ventélie Janubie Nayoque Néchinésie Association), le CIO ou à la FIFA, autres institutions qu’elle aurait pu prétendre accueillir ? Si la mesure est sûrement la principale raison, trois facteurs majeurs justifient ladite mesure : la difficulté de pénétrer dans une autre ville khelkadeshie que Wenlijhaven (et encore…), l’absence, dans les autres villes du Noble Royaume, d’une architecture familière aux membres de l’IRA, et l’essor voulu par Mme Weijling pour le rugby khelkadeshi.

Tout d’abord, en effet, il est essentiel de rappeler à nos éventuels lecteurs étrangers que le Khelkadesh est interdit aux étrangers depuis maintenant un siècle, et que tant qu’il n’aura pas rouvert en juin prochain, il est impossible de pénétrer dans le pays autrement qu’à pied, avec le risque d’être pris et renvoyé à l’extérieur du pays, ou par bateau, en arrivant au port de Wenlijhaven ; si des aéroports existent, ils consistent aujourd’hui plus en des pistes d’atterrissage en terre battue qu’en des hubs pouvant accueillir des appareils modernes et lourds. Ainsi, il est actuellement un seul endroit qui soit territoire du Noble Royaume et qui puisse être foulé par des étrangers : l’enceinte du port de Wenlijhaven. En effet, grâce à une obscure et ancienne clause du traité de paix de 1878 signé entre les autorités de la compagnie coloniale néerlandophone et le Khelkadesh, l’enceinte du port est restée accessible aux étrangers, bien que cela n’ait pas un grand impact sur l’internationalisation du pays du fait de l’impossibilité de sortir de ladite enceinte. Wenlijhaven représente donc, d’ici juin et l’ouverture de la possibilité pour les étrangers d’obtenir un visa autorisant l’entrée sur le territoire khelkadeshi, la meilleure option pour l’accueil d’une organisation étrangère sur le sol du Noble Royaume, si tant est que Sa Majesté accepte d’édicter une dérogation pour les membres de l’IRA et leurs invités afin qu’ils puissent résider à Wenlijhaven et profiter des alentours directs du siège de l’organisation.

Ensuite, bien que le Khelkadesh dans son ensemble soit urbanisé de manière très peu moderne, c’est à Wenlijhaven que l’on peut trouver les plus grands et modernes gratte-ciels et autres bâtiments officiels ; c’est donc là qu’il serait logique de placer une organisation internationale, laquelle, pour le bien de ses membres, mérite d’être abritée par un bâtiment correspondant aux habitudes d’une population d’administrateurs et officiels internationaux se rendant plus souvent au Lianwa qu’au Makengo. Ainsi, pour le bien du standing international de l’IRA, il est nécessaire d’en placer dans un endroit internationalisé et moderne ; il n’y a pas, au Khelkadesh, mieux que Wenlijhaven pour cela.

Enfin, c’est à Wenlijhaven que se trouve l’entièreté du rugby khelkadeshi. En effet, si ce sport d’origine britonne a rapidement été accepté par les Dhaccas, les populations hindoues et népalaises locales y voient peu d’intérêt, voire ne connaissent pas du tout le sport. Celui-ci correspond hélas peu aux habitudes traditionnelles khelkadeshies, lesquelles tendent à montrer le sport comme un moyen d’entretenir son enveloppe physique, non un jeu à pratiquer en équipe. C’est pour cette raison que l’athlétisme est roi au Noble Royaume : il demande très peu d’investissements, et est pratiqué quotidiennement, à faible dose, par de très nombreux de khelkadeshis, lesquels courent, sautent, soulèvent des charges pour des raisons pratiques et non ludiques.

À Wenlijhaven, en revanche, se trouve le siège de l’Association Khelkadeshie pour l’Épanouissement du Rugby (AKER), aux dimensions et à l’importance minuscule, mais aussi les quatre équipes locales du pays, lesquelles représentent des quartiers de la cité. Là se trouve aussi le seul stade de rugby du Noble Royaume, un stade de seulement 10 000 places et utilisé à tour de rôle par les quatre seules équipes composant le tournoi national. Il est ainsi peu étonnant que l’équipe nationale, le XV au Lotus, soit entièrement composée d’amateurs ; mais ces amateurs sont bien et régulièrement entraînés, disposant d’infrastructures convenables et de fonds, plus élevés que nécessaires grâce à la générosité de sponsors privés. C’est ainsi surtout d’expérience que les joueurs manquent, puisqu’ils n’ont encore disputé aucun match international. Si cela ne saurait tarder, considérant la volonté d’ouverture de l’AKER et le soutien qu’apporte la maire de Wenlijhaven à l’ouverture par le rugby de la ville au reste du monde, cela représentera un défi, puisque le match se déroulera nécessairement au Khelkadesh, les sujets du Noble Royaume n’ayant pas le droit de quitter le territoire, mais que l’introduction d’étrangers nécessite une dérogation signée par Sa Majesté, et que celle-ci sera nécessaire si le match doit se dérouler dans l’unique stade du pays et non dans l’enceinte du port de Wenlijhaven. Tout cela n’a toutefois pas l’air de décourager Mme Leonie Weijling, qui profite subtilement de la candidature de sa ville à l’accueil de l’IRA pour montrer à ses administrés les efforts qu’elle souhaite faire pour le développement du rugby à Wenlijhaven. Ainsi, elle a proposé, que la candidature soit acceptée ou non, de faire agrandir le stade actuel, d’en construire un deuxième et de soutenir financièrement l’AKER pour des projets de présentation du rugby dans d’autres grandes villes de la vallée du Shubhrawari.

Si les chances de la candidature wenlijhavenoise de l’emporter face à la candidature shnieretzéenne sont mitigées du fait de l’influence diplomatique plus grande de cet immense pays hébraïco-néerlandophone, et ce malgré la plus grande pauvreté du peuple du Shnieretz par rapport au peuple khelkadeshi, au moins la candidature aura-t-elle revigoré le paysage rugbystique du Noble Royaume et donné envie à ses membres d’entamer la diffusion de ce sport à l’ensemble du territoire. En ce sens, il est impossible de ne pas saluer le geste de Mme Weijling, et en tant que khelkadeshi de ne pas le soutenir et espérer la victoire. Enfin, si Sa Majesté ne s’est pas exprimée sur le sujet, alors même que son avis conditionne la faisabilité de la proposition faite à l’IRA, il serait étonnant qu’elle exprime un désaccord fondamental avec une telle candidature, considérant le symbole de l’ouverture nouvelle du pays que cela représenterait ainsi que le rayonnement international sur lequel pourrait ensuite s’appuyer sa diplomatie.

Lakshman Poddar,
Journaliste.


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Isku
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Le 31 mai 2041,

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Le XV du Khelkadesh juste avant le match contre le Shnieretz

Wenlijhaven n'abritera pas le siège de l'IRA


SPORT.
Contrairement aux espoirs que nous avons collectivement nourris de voir la cité Dhacca accueillir le siège de l'International Rugby Association (IRA), la Mairie de Wenlijhaven et le gouvernement du Noble Royaume ont annoncé le retrait de la candidature khelkadeshie. En cause, le pari lancé par le gouvernement de Sa Majesté au gouvernement de l'Union du Shnieretz, l'autre candidat à l'accueil du siège de l'IRA. Devant un vote s'annonçant défavorable à la candidature khelkadeshie et considérant qu'il n'y avait donc plus rien à perdre, le gouvernement a ainsi proposé à son homologue shnieretzéen de jouer cela sur le terrain, un ballon ovale dans les mains, plutôt que par un vote. Jouant, selon nos sources, sur la proximité culturelle des deux pays, puisque le Shnieretz, comme le Khelkadesh, a connu la colonisation néerlandaise et en a gardé des traces fortes aujourd'hui encore, mais aussi sur l'organisation future d'une rencontre diplomatique bilatérale en vue d'établir un accord de coopération et de développement collectif, la diplomatie khelkadeshie a visiblement séduit les décideurs de l'Union, puisque le match fut organisé pour le 21 mai, sur le territoire shnieretzéen et devant une foule de près de 60 000 personnes.

Hélas, malgré leur conviction, les joueurs du XV au Lotus, tous amateurs, s’inclinèrent de peu face à la meilleure équipe du monde sur un score de 24 à 19, et alors que le Khelkadesh menait au score jusqu’à la 68ème minute. Si, d’un point de vue diplomatique, c’est une défaite pour le Noble Royaume, qui aspirait à accueillir le siège de l’IRA, d’un point de vue sportif c’est une grande victoire : petit poucet inconnu des grandes équipes et très récemment inscrit auprès de ladite Association Internationale de Rugby, les Yaks khelkadeshis ont réussi un immense exploit dont les amateurs de rugby se souviendront longtemps. Bien qu’évidemment vexés par le résultat et tristes de leur défaite, les joueurs khelkadeshis ont grâce à ce match amical non seulement révélé leur existence au monde entier, mais aussi au public du Noble Royaume. Alors qu’auparavant le rugby n’était connu qu’autour de Wenlijhaven, le match contre le Shnieretz, bien que retransmis uniquement à la radio et en différé, considérant le décalage horaire entre les deux pays, a fait partie de ces grands moments unificateurs d’émotion collective. Ravi Khan, le buteur ayant amené 11 des 19 points du XV au Lotus, est en passe de devenir une célébrité nationale, cristallisant plus encore que ses camarades la combativité de l’équipe.

Ayant bien compris le potentiel de l’équipe khelkadeshie, la KTB (Khelkadeshe Televisiebedrijf), une des rares chaînes de télévision du Noble Royaume, surtout diffusée à Wenlijhaven et Dhalpur, a annoncé s’être accordée avec la KNO (Khelkadeshe Nationale Omroep), chaîne publique financée par l’État, pour la diffusion des matches du Trophée des 6 Nations, cette compétition regroupant les 6 meilleures équipes de rugby au monde et auquel participe le Khelkadesh. Bien que les chances de victoire soient très faibles pour les Yaks et qu’ils fassent partie des deux équipes les plus à même d’être reléguées au sein de la Wilmore Jefferson Cup, avec le Westrait, les khelkadeshis ont bien l’intention de soutenir les 18 amateurs qui voyageront à travers le monde pour défendre l’honneur du Noble Royaume. Pour ajouter au symbole, le premier match de la compétition opposera le Khelkadesh à la Valdaquie et aura lieu au stade de Wenlijhaven le 1er juin. Jour de fête nationale puisque c’est également ce 1er juin que la fermeture du pays aux étrangers, datant d’exactement un siècle, prendra fin, le 1er juin 2041 sera également, à n’en pas douter, la date de la première victoire du Khelkadesh dans un match international officiel de rugby ; et le début du développement du rugby dans le reste du Khelkadesh, la mairie de Wenlijhaven et le gouvernement ayant d’ores et déjà annoncé souhaiter aider au financement et à l’entraînement d’équipes de rugby pour les villes le souhaitant. Quoi qu’il en soit, les khelkadeshis seront nombreux à être dans le stade, à ses abords ou devant leur poste de radio ou de télévision pour suivre le match contre la Valdaquie, persuadés des capacités de leur équipe d’amateurs plus compétents que certains professionnels qu’ils affronteront. Et nous ne pouvons, nous aussi, que leur souhaiter bonne chance.

Lakshman Poddar,
Journaliste.


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Le 19 février 2042,

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Khadga Prasad Dhamala, le frère de Sa Majesté, et le Chef d’État-major lors des festivités d’inauguration de l’ARDAT.

Sa Majesté inaugure un renouvellement militaire du Noble Royaume


DÉFENSE NATIONALE.
Sa Majesté avait fait savoir son déplacement dans les alentours de Chandsal à l’occasion de l’inauguration de l’Académie Royale de Défense Aérienne et Terrestre (ARDAT), qui sera amenée, en juin prochain, à remplacer l’ancienne École Militaire Royale (EMR). Située à Mahinagar depuis 2001 et destinée par feue Sa Majesté Tenzen Thaila à « former, préparer et aguerrir » les sous-officiers et officiers de l’Armée du Khelkadesh, elle était publiquement considérée par ses gestionnaires, depuis 2028, comme « trop étriquée et pas assez moderne pour coller aux objectifs de formation de ceux qui sont le cadre de notre défense nationale. » Si feu le père de Sa Majesté Jagannath Prawal avait été choqué de voir des militaires s’exprimer publiquement et avait donc opposé un refus catégorique à toute extension ou renouvellement de la seule académie militaire du pays et avait préféré aiguillonner le budget du Ministère de la Défense Extérieure vers la construction de plusieurs camps d’entraînement, à destination donc des hommes du rang plutôt que de leurs supérieurs hiérarchiques, il semble que suffisamment d’eau soit passée sous les ponts et que son fils ait décidé de donner un grand coup de pied pour moderniser l’appareil de défense du Noble Royaume.

L’Académie Royale de Défense Aérienne et Terrestre est ainsi le premier de deux bâtiments d’études militaires qui seront inaugurés « dans l’année », selon les services du Ministère de la Défense Extérieure. L’objectif de l’ARDAT, comme son nom l’indique, sera de former les sous-officiers et officiers, qu’ils le soient par promotion interne ou par recrutement externe, des forces aériennes et terrestres du Noble Royaume. Le choix de Chandsal est alors intéressant : l’altitude y est d’un peu plus de 3 200 mètres, alors que plus l’altitude augmente, plus il est difficile de manier les engins volants tels que les hélicoptères, qui ont besoin de brasser de l’air pour fabriquer de la portance. C’est toutefois un choix revendiqué par les responsables militaires, dont l’un d’eux s’est exprimé anonymement : « Voler en bas, c’est pas dur, franchement. Sauf que les gars, on aura besoin d’eux partout. Notre pays s’est construit devant des montagnes, il serait temps qu’on apprenne à voler au-dessus. » Une déclaration dont nous vous laisserons apprécier la modération et si elle ne relèverait pas d’une volonté de déclarer la guerre au Karmalistan. Mais l’objectif est noble, et confirmé par le Ministre de la Défense Extérieure, M. Ram Kamal Verma, indisposé pendant les festivités d’inauguration mais qui a accepté de s’exprimer lorsque nous l’avons contacté par téléphone : « Le relief khelkadeshi, qu’il soit un atout ou une limite selon comment on le regarde, est indéniable. Nous n’avons évidemment nullement pour objectif d’envahir d’autres montagnes que les nôtres : la Défense Extérieure du Noble Royaume, aussi paradoxal que cela puisse paraître, passe également par la capacité de déploiement intérieur. Nous devons être capables d’envoyer des hélicoptères de transport, de combat ou de déploiement de troupes sur l’ensemble de notre pays, donc y compris au-delà de 3 000 mètres d’altitude, sans que cela soit une tâche sortant de l’ordinaire. »

L’Académie sera également pourvue de deux pistes de décollage en dur, chose encore très rare au Khelkadesh, et l’une d’elles devrait être suffisamment longue pour accueillir des avions long-courriers, une première pour le Noble Royaume. La piste ne sera évidemment pas utilisable commercialement, mais pourra peut-être permettre au gouvernement de recevoir des invités diplomatiques sans qu’ils aient à faire une escale au Karmalistan ou au Kaiyuan pour changer d’avion, ce qui était le cas auparavant et qui posait d’évidents soucis de sûreté pour ces dignitaires.

Sa Majesté, lors de son discours d’inauguration de l’ARDAT, plaça cette nouvelle institution dans un cadre plus large : celui de l’effort de constante modernisation de l’ATAK (Armée Terrestre et Aérienne du Khelkadesh) et de la Noble Marine (plus rarement NMK, Noble Marine du Khelkadesh). Il sera en effet inauguré, d’ici la fin de l’année 2042, une deuxième académie militaire, cette fois dédiée à la Noble Marine et qui est actuellement en construction sur Oranje Char, la plus grande des îles de l’archipel des Prabhatnam, où se trouve déjà le deuxième port militaire du Noble Royaume après Kalnuata, Chandabandar. Il rappela l’importance qu’il apporte à la défense du territoire khelkadeshi, et ajouta que les intérêts directs du Noble Royaume devaient également être placés en sûreté permanente. Ainsi, il s’exprima sur la crise apparue en novembre dernier pour le contrôle du canal de Nord-Janubie, bien conscient que la majorité des produits importés sur le territoire khelkadeshi ont transité par ce passage stratégique et multinational, qui ne pouvait être géré que « collectivement ». Sa Majesté salua l’initiative de l’OMPC de mettre sur pied un droit international maritime, en ce qu’il permettra à l’avenir de désamorcer ou d’empêcher ce genre de situations où le zèle d’un acteur est problématique pour le plus grand nombre.

Afin de montrer sa volonté d’être capable d’intervenir rapidement dans ce genre de situations, Sa Majesté a annoncé l’organisation de jeux de guerre impliquant la Noble Marine et son aviation contre elle-même, soulignant au passage le bonheur qu’il avait ressenti en voyant les exercices navals organisés par le Gandhari, l’Ölan et le Westrait, et le commencement prochain de la construction ou de la commande de deux frégates modernes. Sur le plan diplomatique, il a annoncé sa volonté de demander l’intégration du Noble Royaume à l’OMPC et a affirmé son souhait que les craintes léonoriennes ayant poussé ses autorités à agir aient pu être réglées par la discussion, que la coopération et la recherche de la paix doivent être les maîtres mots de toute action politique, et qu’il ferait confiance à son fils et héritier, Adhanalaya Pratha Dhamala, pour porter ces valeurs à l’Assemblée des États. Enfin, Sa Majesté a dit tout le soutien qu’il souhaitait que soit apporté aux militaire actuellement déployés, puisqu’en effet des dizaines de milliers de soldats sont chargés depuis maintenant plusieurs mois de surveiller la frontière avec le Sengaï, qui s’est ouverte en même temps que le royaume sombrait dans le chaos interne, et d’apporter leur aide aux réfugiés qui ont décidé de venir au Khelkadesh pour échapper aux troubles. « S’ils ne voient rien du combat, ces militaires se donnent corps et âme pour le Noble Royaume et ses nobles citoyens. Associons-les à nos prières autant que nos frères sengaïais. » Sa Majesté n’a toutefois émis aucune envie de se mêler des troubles traversant le Sengaï.

Il est certain que le Noble Royaume est en cours de remilitarisation, ou à tout le moins de modernisation de son appareil militaire, puisqu’à ce jour aucune grande commande de matériel ou grande campagne de recrutement ne semble envisagée par Sa Majesté. Il paraît toutefois clair que l’armée fait partie de ses objectifs, au même titre que l’ouverture diplomatique et commerciale du Khelkadesh, et il ne serait pas étonnant qu’il cherche à profiter de l’intégration du Noble Royaume dans l’Organisation de Coopération de Chenzhou pour proposer la création d’une façon d’organiser une défense commune aux États ventéliens et alentour, ceux-ci ayant besoin des mêmes passages stratégiques pour nourrir leur économie, comme le canal d’Ashurdabad et la mer de Ventélie Occidentale.

Pramod Upadhyay,
Journaliste.


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Le 22 février 2041

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La production a été mise sur pause du jour au lendemain

La Mijncompagnie annonce la fermeture des mines de platine du Dhanri Pradesh

C’est un communiqué de presse sans fioritures que le bureau exécutif pilotant la stratégie d’entreprise de la Bergwenlijische Mijncompagnie a annoncé la fermeture temporaire des mines de platine de la province du Dhanri Pradesh.

Il se trouve au Khelkadesh une seule zone contenant du platine, et celle-ci se trouve à proximité de la ville de Pala, à l’est du pays, non loin de la frontière avec le Sengaï. La fermeture temporaire de celle-ci n’est pas une annonce à prendre à la légère, considérant que la production a été jusque-là ininterrompue depuis le XVIIIe siècle et l’arrivée de la Mijncompagnie au Noble Royaume. Si la quantité de production a toujours, pour des raisons économiques, été adaptée à l’état du marché intérieur et extérieur, l’annonce d’un arrêt complet de la production est une dure nouvelle.

La cause de cet événement est la chute continue de la valeur du platine depuis mars 2041. En janvier dernier, une baisse de 71,83% du cours du minerai symbolisa la dévaluation continue du platine. La Mijncompagnie a donc annoncé préférer mettre en pause sa production, afin d’aider à la remontée du cours et donner le temps à ses services commerciaux de trouver des débouchés internationaux, ce dont l’entreprise semble cruellement manquer aujourd’hui. Le métal est surtout utilisé en bijouterie et dans l’industrie automobile, et plus rarement pour réaliser des circuits électroniques, où il peut généralement être remplacé par d’autres métaux, comme l’or.

Ayant anticipé la panade que cette décision provoquerait auprès des joailliers plus ou moins artisanaux du Noble Royaume, la Mijncompagnie a, dans le même communiqué, indiqué que des stocks avaient été constitués du fait de la difficulté d’écouler sa production lors des derniers mois. La production joaillière nationale ne devrait ainsi pas être trop durement touchée. Dans un pays où le trône de Sa Majesté, ancestral, est fait d’or et de platine, ç’eût été un très mauvais présage que de voir les joailleries ne plus pouvoir proposer de platine à leurs clients.

Si elle ferme temporairement ses mines de platine, la Mijncompagnie n’est pas pour autant, rassurez-vous, proche de la faillite. Entreprise ayant le monopole de la production minière au Noble Royaume, elle survit très bien de par ses capacités de production en or, phosphates, argent et terres rares. Ces dernières furent ajoutées à la gamme de la Compagnie en mars 2041, le bureau exécutif de la BM savait qu’il pouvait se passer temporairement de la carte qu’est le platine. Bien que le cours des terres rares ne soit pas au beau fixe, du fait de l’arrivée sur le marché de l’importante production aqsienne (19% de la production mondiale), la Mijncompagnie n’est pas perdante sur ce tableau.

Mais là où elle est véritablement gagnante, c’est sur l’argent. Le Khelkadesh en est le deuxième producteur mondial, derrière la Saltarie, et le bureau exécutif comme le gouvernement de Sa Majesté semblent bien déterminés à entretenir cette position : il a été annoncé par des membres de la Commission Parlementaire à la Recherche civile qu’une coopération avec la Mijncompagnie était en cours depuis mai 2041 pour le développement d’une nouvelle mine, non loin de la frontière avec le Karmalistan, dans la province de Samita Pradesh, qui serait pour l’instant un lieu d’expérimentation de nouvelles techniques permettant l’accélération de l’extraction du précieux minerai. Subventionnés par l’État, les ingénieurs de la Mijncompagnie et du département de l’exploitation des ressources naturelles de l’Université de Chandsal mènent donc des recherches assidues pour une extraction plus poussée de l’argent, en haute montagne qui plus est.

Si elle a bien pensé les répercussions de sa décision, la Mijncompagnie n’avait pas évoqué un point particulier, et je me suis empressé d’en contacter les responsables pour avoir des réponses : que vont devenir ses employés qui travaillent dans les mines de platine de Pala ? Je n’ai hélas pas pu m’entretenir avec un membre du bureau exécutif, et ai donc dû me contenter de Responsable des Ressources Humaines du siège, à Wenlijhaven. Il ne m’a pas parlé de plan de licenciement, et s’il a été assez évasif, trahissant que ce n’était pas le principal problème du bureau exécutif et qu’il n’avait donc pas d’information sûre à donner, il a évoqué le fait de les replacer dans la nouvelle mine d’argent du Samita Pradesh, de la même manière que nombre de préfabriqués Betaplex seront relocalisés sur le site de cette nouvelle mine. Il est amusant de voir qu’en réalité, lors de cet appel avec cet homme qui est tout de même le RRH de la Mijncompagnie, j’ai plus entendu parler du transport par Luchtkraan I (cet hélicoptère de transport extrême) des préfabriqués que du sort réservé aux dizaines de salariés qui se retrouvent sans emploi du fait de la décision de quelques directeurs injoignables.

Lotje Bosma,
Journaliste.


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Le 05 mars 2042,

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Ionuț Pădurariu, le Secrétaire Général de l'OMPC

Le Khelkadesh a-t-il sa place à l'OMPC ?


DIPLOMATIE.
L'OMPC, c'est l'Organisation Mondiale pour la Paix et la Coopération. Rassurez-vous, il est tout à fait normal que vous, en tant qu'humble khelkadeshi, n'en connaissiez pas même le nom. L'organisation est jeune, puisque sa charte fondatrice n'a été signée que le 26 septembre 2041, et si elle se veut universelle, elle ne regroupe aujourd'hui que 20 États, parmi lesquels ne figurent pas tous ceux que l'on peut voir comme "de premier ordre" à l'échelle mondiale. Ainsi, de grosses puissances telles que la Britonnie, le Karmalistan (deux premiers PIB du monde) ou la Flavie n'en font pas partie, et n'ont pas fait part de leur volonté de la rejoindre, ni aujourd'hui ni dans un futur proche. Au contraire, le Commonwealth de Britonnie est tout à fait opposé à l'Organisation, et la résolution de l'OMPC visant à faire appliquer un embargo sur ses territoires y est sûrement pour quelque chose. Si l'embargo a été décidé suite à des révélations sur le développement par les britons d'un programme nucléaire militaire, qui leur donnerait l'exclusivité de la possession d'une arme dont la seule existence menacerait pour beaucoup la paix mondiale.

Alors que son peuple est loin de pouvoir ou vouloir s'intéresser à ce genre de situations et problématiques, le Noble Royaume du Khelkadesh, sous la houlette de Sa Majesté, a rejoint l'OMPC le 23 février dernier. Une délégation a donc été envoyée vers la capitale jernlandaise pour représenter le Khelkadesh auprès des autres États membres, avec à sa tête le Prince héritier, Adhanalaya Pratha. Les membres de cette délégation, s'ils ont été pour l'instant -- selon le Ministère des Affaires Extérieures -- peu actifs au sein de l'Assemblée des États, le lieu de discussion entre les différentes délégations présidé par le Secrétaire Général de l'Organisation, ont pu voir et participer à la Conférence de presse très régulièrement organisée pour permettre aux journalistes du monde entier de poser des questions ou demander des réactions aux membres de l'OMPC. Faisant partie de la caravane khelkadeshie s'étant déplacée jusqu'au lointain Jernland, un journaliste de la rédaction du Bhārapura Bihāna a en cet endroit pu assister à une scène qui l'a laissé pantois et m'a poussé à écrire l'humble article que vous avez sous les yeux.

Une journaliste de Britonnie, nommée Marion de Klerk selon son badge, prit la parole en ces termes : "Bonsoir, ma question est au nom de mon employeur CBC-News en Aleka et s'adresse à vous ! Ne voyez donc vous pas le fait clair que vos méthodes de voyous ne respectant pas les choix libres de nations souveraines vont faire la démonstration manifeste des raisons de cette forte colère tournée contre votre association de malfaiteurs ?" Avant de nous intéresser à la réponse, la question mérite quelques explications au lecteur non initié. Le "vous" auquel elle s'adresse, c'est Ionuț Pădurariu, le Secrétaire Général de l'OMPC, d'origine valdaque. Les méthodes de voyous, c'est l'embargo que nous avons abordé plus tôt ; les choix libres de nations souveraines est la décision britonne de poursuivre un programme nucléaire militaire ; l'association de malfaiteurs, enfin, c'est l'OMPC. La question eût pu être mieux formulée, et l'on ne peut considérer qu'une journaliste alekane ne puisse correctement construire une phrase dans une des deux langues officielles de son pays, qui s'avère également être la langue la plus utilisée dans tous les échanges internationaux pour sa simplicité. À cela, l'on peut ajouter qu'il est plutôt cavalier de poser ce genre de question provocatrice, d'autant plus qu'elle se trouve dans l'enceinte de l'Organisation à laquelle elle manque de respect. Il faut un certain courage pour oser poser cette question, moyennement formulée qui plus est, en regardant droit dans les yeux l'imposant éphèbe valdaque qu'est M. Pădurariu.

La journaliste offrait là au porte-parole majeur de l'OMPC une excellente occasion de prouver qu'il était nécessaire de coopérer pour accroître les aides internationales à l'éducation dans les pays en cours de développement comme l'Aleka, mais aussi et surtout de montrer le fossé moral et comportemental séparant le Commonwealth et les membres de l'OMPC : alors que l'un s'entête à vouloir acquérir plus de puissance quitte à faire trembler le reste de la communauté internationale, les autres montrent leur bonne intelligence en coopérant pour que tous puissent se sentir en sécurité dans le monde instable qui est le nôtre. Hélas, au manque de respect, Ionuț Pădurariu a préféré répondre par le manque de respect, selon l'antique doctrine du "c'est l'autre qui a commencé, j'ai le droit" : "Je vous prie de m’excuser, madame, mais seuls les journalistes et les personnels de l’OMPC sont admis dans cette salle. Je vous demanderais de bien vouloir sortir pour que la presse puisse faire son travail." Au-delà d'une répartie plutôt faible, il est nécessaire de préciser que c'est tout à fait faux : les conférences de presse sont accessibles aux journalistes du monde entier. M. Pădurariu était toutefois, selon les informations de mon collègue qui l'a écouté prononcer ces phrases, visiblement en train d'utiliser du second degré, sachant bien qu'elle était admise dans cette salle, et le coeur de sa réponse était donc que la journaliste alekane ne faisait vraisemblablement pas partie de la presse. J'aimerais dire à ce Secrétaire Général que je connais peu de journalistes qui auraient accepté de voir leur profession être méprisée de la sorte, et qu'il est à la fois irrespectueux et dangereux qu'un responsable politique, d'organisation internationale qui plus est, se permette de juger ce qui est une question valable ou non, ce qui relève du journalisme ou non.

Selon une source étrangère, Ionuț Pădurariu fut élu Secrétaire Général de l'OMPC notamment grâce à l'image qu'il avait laissé transparaître lors de discussions sur le règlement de l'Assemblée des États, celle d'un homme au style fort souhaitant une organisation guidée strictement lors de ses débuts. Il prit alors la suite d'un Shnieretzéen dont je n'ai pas pu trouver le nom ni dans la documentation officielle que l'OMPC fournit aux journalistes ni sur leur site internet, et il prouva que son style n'était pas un mythe. S'il avait été élu pour cela, les électeurs allaient être servis. Ainsi, celui qui voulait que l'OMPC agisse "efficacement et ne [perde] pas son temps en futilité" martela son dynamisme à tout prix : "l'OMPC ne doit pas se complaire dans la mollesse et l'immobilisme" ; "En tant que secrétaire-général de l'OMPC, je ne laisserai pas de tels agissements se poursuivre, ni rester impunis." (25 janvier, réponse à de Hanna Starvig, journaliste du Diplomaten). Peut-être faudrait-il rappeler à ce M. Pădurariu que ses pouvoirs sont très limités, selon la Charte de laquelle il tire sa position. Ainsi, les articles 11, 12 et 13 lui accordent le droit d'attirer l'attention de l'Assemblée des États sur un sujet qu'il estime relever des compétences de l'Organisation et mettre au vote des résolutions, autrement dit arranger l'ordre du jour, de proposer une résolution d'un différend soulevé par l'Assemblée des États, et recommander à l'Assemblée des États le renforcement de l'action internationale, pouvant aller jusqu'à la mise sur pied d'une force armée. Rien qui me semble justifier le fait de mépriser la condition journalistique et le manque d'éducation de ceux qui lui posent des questions en respect les règles imposées.

Selon mon confrère, SAR Adhanalaya Pratha Dhamala ne fut pas non plus très enjoué à la vue de cet échange, mais ne s'exprima pas. Cet échange, si insignifiant qu'il puisse paraître aux humbles khelkadeshis qui se fichent des affaires de l'OMPC, a relancé des critiques politiques à l'encontre de cette organisation, rejointe si vite et quasiment sans consultation de l'avis des citoyens du Noble Royaume. Selon une source du Ministère des Affaires Extérieures, en effet, il fut conseillé à Sa Majesté de ratifier la Charte de l'OMPC "Parce que le nom laisser transparaître des valeurs de paix et de coopération qui collaient à nos propres visions personnelles." Qui pourrait lui jeter la première pierre ? Le nom est attirant, et correspond effectivement aux valeurs de paix et de respect de l'autre que défend l'immense majorité des khelkadeshis, et l'on connaît l'envie d'ouverture diplomatique tous azimuts qui anime Sa Majesté depuis qu'il s'est mis en tête de remodeler et moderniser le Noble Royaume. Cet objectif, toutefois, n'est pas au goût de tous, comme l'a montré le vote au Parlement quant à la ratification, justement, de la Charte de l'OMPC qui a fait rejoindre l'organisation au Noble Royaume. Si le vote fut positif, il ne le fut qu'à 51,97%. Surtout, 221 abstentions furent recensées, soit 35% des votants, et la leader du parti au pouvoir, Mme Naveena Beelen, fut de ceux-ci, refusant de donner un avis positif ou négatif sur la ratification du traité car ne s'estimant pas légitime à décider de la politique étrangère du Noble Royaume.

Contrairement à Mme Beelen, toutefois, de nombreux khelkadeshis, parlementaires ou non, s'estiment eux tout à fait légitimes à discuter de la politique étrangère du pays dont il font partie, étant donné que les décisions prises en haut lieu peuvent les engager personnellement et modifier radicalement leur vie. Ainsi, il n'est pas anodin que d'intégrer une Organisation se revendiquant de la Paix et de la Coopération mais dont le porte-parole principal refuse la discussion avec une journaliste parce qu'elle lui pose une question qui ne lui convient pas (toute mal formulée qu'elle soit, cela j'en conviendrai volontiers...). Pour une organisation qui a besoin d'un porte-parole faisant preuve de diplomatie puisqu'il sera vraisemblablement choisi pour représenter ses États membres lors d'importantes discussions diplomatiques pour apaiser des tensions avant qu'elles ne mènent à des conflits armés, voilà un exemple qui donne davantage raison à la Britonnie qu'aux honorables membres de l'OMPC. J'aimerais donc pouvoir demander à Sa Majesté et Son Altesse Royale son fils de considérer avec grande prudence l'engagement du Noble Royaume au sein de cette Organisation, et les informer que je suis loin d'être le seul à voir des raisons de ne pas nous y enfermer : nous sentons-nous vraiment, collectivement, à ce si bas niveau de traitement d'autrui ?

Tej Dahal,
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Le 31 mars 2042,

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Un des navires que l'on peut souvent voir au port de Wenlijhaven.

Quel avenir pour le transport commercial au Khelkadesh ?

Il est indéniable que le Khelkadesh se construit actuellement un avenir intégré au sein d’une économie mondialisée qui ne ralentit pas. Le nombre de pays sortant de l’isolationnisme et s’ouvrant aux échanges commerciaux, à peu près de la même manière que ce que nous khelkadeshis avons vécu en juin dernier, est en constante augmentation. Ainsi, le Noble Royaume, où les objets technologiquement avancés et autres produits de consommation occidentalisés, chikkaïsés ou ostlandgarisés ne sont plus cantonnés à Wenlijhaven et Dhalpur, les deux villes les plus modernes du pays, doit à présent réfléchir calmement et sérieusement à la façon dont l’extérieur se mêlera à nos coutumes.

Un exemple de cela est le rail. Il n’est aujourd’hui connu que des citadins du Bas-Khelkadesh, qui les ont vu intégrer la structure de leur grande ville sous la forme de monorails. Les maires de Wenlijhaven, Dhalpur et Mahpatan furent les premiers à estimer que le monorail serait une bonne façon de permettre à leurs villes de s’étendre. Alors que les déplacements à pied, en bus ou à bicyclette restaient largement plus courants que ceux en voiture personnelle, laquelle était et reste très chère pour le Khelkadeshi moyen, le monorail offrit à ces villes de devenir des agglomérations, et d’urbaniser leurs centres-villes. Associé à une remise en forme des routes, qui se poursuit dans la plupart des villes du Noble Royaume, et l’amélioration du service de bus, le monorail devint très vite le symbole de la modernisation du pays et de son ouverture programmée aux échanges internationaux.

Les échanges internationaux, justement, se sont dans l’histoire moderne toujours concentrés à Wenlijhaven, relique de la colonisation néerlandophone, ville bien aménagée et disposant d’un large port que les Dhaccas, les colonisateurs qui ont choisi de rester, sont heureux d’opérer au bénéfice de l’ensemble du Noble Royaume. De nos jours et alors que les échanges commerciaux s’intensifient avec l’extérieur, notamment avec le Kaiyuan voisin, dont les côtes se trouvent à environ 400 kilomètres des nôtres, le port de Wenlijhaven commence doucement à se faire petit. Des études commerciales rendues publiques la semaine dernière par la maire de la ville, Mme Leonie Weijling, estiment que le port devrait être agrandi d’ici 3 ans, sans quoi la demande excéderait l’offre portuaire serait un frein à la croissance du pays entier. Fort heureusement, cette annonce a été entendue, et il semblerait que le gouvernement, mais aussi Sa Majesté et ses conseillers, soient à la recherche d’une solution, comme il a été annoncé par le Secrétaire à l’Industrie et aux Transports et le Ministre à l’Économie et au Travail.

La première solution évoquée, c’est l’extension du port de Wenlijhaven. Ce serait la plus simple à mettre en place, puisqu’il s’agirait seulement d’acheter les docks environnants ou d’en construire de nouveaux, puis de rénover et moderniser les installations de déchargement des navires. Les grues qui s’y trouvent ne sont pas de toute jeunesse, et, selon les études citées plus haut, elles auraient besoin d’être remises à neuf. De plus, les porte-conteneurs modernes ayant pour tendance d’empiler leur marchandise de plus en plus haut, les grues du port de Wenlijhaven pourraient ne pas être en mesure de décharger certains navires. De plus, s’il est possible d’agrandir le port, il est difficile d’améliorer la circulation au sein des voies maritimes qui y mènent. Ainsi, si un sens de circulation est déjà en place (entrée par la voie maritime sud et sortie par le nord), le trafic pourrait être amené à croître massivement dans les années à venir. En ce sens, il semblerait que Wenlijhaven ne puisse pas rester éternellement un port majeur tourné vers l’international, car à mesure que les navires commerciaux s’agrandissent et se multiplient, la cité Dhacca perd en capacité d’accueil.

La seconde solution, c’est donc la construction d’un deuxième port qui rivaliserait avec Wenlijhaven. Celui-ci, pour éviter de se retrouver dans la même impasse que pour le premier, ne serait pas fluvial et se situerait donc sur la côte. La côte continentale, hélas, est peu propice à l’installation pérenne de bâtiments, du fait de la composition de ses sols. Ceux-ci sont friables et perméables, ce qui explique l’existence du delta du Shubhrawari, composé de centaines de voies d’eau se séparant avant d’atteindre la mer, mais n’arrange pas le gouvernement, qui souhaite développer l’aspect maritime du Noble Royaume. La meilleure localisation pour la construction d’un nouveau port serait sur l’île d’Oranje Char, dans l’archipel des Prabhatnam. Oranjestad, la plus grande ville, est elle aussi une cité Dhacca, bien qu’ayant rejoint le Noble Royaume plus tardivement que son pendant continental. Elle n’est toutefois habitée que de quelques dizaines de milliers d’âmes, et la construction d’un port de classe internationale serait pour cette grosse bourgade une épreuve budgétaire, sociale et environnementale. Le port actuel de la ville est principalement un port de pêche industrielle – aussi industrielle que puisse l’être la pêche khelkadeshie, tout du moins –, et à moindre échelle un port de passagers, point de contact de l’archipel avec le reste du Noble Royaume et porte vers les ports kaiyuanais. Mais au-delà de la petite taille d’Oranjestad, placer un large port de marchandises sur l’archipel poserait le problème de l’acheminement des biens vers la partie continentale, laquelle se ferait sans aucun doute… par bateau, rendant toujours nécessaire l’agrandissement du port de Wenlijhaven, bien que dans des dimensions moindres : avec un reconditionnement des biens au port d’Oranjestad, seul l’espace de stockage et les capacités quantitatives de déchargement de Wenlijhaven seraient à améliorer.

Dans tous les cas, un nouveau problème émergera bientôt, et c’est celui du transport des marchandises jusqu’aux villes du cœur du pays, qui s’urbanisent et se modernisent de plus en plus. Balnagar, Samapal et Mahpatan, par exemple, subissent une forte croissance démographique qui se trouve amplifiée par l’ouverture des frontières. Pour cela, il sera sans doute nécessaire de quitter nos monorails urbains et de nous diriger vers des moyens rapides et écologiques de transport terrestre des marchandises. Car si à Mahpatan le transport fluvial bat son plein et sera amené à le battre plus encore, à Balnagar ne coule pas le Shubhrawari ; il est donc nécessaire de faire appel à des routiers, comme actuellement, ou de les doubler de chemins de fer, comme cela semble être envisagé par le gouvernement. Toutefois, au vu du relief du pays et de la disposition de ses grandes villes, il est sûr que le transport fluvial restera de première importance, et que les routiers poursuivront encore longtemps leur rôle pilier dans l’unité du Noble Royaume. Car bien que des voies de chemin de fer puissent être construites au Bas-Khelkadesh, où les espaces sont larges et relativement plats, dans le massif montagneux cela se retrouve largement plus coûteux que profitable, en termes économiques mais aussi environnementaux et spirituels. C’est pourquoi les routiers n’ont pas à s’en faire : il restera toujours des routes dangereuses, au bord de falaises escarpées ou pas plus larges que leur véhicule dans des espaces enneigés, qu’ils pourront suivre avec le sentiment d’accomplir leur devoir et de mettre leurs compétences au service de communautés entières. Sans eux, en effet, des milliers de communautés devraient être ravitaillées par hélicoptères ou vivre en autarcie. À ceux-là et aux routiers, Sa Majesté a fait transmettre un message de paix et d’encouragement alors que les instruits planchent sur l’avenir du transport au Noble Royaume. Om Mani Padme Hum.

Parvesh Kuldeep Bhasmat,
Journaliste.

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Le 19 avril 2042,

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En pleine action : un des cavaliers de l’ATAK lors des festivités à Mahinagar

Les festivités de Godhe Jatra et Pahachare éblouissent le Noble Royaume

Godhe Jatra est une fête importante dans la culture khelkadeshie. Organisée tous les ans en avril, elle est une démonstration de la vivacité du folklore du Noble Royaume. C’est une fête heureuse, que les familles apprécient particulièrement en raison des nombreuses activités organisées et des stands de nourriture parsemant Mahinagar. Si des festivités similaires sont mises en place partout dans le pays, le cœur de la fête reste la capitale, puisque c’est ici qu’est née la légende de la victoire contre le démon Tini et les célébrations en découlant.

Selon le mythe, passé oralement comme tant d’autres contes khelkadeshis, la ville de Mahinagar aurait été confrontée aux terribles maux du démon Tini. Lorsqu’ils en furent lassés, les citoyens se seraient emparés d’armes rudimentaires, fait appel à leurs alliés de l’extérieur de la ville, des peuples plus ou moins nomades, et, par la force du nombre, auraient réussi à vaincre le démon. Afin de célébrer leur victoire, ils auraient pendant plusieurs heures piétiné des sabots de leurs nombreux chevaux le corps sans vie de Tini. Depuis, il est considéré que le bruit des sabots et la clameur de la foule qui les acclame empêche l’esprit malin de revenir occuper la cité.

Ainsi, les festivités, qui durent deux jours, sont l’occasion pour ceux qui se trouvent à Mahinagar en ce temps béni, de contempler une multitude d’activités organisées autour du thème du cheval et de la chevauchée. Ainsi, les courses hippiques battent leur plein, et bien que le jeu d’argent autour de ce sport ne soit pas monnaie courante au Noble Royaume, en ces deux jours il est bien présent, faisant la joie des preneurs de paris et le désespoir, bien vite apaisé, des perdants. Étant donné que les chevaux ne furent pas les seuls vainqueurs et que la largeur de la foule ayant participé, en ces temps immémoriaux, à terrasser le démon, le festival est chaque année un peu plus large, et cherche toujours à s’agrandir. S’il vous arrive, lecteur, de vous rendre au Khelkadesh, vous trouverez ci-après des conseils pour vivre au mieux l’expérience de Godhe Jatra.

La journée commence tôt au Khelkadesh, et plus encore en ces temps festifs. Des décorations sont accrochées dans toute la ville, soit par des officiels, puisque la fête est généralement organisée par la mairie, soit par des familles et des volontaires. Vous-même, touriste, pourrez participer en achetant une banderole rouge ou bleue que vous pourrez vous amuser à accrocher ici ou là, afin qu’à la fin du festival la ville n’ait jamais de son histoire été autant visiblement vivante. Prenez ensuite le temps de vous promener dans la ville bondée. Achetez aux étals des snacks traditionnels, généralement frits et épicés, pour accompagner votre parcours. Rendez-vous ensuite, sans vous presser car les festivités sont très longues, vers le cœur de la ville : Tinikhya. C’est là, comme son nom l’indique, qu’a été terrassé le grand démon Tini. L’endroit est une vaste étendue recouverte d’herbe – quoique plus vraiment à la fin de la fête –, qui est le reste de l’année un agréable espace où s’échapper de l’urbanisation. Mais ces jours-ci, c’est surtout votre objectif : les courses et autres représentations hippiques s’y déroulent quasiment toutes. Ces dernières années, au vu du prodigieux afflux de personnes, d’autres activités annexes ont été installées dans d’autres parcs ; mais c’est véritablement à Tinikhya que vous verrez le plus la splendeur de Godhe Jatra. Tout au long de la journée, vous pourrez admirer les meilleurs cavaliers du Noble Royaume mesurer leur vitesse, leur habileté, leur dextérité, leur adresse, mais aussi leur solidarité et, parfois, leur résistance à l’alcool.

Le matin est consacré aux activités que l’on peut retrouver dans d’autres pays, à savoir la course, le saut d’obstacles, le cross, la joute. Les après-midis, en revanche, vous pourrez assister à des exercices que vous trouverez sans doute insolites. Parmi ceux-ci, un événement auquel seuls les cavaliers de l’ATAK (Armée Terrestre et Aérienne du Khelkadesh) participent : le tir à dos de cheval, héritage modernisé par l’armée du tir à l’arc monté. De grandes effigies au squelette de bois, recouvertes de paille et habillées de larges draps sombres, représentant Tini et mesurant plus de trois mètres sont installées çà et là dans Tinikhya. Les meilleurs de la cavalerie de l’ATAK s’élancent alors, parfois seuls et parfois en groupes, dans une course d’obstacles au cours de laquelle, à plusieurs reprises, ils tirent sur les effigies, tentant d’atteindre son cœur et son entrejambe, ses points faibles mythiques. Pour parfaire la démonstration militaire, les derniers cavaliers ne sont pas équipés de fusils d’assaut mais de lance-roquettes, et visent les larges effigies pour les faire exploser. Soyez toutefois rassurés : les accidents sont très rares, et ces cavaliers-là non seulement sont très entraînés mais surtout ne galopent pas, au contraire des autres participants. Pendant ces festivités, vous pourrez sans doute apercevoir les membres du gouvernement, les parlementaires, les membres de la famille royale et parfois Sa Majesté ou d’autres chefs d’États eux-mêmes. Si vous décidez de vous rendre par la suite dans un des autres parcs de Mahinagar, vous aurez sûrement la chance de voir cet événement, où des militaires et des chevaux sont deux intoxiqués à l’alcool et au cannabis avant que les premiers, chacun leur tour, soient intimés de chevaucher le second après avoir été vêtus d’un accoutrement traditionnel. C’est un autre de ces événements réjouissants auquel les familles assistent avec bonheur. Avant la fin de la fête, n’oubliez pas de repasser dans un temple, cette fois sans offrande, uniquement pour prier pour la paix et la sécurité de la communauté.

Enfin, si les chevaux ne vous attirent pas ou que vous vous trouvez ailleurs qu’à Mahinagar, n’ayez crainte ! Dans toutes les grandes villes, aux mêmes dates – hasard du calendrier – les festivités de Pahachare se déroulent également. C’est là une fête un peu plus religieuse mais tout autant familiale et agréable à vivre. En effet, l’objectif est ici de réunir les familles, aussi éclatées ou en mésentente soient-elles, afin de passer au moins un repas tous sous le même toit. Après ce long repas commençant généralement vers onze heures et des offrandes faites aux divinités locales, des parades colorées sont organisées dans les rues de la ville. Il est courant que les membres d’une même famille revêtissent des apparats de la même couleur, les femmes mariées portant alors deux couleurs, celle de leur famille d’origine et celle de leur famille d’adoption. L’objectif est alors de montrer à tous l’union des familles et rappeler que tous appartiennent à une famille. Les touristes et autres étrangers à la ville, car il y en a toujours, s’habillent alors en blanc. Les hommes et femmes célibataires et souhaitant trouver l’âme sœur revêtent également un habit blanc, mais seulement partiellement, puisqu’ils appartiennent toujours à une famille, si petite soit-elle. Au cours des festivités, consistant généralement en des parades religieuses organisées par les moines de chaque quartier et des séances de danse collective lancées au rythme des orchestres traditionnels, il est d’usage de boire un alcool que chaque famille prépare soi-même : l’Ayela. À base d’orge et de riz, l’on pense au Noble Royaume que plus cet alcool est pur, plus il plaira aux divinités de le boire, et qu’elles apporteront alors leur protection à la cité. Une compétition bon enfant oppose alors les familles les plus influentes de chaque ville, qui souhaitent toutes participer le plus possible à la paix de la communauté, et qui en offriront également à leurs voisins et aux passants, toujours accompagné de plats composés de légumes et de fruits, fiers qu’ils sont de leur production. Visiteur, n’hésitez pas à en profiter, tant de l’Ayela que la gentillesse des khelkadeshis et de la douceur de la météo à cette époque de l’année !

Hendrik Ambar Baidya,
Journaliste.

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Le 24 juin 2042,

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Erik Satyajeet, attaquant et auteur d’un des deux buts des Lotus Rouges

Fin de Coupe du Monde pour les footballeurs khelkadeshis


SPORT.
La Coupe du Monde de Football a actuellement lieu en Valdaquie et en Alilée-Arovaquie, deux États qui se sont associés pour organiser la grand-messe de ce sport très prisé des occidentaux. Le Khelkadesh a mis sur pied une équipe pour y participer, et malgré le manque d’expérience et l’amateurisme de ses membres a pu se rendre en Dytolie pour y disputer les phases de poules. Comme nous vous l’avions annoncé il y a plusieurs semaines maintenant, les joueurs khelkadeshis tombèrent par l’aléatoire du tirage au sort dans le « groupe des britons », comme aiment l’appeler les journalistes dytoliens. Ce groupe était en effet composé du Commonwealth, des Îles-Unies et du Makengo. Les deux premiers, en grande forme et pouvant prétendre au sacre cette année, étaient suivis par les redoutables léopards makengais. Sachant que seuls les deux premiers du groupe seraient qualifiés pour avancer vers les phases finales, les chances que le Khelkadesh triomphe de deux de ces trois puissantes équipes était plus qu’infime. Et pour cause : les khelkadeshis avaient peu de remplaçants, ne comptent parmi leurs rangs aucun professionnel, et sont entraînés par un entraîneur de rugby. Autant dire qu’ils étaient surtout là pour participer et se forger une expérience qui leur manque cruellement.

Cela n’a pas empêché 18 khelkadeshis de se déplacer eux aussi en Dytolie pour suivre et encourager leurs joueurs. Nous en avons interrogé certains, et malgré leur déplacement ils auraient été surpris de voir les Lotus Rouges ne pas quitter la compétition après leurs trois matches de phase de poules. C’est en effet ce qu’il s’est passé : après une défaite 3-0 contre les Îles-Unies, une défaite 5-1 contre le Commonwealth et une défaite 2-1 contre le Makengo, les 15 khelkadeshis composant l’équipe et leur entraîneur sont rentrés bredouilles au Noble Royaume. Les supporters, en revanche, ne leur en ont absolument pas tenu rigueur : « on a quand même marqué deux buts ! Po po po ! » s’extasie un khelkadeshi interrogé dans un des rares débits de boisson où les rencontres étaient diffusées. Erik Satyajeet et Virendra Naidu, en effet, ont été accueillis comme des héros à Wenlijhaven, au sortir de leur ferry en provenance du Kaiyuan. Le premier est l’attaquant ayant ouvert le score contre le Commonwealth, dès la 13ème minute et ayant gardé son calme et sa motivation malgré la cinglante réponse britonne ; le deuxième est un défenseur, auteur là aussi de l’ouverture du score contre le Makengo, à la 19 minute. L’un comme l’autre, hasard total, sont tenanciers de bars à Dhalpur. Selon les échos des supporters et des membres de l’équipe, une véritable amitié se serait créée entre les deux joueurs. Même si cela n’est pas très étonnant car une cohésion palpable s’est également formée entre les 15 khelkadeshis faisant partie de l’équipe, on peut dire que cela fait chaud au cœur.

Quant à Wim Seckel, le sélectionneur et entraîneur de la sélection de Rugby du Noble Royaume, il estime que cette campagne dytolienne n’est pas tout à fait une défaite, restant très positif et fier du travail effectué en amont et pendant la compétition. « Nous ne sommes pas aveugles, personne n’y allait en pensant ramener la coupe. Nous sommes restés humbles, mais avons tout fait pour faire honneur au Noble Royaume, nous préparer aux compétitions prochaines et faire naître l’envie de faire du football chez les jeunes khelkadeshis. Je pense que dans cette optique, nous avons réussi les deux premiers objectifs, et nous serons fixés dans quelques mois pour le troisième. » Si Wim Seckel et sa sélection ont fait honneur au Noble Royaume rien qu’en participant, il s’en est fallu de peu pour qu’ils soient les participants les moins efficaces du tournoi. Avant le coup de sifflet final du dernier match, Al Aqsa-Uhmali, qui s’est soldé par une victoire 6-1 des nord-algarbiens, le Khelkadesh était en effet le pays ayant encaissé le plus de buts de la compétition (10). L’Uhmali, avec 12 buts encaissés pour un seul marqué, remporte finalement ce titre, à un cheveu du Khelkadesh.

Bien qu’ils soient fiers du parcours de leur équipe et qu’un intérêt pour le football se soit timidement créé pendant cette période de Coupe du Monde, les khelkadeshis ne comptent pas poursuivre le visionnage de la compétition. Les résultats des matches seront toujours disponibles à la radio, mais la quasi-totalité de ceux que nous avons pu interroger dans les grandes villes du pays s’en désintéressent à présent. Que ce soit le Commonwealth, les Îles-Unies, la Valdaquie ou un autre qui l’emporte finalement, ils n’en ont cure, comme le résume bien ce supporter interrogé à Mahinagar : « Vous venez de me lire les noms des équipes de phases finales, et franchement les seuls que j’ai reconnu c’est Ennis et le Commonwealth, pas pour de bonnes raisons, et le Westrait. À choisir j’aimerais bien que le Westrait gagne, mais honnêtement je suis juste content pour nos joueurs, les autres je m’en fous. »

Tej Dahal,
Journaliste.

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Le 04 octobre 2042,

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SAR Adhanalaya Pratha Dhamala, Prince héritier du Noble Royaume du Khelkadesh, à Røros

Entretien exclusif avec SAR Adhalanaya Pratha Dhamala : départ de l’OMPC, politique nationale et ambitions personnelles

Lecteur étranger, je me dois mais ne peux, en quelques mots, vous faire réaliser à quel point l’entretien que vous vous apprêtez à lire est historique et exceptionnel. C’est en effet seulement la deuxième fois qu’un membre de la famille royale s’adresse à un média, quel qu’il soit, pour s’exprimer au moyen d’un entretien journalistique. La première fois, c’était à l’initiative du Maharajadhiraja actuel, Jagannath Prawal Dhamala, afin de calmer les rumeurs émergeant au sujet de la mort de son père, Sudhakar Tribhuvan, que certains ne pensaient pas accidentelle. Aujourd’hui, c’est à l’initiative de son fils, Adhanalaya Pratha, qui selon un communiqué gouvernemental, que vous trouverez retranscrit et discuté plus loin dans notre édition, vient de quitter ses fonctions de représentant du Khelkadesh à l’Organisation Mondiale pour la Paix et la Coopération (OMPC).

Hendrik Ambar Baidya : Namaste, Votre Altesse Royale, soyez le bienvenu. Vous êtes de retour au Khelkadesh après environ 9 mois de déplacement en Dytolie justifiés par votre nomination en tant que représentant du Noble Royaume auprès de l’OMPC, ainsi que de plusieurs rencontres diplomatiques. Comme vous en avez été averti et pouviez vous en douter, les questions que nous souhaitons vous poser sont nombreuses.

Son Altesse Royale Adhanalaya Pratha Dhamala : Namaste. Je vous remercie de votre accueil et suis très honoré que vous ayez accepté ma proposition d’entretien. J’ai en effet eu la chance de parcourir cet étranger et lointain continent qu’est la Dytolie, mais suis aujourd’hui très heureux d’être de retour auprès de mes concitoyens. Je ne souhaite pas aller plus vite que votre musique, Monsieur Baidya, mais je suppose que votre première question, la plus brûlante et actuelle, concernera l’OMPC.

H.A.B. : Vous avez tout à fait raison, Votre Altesse Royale. Le gouvernement a annoncé avant-hier, dans un communiqué, que vous quittiez vos fonctions à Røros et rentriez au Khelkadesh. Surtout, les raisons de votre départ. Ma première question sera donc la suivante : êtes-vous à l’origine de votre départ, ou avez-vous été rappelé par Sa Majesté votre père ?

SAR A.P.D. : C’est moi qui ai suggéré à mon père de revenir, pour plusieurs raisons que je m’apprête à vous exposer. Je souhaite avant cela écarter toute rumeur quant à un lien entre l’élection du nouveau Secrétaire Général et de son adjoint et mon départ. Haruhi Yamada, et surtout Choe Hyun-Ae, ont de nombreuses qualités et je sais qu’ils sauront s’épauler mutuellement pour piloter les débats et les votes. Ce n’est pas envers eux ou leurs capacités, mais envers l’Organisation dans sa globalité que j’ai développé des doutes. À l’origine, la Charte de l’OMPC a été signée par mon père car son esprit correspondait à ce qui, à son sens et au mien, manquait à la scène internationale actuelle. Les promesses d’harmonisation juridique, bien entamées avec la résolution sur le droit de la mer, et de discussion multipartite en prévention des conflits armés étaient fort attirantes. Mon père comme moi-même nous attendions à y trouver des gens sérieux, pleins de bonne volonté, partageant les mêmes objectifs que nous et disposant d’un poids diplomatique que le Khelkadesh n’a pas. Plus que le mot « Paix », qu’il est aisé de placer partout, c’est le mot « Coopération » qui a décidé mon père à signer la Charte.

Hélas, au cœur de cette assemblée, j’ai surtout trouvé de vieux enfants, déconnectés des problèmes des peuples qu’ils représentent ou sentencient, plus intéressés par le luxe de l’Organisation et leur retraite prochaine que par la Paix et la Coopération, entre États membres et non-membres. J’ai encore du mal à me convaincre que c’était réel, mais l’autre jour par exemple, et c’est sûrement ce qui a précipité ma demande de départ, il y eut au milieu de l’Assemblée des États, la grande salle où ont lieu nos débats et votes officiels, une bataille de cacahuètes initiée par Earl Stephens, le représentant westréen, et suivie par le représentant askaze, Igor Vassaliovitch, laquelle fut suivie d’insultes, de coups de cafetière, et de sortie de sabres. M. Vassaliovitch s’est en effet mis en tête, depuis son arrivée à Røros, de proposer de servir du café à tous les membres de l’assemblée, plusieurs fois par jour. Sympathique attention, penseriez-vous, si vous ne saviez pas que, quelques dizaines de secondes plus tôt avaient lieu d’importantes discussions sur la situation au Zufrana et qu’Ismaël Al-Azr, le représentant saogien, expliquait que son chef d’État souhaitait organiser un référendum sur l’appartenance du Saog à l’OMPC. Je le cite : « Une fois de plus, l’OMPC se montre être une organisation bordélique, dirigée par des personnes clownesques qui ne voient que leurs intérêts. » Et... je suis obligé d’être d’accord avec lui. De par le piètre niveau de l’organisation administrative, les actions diplomatiques entreprises ou le sérieux de ses membres, l’OMPC est inefficace, ridicule et, oui, clownesque. Je n’ai que 25 ans, mais j’étais souvent frappé par la quantité d’enfantillages dignes d’adolescents à laquelle j’étais confronté.

Fort heureusement, je veux le dire, tous les représentants ne sont pas de l’enfantine trempe de ceux du Westrait, de l’Askazie, du Samwhasal ou encore du Chikkai. Mais il est devenu impossible, à mes yeux, de travailler avec ce genre de personnes si peu conscientes de l’importance de leurs actes, et j’ai conseillé à mon père de prendre du recul sur la participation de notre Noble Royaume à cette Organisation qui, depuis sa création, s’est largement plus ridiculisée qu’elle n’a été actrice de paix.

De plus, et c’est la deuxième raison de mon départ, il se trouve que sur toutes les discussions auxquelles j’ai participé en un peu plus de huit mois de présence, je n’ai jamais participé aux votes. Pas par paresse ou absence, mais car les sujets abordés ne concernaient nullement le Khelkadesh ou ses habitants. Après réflexion et consultations, avec à l’esprit mon devoir de représentant du peuple khelkadeshi, il s’est trouvé que la meilleure option de vote était l’abstention, et ce au cours de tous les suffrages excepté l’élection d’un nouveau Secrétaire général et de son adjoint. C’est là sûrement une impression très personnelle, mais le développement d’une filière nucléaire au Commonwealth, le maintien de sanctions à son égard ou encore la condamnation de la présence militaire du Gandhari au Zufrana ne me semblaient nullement des questions intéressant tant le Khelkadesh que les khelkadeshis. Or, je ne veux pas que la présence du Prince héritier du Noble Royaume soit vue comme l’intérêt que porte notre pays à l’Organisation si l’intérêt que nous lui portons est minime. J’ai donc, une fois encore, rapporté à Sa Majesté mon père mon investissement au sein de l’OMPC et demandé à ce que soit revue notre participation à une organisation internationale qui manque de sens et de représentativité.

Je suis heureux, toutefois, que mon père n’ait pas pris la décision, comme je le lui avais demandé dans la lassitude qui m’avait envahi le soir de cette bataille de… cacahuètes…, de quitter l’Organisation. Il a préféré réduire drastiquement notre participation à son minimum légal, laissant la possibilité de nous y réinvestir plus tard, lorsqu’elle et ses membres auront gagné en sens et en tenue. Pour cela, je dois avouer que j’ai encore beaucoup à apprendre de lui et le remercie de m’avoir accordé sa confiance pour conduire notre délégation à Røros. Je lui ai indiqué ma volonté de participer à d’autres missions, diplomatiques ou non, à l’avenir.

H.A.B. : Eh bien, que de révélations ! De l’extérieur, même depuis le point presse, ce que vous nous révélez ici n’était nullement évident. Cela jette un tout autre jour sur les décisions prises par l’Organisation. Puisque vous abordez le sujet, quelles sont vos ambitions personnelles dans un futur proche ?

SAR A.P.D. : Je n’ai pas réellement d’ambitions que je puisse citer comme cela, puisque c’est ce que vous semblez me demander. Je suis au service du Noble Royaume, de son gouvernement et de son peuple. Lorsque l’on m’assignera une mission, quelle qu’elle soit, je serai heureux de faire de mon mieux pour la mener à bien. Il est toutefois un obstacle, qui est celui de mon rang. Comme vous le savez, en ma qualité de Prince héritier, je me vois obligé de respecter et faire respecter une certaine étiquette à mon propos. Ainsi, je ne peux me promener seul, je ne peux accepter qu’on s’adresse à moi sans me montrer le respect qui m’est dû, je ne peux me mettre en danger, et ainsi de suite. Je ne suis pas du genre à tenir mordicus à cette étiquette, mais c’est ce qui est attendu de moi, et je suis donc tenu de m’y attacher tant que je ne suis « que » l’héritier : je représente mon père autant que mon peuple et mon pays, et il est de mon devoir, j’en suis persuadé, de ne pas le déshonorer ou laisser penser qu’il ne serait pas l’égal des autres monarques de ce monde. Mon rang est ainsi, souvent, un frein à mon activité diplomatique et, plus généralement, de représentation à l’étranger. Là où mon père peut se soustraire à son escorte, lors d’une visite au Westrait, pour aller au hasard à la rencontre de personnes dans les rues de Cewell, cela m’est formellement interdit sans que les personnes aient été fouillées et, il faut le dire, cela réduit fortement l’aspect spontané de telles rencontres. J’accepte donc mon sort, et peux considérer qu’il soit dans mon intérêt et celui du Noble Royaume que je me concentre dorénavant davantage sur la scène nationale qu’internationale ou diplomatique.

H.A.B. : Je comprends. Puisque vous abordez le sujet, quel est votre sentiment sur l’actualité de la scène politique nationale ?

SAR A.P.D. : Vous avez du mal me comprendre. Je n’ai aucune envie de m’intéresser à la scène politicienne nationale : les affaires de partis ne me concernent pas. Lorsque je parlais de scène nationale, je faisais allusion au bien-être des khelkadeshis sur tous les plans sauf l’aspect politique, sujet qui basculerait trop vite et trop aisément dans l’approbation ou la désapprobation de comportements ou déclarations du gouvernement ou de ses oppositions. Non, ce qui m’intéresse c’est le développement des conditions de vie des khelkadeshis. Ainsi, je souhaite aider aux discussions avec le Westrait sur le développement d’un programme de formation médicale ou paramédicale dans les villages les plus reculés de notre territoire, et investir ma personne pour la pédagogie nécessaire à ce genre de programme. Un autre sujet qui me touche est le sort des rescapés du conflit interne sangaïais, qui ont trouvé refuge sur notre territoire et qui ne souhaitant pas retraverser la frontière. Mon troisième exemple sera le développement du sport, de tous les sports, dans toutes les communautés de notre beau Royaume. Il est du devoir de l’État de faire en sorte de pourvoir aux besoins de ses administrés, et les infrastructures sportives font partie, je pense, de ces besoins. Or, elles manquent aujourd’hui cruellement en dehors des grandes villes. Voilà le genre de sujets qui m’intéresse et pour lesquels j’espère pouvoir m’investir.

H.A.B. : Je pense parler au nom de tous les khelkadeshis en vous remerciant pour votre prévenance et votre souhait d’aider vos concitoyens. Je vous ai posé toutes les questions que vous n’avez pas devancées au cours de vos explications. Souhaitez-vous adresser un dernier message avant de mettre fin à cet entretien ?

SAR A.P.D. : Je souhaite encourager tous les khelkadeshis. Il est rare que mon père, moi-même ou un membre de la famille royale s’exprime publiquement, et j’en suis désolé. Je profite donc de cette occasion pour dire à tous les khelkadeshis que nous ne les oublions jamais, et que mon père comme moi-même et le gouvernement avons tous les jours à l’esprit d’accompagner le progrès du Noble Royaume dans un sens qui sert le plus grand nombre d’entre vous. Si nous ne nous rendons pas beaucoup personnellement à votre rencontre, nous sommes conscients de ce que vous vivez et ne sommes nullement enfermés dans une tour d’argent, comme on a pu me le suggérer à l’étranger. N’oubliez jamais les préceptes de Bouddha, en particulier le noble sentier octuple, lequel est un bon objectif que vous soyez bouddhiste ou non. Vivez heureux et, si vous ne l’êtes pas, faites tout pour le devenir. Om mani padme hum.

H.A.B. : Merci beaucoup, Votre Altesse Royale, pour cet entrevue à bâtons rompus, vos explications et vos bons conseils.

Hendrik Ambar Baidya,
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Le 06 octobre 2042,

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Vue d’artiste du projet de frégate zeederlando-khelkadeshie.

La coopération zeederlando-khelkadeshie s’incarne en une nouvelle classe de frégate

Le 02 mai dernier, la stadhouder zeederlandaise, Marjolein Loones, et Son Altesse Royale Adhanalaya Prawal Dhamala signaient à Bergen op Zoom un traité bilatéral de coopération permettant aux deux États de renouer un dialogue apaisé. Historiquement, en effet, si les relations ne furent jamais ouvertement belliqueuses, le Zeederland reste le colonisateur du Noble Royaume, ayant été à l’origine de l’installation de milliers de dytoliens sur ses côtes, ainsi que de la modification de son organisation économique, politique et culturelle. C’est donc avec espoir que les khelkadeshis et zeederlandais s’intéressèrent à la rencontre entre SAR Adhanalaya Pratha Dhamala et Mme Marjolein Loones. Celle-ci dura cinq jours, et permit au Prince héritier d’y vivre les festivités de Bouddha Jayanti, allant à la rencontre de ces khelkadeshis ayant quitté, plus ou moins volontairement, leur patrie pour s’installer au nord de la Dytolie. Les trois autres jours furent passés à Bergen op Zoom, siège du gouvernement zeederlandais, pour des discussions et tractations à huis clos dont nous n’avons que le résultat, daté du 02 mai 2042.

Ce traité de coopération réunit les clauses « classiques » : échange d’ambassade, reconnaissance mutuelle, pacte de non-agression, etc., mais également plusieurs clauses qui permettent de voir que la relation zeederlando-khelkadeshie est de grande importance aux yeux des deux autorités partenaires. Ainsi, une véritable collaboration militaire est mise en place entre les deux gouvernements que l’on peut résumer ainsi : améliorer conjointement notre matériel respectif et nous entraîner à l’interopérabilité.

En matière de matériel, en effet, un accord de préférence mutuelle dans l’achat de matériel militaire a été décidé. Ainsi, les offres des entreprises khelkadeshies de production d’armement seront étudiées en priorité par les acheteurs zeederlandais, et inversement. Cela ravit bien évidemment les entreprises des deux côtés, et en particulier Tripathy Helikopters, dont l’hélicoptère moyen d’assaut multimissions Kruid II pourrait ravir les armées du monde entier mais reste très largement inconnu des acheteurs. Peu cher, efficace et polyvalent, capable d’opérer à terre comme en mer et pouvant aller jusqu’à 6 000 mètres d’altitude, c’est un hélicoptère de grande qualité et une véritable fierté pour les constructeurs khelkadeshis, qui gagnerait à gagner en publicité pour être exporté en Ventélie, Janubie-Marquésie ou Algarbe. Et puisqu’il se heurte actuellement à une relativement large concurrence dans ces mêmes régions, un accord de préférence mutuelle avec un État dytolien tombe à point nommé et pourrait relancer le carnet de commandes de Tripathy Helikopters, qui tournent actuellement uniquement grâce à la commande nationale.

Mais en plus de l’accord de préférence mutuelle, le Zeederland et le Noble Royaume ont convenu d’exercices militaires communs, terrestres, marins et aériens, dans le but de professionnaliser mutuellement leurs troupes et partager des tactiques et méthodes. Selon une source au Ministère de la Défense Extérieure (MDE), il serait prévu d’organiser de tels exercices dans les 6 prochains mois, dans une zone « plus proche du territoire khelkadeshi que du territoire zeederlandais ». Il ne nous reste qu’à attendre et voir ce qui sera annoncé de part et d’autre.

Enfin, et c’est le point de l’accord qui augure le plus d’une véritable coopération entre les deux États, la technologie de construction des frégates de guerre sera transférée au Khelkadesh. Et à cette occasion, c’est le détail intéressant, les constructeurs des deux pays se sont associés pour définir le design d’une nouvelle classe de Navire (frégate), laquelle sera donc bipartite. Le projet prendra du temps, et malgré le savoir-faire des deux parties le Khelkadesh sera sûrement capable de produire des frégates avant de produire cette classe-ci. Mais il est important pour les deux constructeurs et leurs gouvernements de mettre sur pied une frégate qui soit nouvelle, au summum des capacités technologiques actuelles des deux pays, et qui mette donc en première priorité la polyvalence, puisqu’elle sera amenée à être légèrement adaptée pour chaque acheteur. Ainsi, il a été d’ores et déjà annoncé que le MDE souhaitait commander 8 frégates, dont 4 équipées pour des actions de défense antiaérienne, et 4 pour de la défense anti-sous-marine, afin de conserver le format de déploiement de la Noble Marine en petits groupes de navires capables de parer à toute éventualité. N’ayant pas véritablement de navire amiral au sein de sa flotte, la Noble Marine du Khelkadesh met en effet en avant la multiplicité de groupes ayant une capacité opérationnelle équivalente. La classe bipartite de frégate, qui n’a pas encore de nom, sera donc sans doute très polyvalente, et si l’on sait qu’elle disposera d’un pont d’envol et d’un hangar à hélicoptère permettant d’emporter deux engins, les informations à son sujet sont très rares.

Pour éviter les fuites et les interceptions de communications, en effet, il a été décidé que les ingénieurs et décideurs de Van Boten Scheepswerf, le partenaire khelkadeshi dans cette opération bipartite, se rendraient au Zeederland et y resteraient, sauf vacances personnelles et encadrées, jusqu’à ce que le projet soit suffisamment avancé pour que la plupart des informations qui le concernent soient rendues publiques. Il nous faut saluer le courage de cette trentaine de khelkadeshis qui se sont rendus au Zeederland pour une mission de plusieurs années loin de leur famille et de leur patrie. En parallèle, des ingénieurs zeederlandais sont arrivés début juin à Wenlijhaven pour aider à l’agrandissement et à la modernisation du chantier naval de Van Boten Scheepswerf à Kalnuata, en aval de la cité Dhacca, où seront produites les futures frégates khelkadeshies. Ils y apportent leur savoir-faire de la mécanisation des lignes de production, des Réseaux électriques souterrains, pour assurer la fiabilité et la protection de l’approvisionnement en énergie de l’enceinte gardée par des militaires, et leur connaissance des exigences en termes de matériaux utilisés, et donc de supply chain, prochain défi de ce projet de remise à niveau de la production militaire khelkadeshie voulu par le Ministre de la Défense Extérieure, M. Ram Kamal Verma.

Tushar Bibek Vajracharya,
Journaliste.

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